En 2007, il y eût le Vélib’. En 2011, il y aura l’Autolib’. Le principe ? Proposer des voitures électriques et non-polluantes en libre-service. Le projet, initié par le maire de Paris Bertrand Delanöe est, vous l’aurez compris, très axé sur l’environnement. Pour la Mairie de Paris, « cet enjeu est même fondamental ». Car si Autolib’ est un nouveau service proposé aux Parisiens, « c’est aussi un complément aux transports en commun voire même une alternative pour les ménages souhaitant se délester d’un éventuel deuxième véhicule ». Les travaux de voirie commenceront en avril 2011 et pas qu’à Paris !

Alfortville, Arcueil, Châtillon, Les Lilas, Levallois-Perret… pas moins d’une cinquantaine de villes a déjà adhéré au projet. Au total, 1 000 stations Autolib’ devraient voir le jour dans la région et 3 000 véhicules devraient rejoindre le parc automobile. Un service qui profitera donc au plus grand nombre.

Logique quand on sait que Bertrand Delanöe place ce projet d’envergure « au cœur de sa politique de mobilité. Autolib’ est une préfiguration de la métropole du futur. L’enjeu est considérable en termes de politiques », explique-t-on à la Mairie de Paris, allant même jusqu’à parler de « révolution pour améliorer la qualité de vie des citadins titulaires du permis de conduire ».

Quels citadins au juste ?

Dans une période où les difficultés économiques et sociales d’un grand nombre de Français persistent, chômage en tête, l’enjeu environnemental est-il vraiment une préoccupation populaire ? « Autolib’, ne serait-ce pas un simple joujou de bobo ? », ose même un brin provocateur, David, parisien de 33 ans.

« Absolument pas », se défend-t-on  à la Mairie de Paris. « Si nous avions voulu faire un gadget bobo, nous aurions sorti un porte-clés ! » Autre argument en faveur d’Autolib’, « il s’agit d’un défi technologique, lourd en termes de services », rappelle-t-on comme pour souligner la dimension collective du projet. Reste que certains demeurent sceptiques.

« C’est vrai que le Vélib’, je l’ai utilisé plusieurs fois au début », reconnaît Pauline, une banlieusarde de 27 ans. Mais « dans l’inconscient collectif, ça reste un truc de Parisiens… des gens qui ont le temps de faire du vélo en semaine. Moi, perso, j’habite en banlieue et je bosse à Paris, je me vois mal utiliser le Vélib’ dans ma vie quotidienne… Alors pour l’Autolib’ ce sera pareil », prophétise-t-elle.

Et comme tout service, il vous faudra mettre la main au porte-monnaie. Des tarifs plus élevés que pour le Vélib’ qui pourraient donc constituer un frein pour un usage populaire ? « Non ! », répond-t-on catégorique à la Mairie de Paris. D’autant que le prix a été soigneusement étudié. « Le délégataire retenu, Bolloré, a proposé un abonnement annuel sur la base de 12 euros par mois », précise-t-on.

Pour un abonnement hebdomadaire, comptez 15 euros pour 7 jours. La première demi-heure vous coûtera 7 euros, puis 6 euros et 8 euros au-delà de la troisième demi-heure… Si Autolib’ vous tente pour une journée seulement, vous débourserez 10 euros pour le forfait, les prix restent les mêmes.

Convaincu ou pas, le mieux est encore d’attendre le lancement en septembre prochain pour se faire une idée. Peut-être ferez -vous partie des 200 000 abonnées prévus ?

Nadia Moulaï