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Anticancer, le précédent de David Servan-Schreiber
L’alimentation est au cœur de nos problématiques – j’en veux pour preuve le nombre d’entre vous qui ont voulu réagir à notre article sur le régime Dukan. Manger sain, bien, bon, bio, serait un gage de bonne santé. Alors que les estimations parlent d’une personne sur deux atteinte d’un cancer au cours de sa vie, un livre qui donnerait les clés d’un alimentation anti-cancer est une promesse formidable.
Cette promesse, elle avait déjà été faite par le Professeur David Servan-Schreiber dans son livre Anticancer paru chez Robert Laffont. DSS, comme le surnomment ses fans, a découvert voilà une quinzaine d’années qu’il souffrait d’une tumeur au cerveau. Dès lors, il a voulu comprendre quelles étaient les causes psychologiques, médicales, mais aussi alimentaires d’un cancer. « Il applique ses conseils à lui-même » confie une personne qui l’a côtoyé « Micro-sieste, thé vert, alimentation saine… » Le livre mêlant analyses et conseils est un best-seller.
David Khayat : un auteur controversé
Est-ce ce succès qui a incité un autre auteur à se pencher sur la question ? Quand la question est légitimement posée au Dr David Khayat dans les médias, il répond que non. Sa motivation, il l’aurait trouvée auprès de ses patients (il est chef du service cancérologie de la Pitié-Salpêtrière à Paris où il recevrait 40 patients par semaine) qui, chaque jour, l’interrogent sur les liens entre la nourriture qu’ils avalent et leur maladie. De ces années de recherche est sorti ce livre au titre un brin provocateur : Le vrai régime anti-cancer.
Bien connu des VIP, le Dr David Khayat soigne des personnalités publiques. Cela lui vaudra quelques critiques, à commencer par celles de Justine Lévy qui raconte les consultations de sa mère en phase terminale, dans Mauvaise fille, son dernier roman. Elle y dépeint un homme peu aimable et, pire, peu professionnel. Mais au-delà des fictions romanesques, de nombreux people comme Guillaume Durand ou Anne Carrière chantent ses louanges.
En 1997, Jacques Chirac lui avait confié la gestion de l’Institut national du cancer… dont il dut démissionner suite à des soupçons autour de sa gestion de l’Institut – soupçons dont il a, depuis, été blanchi. Ne souhaitant pas alimenter une rivalité ou une polémique « stressante pour les patients », David Servan-Schreiber a simplement fat savoir via le net qu’il se soutenait la démarche de son confrère malgré leurs « peu de désaccords » sur certains points, tout en regrettant un titre agressif semant le doute sur ses recherches à lui.
Quelles révélations anti-cancer ?
Mais passons au contenu du livre : alors, quelles révélations anti-cancer y découvre-t-on ? Tout d’abord, certaines idées reçues se font tordre le cou. Ainsi, la nourriture japonaise réputée excellente pour la santé ne le serait pas vraiment. Les sushis par exemple seraient même très mauvais : le saumon, trop riche en mercure, aurait des effets néfastes sur l’organisme.
Autre révélation inédite : le jus d’orange serait cancérigène. Cette affirmation peut faire paniquer les Français, attachés à leur verre de jus d’orange au petit déjeuner. David Servan-Schreiber affirme lui que les agrumes ont un pouvoir antioxydant intéressant et qu’il faut continuer à en consommer pour se protéger.
Le jus de grenade, en revanche, aurait d’excellents effets protecteurs et antioxydants tout comme les fruits bio non traités. Thé vert, ail, pruneaux, sont aussi recommandés pour leurs vertus antioxydantes. Sur cette liste, David Servan-Schreiber et David Khayat sont parfaitement d’accord.
Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé
Quelques pages plus tard, on découvre un conseil visiblement cher à l’auteur : l’abandon de la cigarette. On y retrouve au moins une douzaine de fois à travers le livre les phrases « arrêtez de fumer » « stoppez la cigarette » « arrêtez la cigarette »… Si les effets néfastes de la cigarette ont été scientifiquement prouvés depuis longtemps, il n’est pas forcément utile de les rappeler à une telle fréquence.
