Chiffonnade de jambon blanc, beurre salé, concombre, fromage frais, menthe, tarama, sauce citronnée ou encore œuf mimosa, concombre, tartare de tomates… Ces garnitures qui donnent l’eau à la bouche, on les trouve dans les sandwiches à 1 euro. À ce prix-là, c’est en réalité un mini-sandwich qu’on déguste (13 cm). Mais le concept est plutôt séduisant. « À l’origine, on s’est demandés ce qu’on pouvait avoir pour 1 euro. Et en fait pas grand-chose ! C’est à partir de ce constat qu’on s’est lancé le défi de faire un sandwich à un euro », explique Tania, manager. Et si le pari est en train d’être réussi, c’est au prix d’une négociation drastique avec les fournisseurs et d’une réduction significative des marges.

Pourtant, ces sandwiches n’ont rien à envier à leurs homologues des autres snacks. Le choix est limité à six produits, certes, mais l’originalité est là.  « Au début, je suis venu par curiosité. Mais je reviens de temps en temps, ça fait un repas pas cher qui permet de varier les goûts. C’est sympa », se réjouit Christophe. « Moi, ce qui me plaît, ajoute Sophie, une habituée, c’est la fraîcheur et l’originalité des ingrédients. C’est contre toute attente, plus élaboré que les sandwiches traditionnels. »

Les sandwiches sont préparés sur place à la demande avec des ingrédients frais. Comme le fromage-concombre-menthe. Une valeur sûre qui remporte chaque jour un succès fou. Excellent et très rafraîchissant en dépit du pain tiède. Cuit sur place (c’est un des bémols : il arrive congelé) en fonction du nombre de clients, il était encore chaud quand on m’a servi mon sandwich. Dommage, mais pas de quoi couper l’appétit !

La qualité du pain n’est pas extraordinaire mais ça passe très bien et pour le prix, c’est imbattable. Deuxième best-seller : le parisien amélioré (chiffonnade de jambon blanc-beurre salé). Pas de surprise pour ce classique : c’est simple. Cela pourrait ressembler aux sandwiches faits à la maison, pour un coût équivalent et sans le souci de la préparation !

Même les sandwiches les plus chers restent une affaire tant les associations de goûts sont innovantes. Pour un ou deux euros de plus, on peut varier les plaisirs en optant pour un second sandwich (2 ou 3 euros).  Un prix qui permet de goûter à des ingrédients plus recherchés : sauce coco-citron, smoothie de figues ou d’avocat, crevettes, tartare de saumon, etc. On apprécie particulièrement les feuilles de roquette dans presque toute la gamme à 2 et 3 euros. Un vrai régal.

À 3 ou 4 euros le repas, la note reste très abordable et laisse même un peu de place pour un dernier petit sandwich beurre/carré de chocolat pour le goûter. De bon augure car ces petits sandwiches, s’ils sont goûteux, ne sont pas très copieux.

Le gros point noir d’un déjeuner dans cette sandwicherie : le tarif low-cost ne s’applique qu’aux sandwiches. Les formules ne sont pas franchement avantageuses, et mieux vaut venir avec sa gourde ou attendre le retour au bureau pour étancher sa soif : la petite bouteille d’eau coûte deux euros. Autre souci pour les clients, la rançon du succès : l’enseigne installée dans le IX<sup>e</sup> arrondissement de Paris ne désemplit pas aux heures de pointe et il faut compter vingt minutes d’attente.

Malgré tout, le rapport qualité/prix est excellent et cette adresse mérite de figurer dans vos agendas.
Le concept fait d’ailleurs déjà des envieux. « Nous avons eu 500 demandes de franchise dans toute la France et même à l’étranger depuis l’ouverture en janvier, mais on ne peut pas encore les accepter. La loi nous impose au moins deux ans d’activité », insiste Tania.

Petite consolation pour les seuls Parisiens, les nouveaux rois du sandwich « cheap and best » cherchent un nouveau local dans Paris. Ouverture prochaine garantie. Pour les autres, il faudra encore patienter quelques mois.

Juliette Camuzard