C’est en partant du constat que les jeunes des quartiers désertent les clubs de sport, et particulièrement de rugby, que Jean Claude Lacassagne et ses acolytes ont décidé d’aller à leur rencontre. « Nous avons apporté maillots, ballons, et tout le matériel adapté. Très vite, une quarantaine de gamins est descendue » raconte l’ancien secrétaire général du club de Mérignac. C’est ainsi que naît l’association « Drop de béton » en 1994.

En renouvelant l’expérience, l’opération, initialement destinée à remplir les bancs du club de Mérignac, se révèle facteur d’une évolution comportementale patente. « C’est à ce moment là qu’on a décidé de faire du Rugby un outil d’insertion sociale ».

Le ballon ovale serait-il plus susceptible de donner des ailes aux jeunes défavorisés ? « Plus je vieillis, plus j’en suis persuadé ! », s’exclame Jean-Claude Lacassagne. Au rugby, on ne peut pas jouer sans respecter les règles. Ainsi le retraité de 66 ans voit le sport qu’il pratique depuis toujours comme un « outil pour former les citoyens et citoyennes de demain ». Les honneurs, c’est un plus. Par le biais du rugby, les membres de l’association  leur inculquent des valeurs de respect, de solidarité, mais aussi d’hygiène et de santé. L’association a d’ailleurs mis en place une exposition interactive qu’ils présentent dans les structures de proximité.

En 1998, l’association commence à professionnaliser ses interventions en MJC, centres sociaux et milieu scolaire, et crée dans la foulée deux emplois jeunes, « éducateurs animateurs sportifs ». Pour sortir les jeunes des quartiers, l’association organise beaucoup de sorties à l’extérieur. Le mois dernier, une « tournée des plages » a permis à surfeurs et à rugbymen de découvrir leurs disciplines respectives sur le littoral.

Mais « Drop de béton » ne se cantonne pas aux jeunes de banlieues. Les activités sont ouvertes à tous, et particulièrement tous ceux qui sont susceptibles de subir des discriminations, qu’elles soient liées aux origines, au sexe ou à un quelconque handicap. La mixité est de mise : 30% des jeunes de l’association sont des filles, et l’équipe féminine fait leur fierté. Et depuis deux ans, des équipes handicapés moteurs et mentaux ont fait leur apparition, avec toujours un seul et même impératif : le respect.

Une véritable  « école de vie », dont le succès n’est plus à démontrer. En 2009, entre 7000 et 8000 jeunes ont participé à leurs activités. L’association s’étend même en Seine Saint Denis, à Sevran, et labellise d’autres structures.

Juliette Speranza