D’origine du nord de l’Europe (Allemagne, Danemark), ce type d’habitat respectueux de l’environnement se base sur une entraide à l’auto-construction et à la réalisation d’un habitat de vivre-ensemble, c’est-à-dire que des familles, des couples ou des personnes seules choisissent de se regrouper autour d’un projet de construction. De l’ébauche d’un rêve à sa réalisation, il y a quelques modalités à respecter…

Qui sont les futurs propriétaires ?

Ils ont plusieurs objectifs en vue. Il s’agit d’abord de personnes âgées en début de retraite qui ne souhaitent pas vieillir seules, de familles pour qui le point de vue économique entre en ligne de compte. Et enfin le plus important, ce qui motive les futurs auto-constructeurs, reste le désir d’habiter autrement pour connaître ses voisins et trouver des solutions du quotidien entre eux.

Stefan Singer, de l’entreprise Toits de Choix, bureau de conseils auprès des particuliers, basé dans la région Paca, explique que c’est quand même assez pratique « pour la garde des enfants en cas de grève, vous n’avez pas besoin de déposer un jour de congé, c’est le voisin qui s’en occupe. La perceuse ? Elle tourne dans tout le voisinage ! Parfois les voitures aussi sont partagées ». Il aimerait voir  se construire une cantine partagée, comme il en existe au Danemark, mais là-bas les projets regroupent parfois jusqu’à 150 logements contre 5 à 35 en France.

De plus, les voisins se connaissent dès le départ puisqu’ils sont maîtres d’ouvrage ; les liens se renforcent avec le fonctionnement et la gestion des espaces communs.

En ville ou à la campagne ?

Les deux existent : de l’immeuble urbain au groupe de maisons mitoyennes en milieu rural. La démarche peut être la même mais les réalisations sont différentes. On retrouve quand même dans les deux cas, avant l’achat du terrain à bâtir ou de l’immeuble à rénover, une intervention auprès des élus locaux pour leur donner envie « d’accepter ce nouvel acteur, différent des promoteurs et des bailleurs sociaux ».

En milieu rural les propriétaires montent surtout des maisons mitoyennes – surtout pas de lotissements – et il y a plus de place pour des espaces potagers et des endroits de vie commune. En ville, ce sont des immeubles comme des copropriétés mais la pérennité du projet dans la durée tient dans ses espaces partagés : salle polyvalente, buanderie, salle de réunion, local commun, etc.

L’habitat participatif ressemble à ce que souhaitent les futurs propriétaires : ils peuvent concevoir leur propre logement, selon leurs besoins et leurs envies. Il peut parfois exister un cahier des charges contenant la mention d’une faible dépense d’énergie, l’obligation de recourir à des matériaux respectueux de l’environnement…
Dans tous ces projets, un point commun : « Ce sont toujours les acteurs de leur projet, pas des consommateurs de logement. »

Et dans la pratique, comment s’organiser ?

Faire un point régulièrement, c’est essentiel dans un projet collectif. Il faut « définir ce que vous voulez faire et ce que vous ne voulez pas faire. Et là, si il y a compatibilité, vous pouvez commencer à faire des plans, tracer le parcours de construction, les travaux à mener, etc. » Parfois lorsque les gens arrivent sans rien entre les mains, la phase de discussion peut durer 2 ans, auxquels les futurs propriétaires ajoutent 2 autres années en moyenne pour la construction, selon la localité. Le projet fonctionne suivant le principe du « chacun apporte ce qu’il peut ».

Claire Berthelemy