Via une agence de professeurs à domicile

Avez-vous déjà pensé à donner des cours du soir ? Si vous êtes titulaire d’un diplôme de niveau licence ou bac +3, votre candidature intéresse les agences de professeurs. Acadomia, Domicours, Profadom et bien d’autres passent en permanence des annonces de recrutement. Un salaire déclaré de 10 € de l’heure, des missions simples, sur le papier c’est le bon plan idéal.

Pourtant, Yasmina, 31 ans, a été prof à domicile pendant près d’un an et pour elle, le jeu n’en vaut pas la chandelle. « Les parents me prenaient pour une gouvernante, je devais préparer le goûter de la petite fille avant les cours, et quand elle avait des mauvaises notes, je me faisais crier dessus. J’ai fini par démissionner du jour au lendemain. » Même le salaire ne lui apparaît plus si élevé : « Quand on est jeune, c’est attrayant, mais comme on se déplace pour peu de temps, finalement… 20 € pour 2 heures, ça couvre à peine vos frais de déplacement et votre repas du soir. Pour peu que les parents rentrent tard et que vous deviez rentrer en taxi, vous travaillez même à perte ! » se souvient-elle.

S’adonner au e-learning

Beaucoup moins règlementé que les cours à domicile, le e-learning est aussi payé de façon plus aléatoire, puisque les conventions collectives de ces secteurs sont récentes et donc, floues. Mais le e-learning peut apparaître comme une solution intéressante si vous n’avez pas la possibilité de vous déplacer (vous vivez en village, vous n’avez pas de voiture, vous souffrez d’un handicap…) ou que la pédagogie en face à face n’est pas votre fort. Le principe de recrutement est le même que dans les agences de professeurs à domicile, sauf que vous donnez les cours par clavier interposé, de chez vous ! Chaque organisme a ses propres méthodes de recrutement : au CNED par exemple, l’activité principale reste la dispense de cours par correspondance mais, peu à peu, l’organisme se met aux cours sur Internet. Les diplômes demandés sont généralement les mêmes que pour les concours d’enseignants.

Arnaud, professeur de lettres de 37 ans, utilise ses soirées à donner des cours par ce biais. « En tant qu’enseignant, mon salaire n’est pas énorme. Je complète comme je peux avec ce type de missions, le e-learning me rapporte environ 200 € par mois. L’essentiel de mon activité ? La correction de copies par mail et la réponse à des questions d’élèves sur des forums. » sourit-il en précisant que les conditions de travail sont agréables, puisqu’il s’installe avec son ordinateur sur son canapé, devant la télévision, pour travailler !

Donner des cours particuliers

Donner des cours au noir : c’est illégal, mais comme pour les baby sitters, une marge de tolérance est admise par l’Inspection du travail comme par les centres des Impôts, tant que ce n’est pas l’équivalent d’un véritable emploi à plein temps. Où trouver des petites annonces ? Devant les supermarchés, dans les boulangeries, ou sur Internet : les sites web sur l’éducation en regorgent. Moins conventionnel, les réseaux sociaux comme Facebook voient parfois circuler ce type de demandes.

Mais les limites sont les mêmes que pour tout emploi non déclaré : sans assurance, si vous avez un accident ou pire, créez un accident domestique au domicile des parents, les conséquences peuvent être dramatiques. En outre, il va de soi que les parents ou l’étudiant peut mettre fin à vos cours sans préavis et sans indemnité d’aucune sorte.

Et vous, en avez-vous fait l’expérience ? Le recommandez-vous ou au contraire, le déconseillez-vous ?

Marlène Schiappa