« Les footballers sont des esprits d’adolescents enfermés dans des corps d’adultes, avec des salaires de ministres ! » déplore Gabriel, 33 ans, supporter de l’OM vivant en région parisienne. Cristiano Ronaldo, 25 ans, touche ainsi 1  083 000 € de salaire… mensuel ! C’est 77 fois le salaire d’un ministre (en moyenne 13 000 € par mois) et même plus de 47.00 fois le salaire du président de Nicolas Sarkozy, qui gagne pourtant environ 21 000 brut par mois. Franck Ribéry, lui, vient de renouveler son contrat au Bayern de Munich pour un salaire de 10 millions d’euros brut par an. Des montants qui donnent le vertige.

Un Français gagnant 1500 € net par mois devrait travailler 55.60 ans pour toucher une seule fois le salaire mensuel de Cristiano Ronaldo ! Même Franck Riboud, PDG de Danone, dirigeant d’entreprise le mieux payé de France en 2009 ne gagne « que » 366 000 € par mois, soit 2.73 fois moins que le footballer…

Quant à un éducateur sportif qui passe ses journées avec des enfants et des jeunes pour leur enseigner les valeurs du sport et l’esprit d’équipe avec un matériel low cost, il gagne péniblement… 1400 € brut par mois en début de carrière. Tous les sportifs ne sont donc pas logés à la même enseigne ! Et pourtant, c’est le 3ème secteur en intention d’embauches en région PACA, par exemple.

Si Cristiano Ronaldo est le footballer le mieux payé du classement « top 50 » publié par le site portugais de nombreux autres noms célèbres y figurent aussi. Au hasard, Thierry Henry et ses plus de 600 000 € ou David Beckham et ses plus de 400 000 € : et nous ne parlons là que de leurs revenus liés aux clubs, auxquels il convient d’ajouter les primes de match, les revenus liés aux compétitions internationales (en équipe de France, d’Angleterre, d’Espagne) mais aussi et surtout les revenus issus de produits dérivés. Poupées à leur effigie, lignes de vêtements, droits concernant leur image (presse people, livres, jeux vidéos les mettant en scène, figuration dans des films ou séries) et contrats publicitaires pour toutes sortes d’objets (parfums, voyages, lunettes, chips, hamburgers, bœuf, liste non exhaustive)

Adrien est lycéen et jeune arbitre. Il a accepté de nous révéler les montants gagnés : « A mon niveau, je gagne 24 euros par match + 0.379 euros par km parcouru (aller-retour) avec un forfait de 15.20 euros si je vais arbitrer à moins de 40km (aller-retour) ça me permet déjà de gagner 40 euros minimum par samedi ! Mon record ? 87 Euros en allant arbitrer dans un bled paumé ! » Il poursuit : « un arbitre de L1 gagne en moyenne 6000 Euros par mois. Pour un match de finale de Champion’s League, la prime de match est à 10 000 euros minimum. Le budget est passé de 2,8 à 5,6 millions en 2007. Ca semble énorme mais comparé aux salaires des joueurs… » Pour lui c’est sûr, ils sont trop payés !

Le président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, n’hésitait pas à parler en début d’année de « bulle spéculative » et Nicolas Sarkozy se déclarait en février choqué par ces montants. Récemment, un magazine économique s’est amusé à calculer le prix de but, en divisant leur salaire par le nombre de buts marqués. Etonnant ? Peu de Français dans le classement… le meilleur rapport prix/but arrivant à des joueurs de « petites » équipes.

Alors qu’Emmannuel Petit réclamait Dimanche dans Stade 2 des pénalités financières pour les joueurs qui insultent leur coach, des supporters suggèrent de faire don des salaires des Bleus aux équipes amateures. « L’équipe de France est à l’image de la société actuelle, désunie. C’est la crise, on délocalise, on se serre la ceinture et eux dépensent des millions et refusent de travailler. Certains ont joué en marchant… Nous si on fait grève, on n’est pas payés : alors l’égalité de la trilogie républicaine doit s’adapter ! Pas de travail, pas de salaire : qu’on prélève leurs salaires ! » demande Sandra, une amatrice de foot dépitée.

Sous couvert d’anonymat, un cadre du sport français s’insurge et estime mérités les salaires des joueurs : « Ne tombons pas dans la démagogie. Les salaires des Bleus font vivre d’autres personnes, il y a une économie générée par ces budgets. En investissements pub pour la télé, en restauration pour les bars et les pubs, en inscriptions de jeunes, en consommation suite à l’euphorie générée par la victoire : rappelez-vous en 98.» Benjamin, fan de l’équipe de France et lecteur d’Ecotidien, nous confie avoir économisé l’équivalent de six mois de son salaire pour se rendre en Afrique du Sud voir les matchs de son équipe. « 98, c’était il y a 12 ans, il faudrait passer à autre chose que la France du passé » s’énerve-t-il. « Et surtout, quelle victoire ? » Pour avoir été qualifiés en Coupe du Monde dans les conditions que l’on connaît, et pour le résultat que l’on connaît, chacun des joueurs a touché entre 100 000 et 240 000 €.

Marlène Schiappa

crédit photo FFF