Lutter contre les téléchargements illégaux : c’est une des missions du nouveau Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Mais force est de constater que le chemin sera long… Les habitudes sont là, même si les derniers chiffres, surtout concernant la musique, marquent un net ralentissement des téléchargements : le nombre de personnes concernées par le piratage a diminué de moitié entre 2007 et 2008.

Parmi les raisons qui expliquent cette baisse, l’arrivée depuis quelques années de sites d’écoute de musique en ligne, le plus célèbre étant deezer.com, puisqu’il s’agit de la première plateforme d’écoute de musique libre avec 44% de pénétration chez les 15/24 ans. Totalement gratuit (il suffit de s’inscrire) et simple d’utilisation, cette plateforme permet d’écouter instantanément les morceaux de votre choix en streaming (écouter directement sur le site sans télécharger) en fonction de leur disponibilité.Ce procédé s’est assuré une entente commerciale avec la SACEM. Impossible (logiquement !) de télécharger la musique, donc de la stocker sur son ordinateur ou sur support disque.

Est-ce pour autant la fin des téléchargements illégaux ? Pas encore. Les jeunes de 14 à 24 ans possèderaient en moyenne 8000 chansons téléchargées illégalement !

Une étude menée fin 2008, tente de décrypter l’impact du site d’écoute en streaming Deezer sur les pratiques des internautes et sur le téléchargement illégal. La moitié des internautes interrogés déclare acheter moins de CD, mais il semblerait que ce soit le prix qui constitue encore le principal frein. François, 25 ans, nous explique son mode de consommation : « J’aime la musique, et je continue à acheter des CD, mais généralement j’attends les promotions. Acheter un disque 20 euros je ne le conçois même plus ! ».
Il y a cependant toujours ce souci de soutenir certains artistes : « Pour les chanteurs que j’apprécie, je suis prêt à investir, le but étant qu’ils puissent continuer à produire leurs morceaux ! ». Qu’en est-il de leur attitude vis-à-vis du téléchargement ? 33% des internautes utilisant l’écoute en ligne de musique déclarent effectuer moins de téléchargements illégaux.

Roman nous explique : « Depuis que la répression s’est accentuée, j’ai arrêté de télécharger. De plus avec des sites comme Deezer.com, on est plus obligés d’être dans l’illégalité ! Tous les jours, lorsque j’allume mon ordinateur, j’ouvre la page du site ! Ce que je ne trouve pas sur ce site, je le trouve sur les sites comme Youtube ou Dailymotion.»

Il faut savoir que Deezer propose régulièrement de découvrir de nouveaux artistes. 79% des utilisateurs écoutent les artistes mis en avant par le site et 74% ont déjà acheté leurs albums.  On  peut également créer sa « playlist » et la partager avec ses amis, connus ou virtuels.  Ce qui fait de Deezer une sorte de grande communauté qui permet de partager et de communiquer. Mais gare à toute tentative de commercialisation : 78% des jeunes interrogés ne seraient pas prêts à payer pour une telle offre.

Plus récemment, UK Music a sondé 1800 jeunes anglais. La plupart seraient prêts à payer pour une « licence globale » leur permettant de télécharger de façon illimitée. Cependant, la majorité se déclare insatisfaits par les offres de téléchargement légal, jugées trop onéreuses. Le CD garde leur préférence en rapport avec l’effort de création réalisé pour ce dernier.
Les internautes sont donc toujours prêts à participer à la production de leurs artistes préférés. ..Mais plus à n’importe quel prix !

Ange Santenard