Alors que certains sont à peine rentrés de vacances, pour d’autres, c’est le moment de partir ! Qu’il s’agisse de célibataires, de seniors, ou de couples sans enfant, ces chanceux vont éviter la foule et bénéficier de tarifs très avantageux. Mais partir hors période scolaire, est-ce vraiment meilleur marché ?

« Il y a quelques années, j’ai voulu partir en automne pour profiter des – 30, -40% » raconte Igor, chargé du marketing à Bordeaux. « Direction : la Guadeloupe pour 550 € la semaine. Une aubaine ! » mais il a vite déchanté. Au menu : pluie, pluie et… pluie. En effet, certaines destinations paraissent séduisantes sur les brochures (avec photos prises sous le soleil), mais le sont beaucoup moins une fois arrivé. Et si la Guadeloupe peut réserver quelques jours de pluie chaude entre de longues semaines ensoleillées, la Thaïlande, par exemple, connait une période invariable de mousson en septembre-octobre. De même, autour du Mexique et de la République Dominicaine: selon l’Organisation météorologique mondiale, la saison des cyclones  ne s’achèvera officiellement que fin novembre 2009.

Pas de quoi décourager des touristes qui préfèrent parier sur la météo : « En septembre et octobre, les amateurs de week-ends, les couples avec de jeunes enfants et les boomers profitent des tarifs intéressants et des destinations qui sont plus calmes mais où le temps est encore au rendez-vous. » nous explique Ghislain d’Auvigny, directeur commercial des marques Pierre & Vacances, Maeva, Résidences MGM et Hôtels Latitudes. « Nous avons une sélection d’escapades avec des réductions de -25% sur Pierre & Vacances et Hôtels Latitudes, et la marque Maeva propose des prix d’appel à 10 € par jour »

Des efforts consentis pour attirer les vacanciers, qui se montrent de plus en plus frileux dans le contexte économique actuel « Les familles ont peur pour l’avenir. Elles ne réservent plus longtemps à l’avance, comme avant.» déplore Véronique Gross, agent de voyage chez Sélectour- Arpège à Paris. Et comme, depuis quelques temps, les voyageurs se font rares, de bonnes surprises peuvent se révéler ! Ainsi, Esmée et Mohamed, un couple de trentenaire, s’est vu offrir gratuitement 2 nuits supplémentaires à Agadir, au Maroc. « C’était en octobre l’an dernier, l’hôtel était vraiment désert. En nous faisant rester un peu, ils ont gagné des clients pour des consos au bar et un petit déjeuner. C’était un bon calcul, on vient de réserver une semaine fin octobre, comme en 2008 ! »

Pour Véronique Gross, le bassin méditerranéen reste une valeur sûre sur laquelle miser : « Tunisie, Turquie, Grèce, Crète… vous êtes sûrs de trouver une promo et du soleil : il y a encore une belle arrière saison ! » Un point de vue partagé par Ghislain d’Auvogny, qui recommande ses villages de Provence, le sud de l’Espagne ou l’Andalousie.

« Mais avec la grippe A, le Mexique est complètement boudé ! » affirme Véronique. Alors, pour détendre les touristes crispés, les voyagistes rivalisent d’imagination. Ainsi, Nouvelles Frontières propose une assurance « Grippe H1N1 » pour 10 €, qui promet de rembourser le séjour d’un voyageur qui contracterait la maladie. Idem chez Voyageurs du Monde, qui propose, pour 5% du prix total, de prendre en charge (à hauteur de 30%, les 70% restants étant couverts par l’assurance) le remboursement du voyage s’il était annulé jusqu’à 7 jours avant le départ. La ville de Mexico, elle, offre gracieusement aux occupants de ses hôtels une assurance rapatriement. Quant à la célèbre station balnéaire de Cancun, plusieurs de ses hôtels font carrément don de 3 ans de vacances, depuis le mois de mai, à quiconque attraperait la grippe A pendant son voyage !

D’après  un sondage Ipsos de mars dernier, 61% des Français considèraient que la crise les obligerait à revoir leur budget vacances à la baisse. Dans ce contexte, faire abstraction de la grippe A ou de la mousson pour profiter des promotions de l’été indien apparaît comme un compromis séduisant.

Marlène Schiappa