Le second conseil redondant concerne le sport. Le Pr. Khayat veut visiblement tous nous faire bouger de nos canapés. Là encore il est scientifiquement prouvé qu’une activité physique est bénéfique, en revanche, les consommateurs que nous sommes n’ont pas besoin d’un livre à 18 euros pour leur rappeler de ne pas fumer et de faire du sport – nous sommes déjà matraqués à la télévision et dans nos résolutions de nouvelle année avec ces mantras. (David Servan-Schreiber insiste aussi sur ce point et rappelle récemment sur son site Guerir.org que 150 minutes d’activité physique modérée sont recommandées chaque semaine)
Dis-moi qui tu es, je te dirai quoi manger
Les parties les plus intéressantes du Vrai régime anticancer sont ailleurs. D’abord, dans l’approche personnalisée de l’auteur. Selon que vous êtes un homme, une femme, que vous avez tel ou tel âge, votre « programme nutritionnel » sera différent. Selon votre genre, votre âge… Plusieurs tableaux nous sont ainsi proposés avec quelques aliments et leurs effets sur notre organisme et contre le cancer : bénéfique, neutre, dangereux… et précise pour quels cancers ils le sont (sein, prostate, etc)
Pour tous, les deux experts recommandent les légumes bio (car sans pesticide) émettent des doutes sur les OGM, brocardent les chips, frites et toutes les cuissons à l’huile de friture. Un débat subsiste sur les rôles des omégas 3 et de la vitamine D, entre autres.
Guérir du cancer en mangeant ?
Quand à savoir si, vraiment, l’alimentation peu jouer un rôle dans la lutte contre le cancer, les réponses sont floues. Pour le Dr. David Khayat, la nutrition joue un rôle évident même s’il subsiste quelques incertitudes scientifiques. Il précise d’ailleurs en conclusion de son livre qu’il utilise en permanence le conditionnel. Pour le Pr. David Servan-Schreiber, c’est un mode de vie global qui peut favoriser ou non la maladie ou la guérison.
Supprimer les sources de pollution intérieure comme le Bisphénol A ou le chlordécol, les causes de stress (sujet du dernier livre de DSS, Vite !) arrêter la cigarette et faire du sport, vous l’aurez compris, aident autant que la consommation de thé vert. Aux Etats-Unis, le World Cancer Research Fund a publié dernièrement un rapport confirmant les liens entre alimentation et cancer.
Marlène Schiappa






















Je recommande la lecture de ce livre, il change le regard porté sur la relation à l’alimentation comme source de bien être ou de maladie.
Merci Aboneobio pour ce lien !
Oui, on y trouve quelques “clés” de l’alimentation… les épices, les produits non traités… etc… mais il insiste bien aussi sur les limites de cette théorie: personne ne peut guérir du cancer juste en mangeant.
Le problème reste la recherche, tant qu’on n’aura pas autre chose que des présomptions sur les causes des tumeurs et des cancers, on ne pourra malheureusement pas agir avec une certitude scientifique.
Ce qui est terrible au regard de ces ouvrages qui font la promotion du Bio pour lutter contre le cancer (et probablement à juste titre, je ne suis pas un spécialiste du sujet), c’est de constater qu’en gros, seuls ceux qui en ont les moyens pourront faire de la prévention… quand aux autres..
Le coût du Bio, aussi bien en produits d’entretien que pour l’alimentation est exorbitant.
J’ai trouvé d’ailleurs sur le sit “aboneobio” un article avec en 1er commentaire cette phrase qui parle d’elle même pour les petits revenus:
“Un légume non bio est moins cher sauf si on tient compte du cout environnemental, sociétal et sanitaire que l’on devra payer un jour !”.. certes mais quid pour la trésorerie au quotidien des revenus les plus modestes ?
50% des français gagnent moins de 1550 € par mois.
90% des français gagnent moins de 2.800 € net par mois.
En région parisienne un appartement de deux pièces et d’environ 50m² se négocie entre 750 et 900€ par mois voire bien plus…!!
Sauf à trouver d’autres astuces alimentaires ou astuces tout court, je trouve très noble de défendre la cause du bio, dans l’absolu. Dans les conditions financières actuelles (et je passe sur les hypermarchés dont la qualité et l’authenticité des produits dits “bio” est très discutable)le bio, notamment mis en avant dans des livres préventifs contre le cancer et pour ces ménages, c’est presque “indécent”.
Je trouverais intéressant que ces ouvrages nous éclairent en paralèlle sur les horreurs que nous font avaler des groupes comme Monsanto (mercure jusque dans les saumons en Norvège, dyoxine, plomb, ogm) notamment dans l’alimentation ou le bisphénol A dans les biberons…
Ensuite et c’est personnel, je hais ce genre de titre accrocheur et marketing sur des sujets aussi délicats (en gros, ce cher docteur est LA solution à la maladie si on s’en tient au titre)..
Moi qui pensait qu’avec le régime Dukan, nous étions tous sauvés.. ;o)
Nicolas,
Oui et c’est ce que lui reproche David Servan Schreiber d’ailleurs.
Pour le bio, oui et non: ils ne parlent pas forcément de bio mais plutôt de “non traité”. C’est un des axes parmi tant d’autres.
mais on se nourrit mieux quand on a les moyens, ça ce n’est pas une surprise, malheureusement….
Ces associations proposent contre un paiement à l’avance pour une saison des prix défiants toute concurrence (par chez moi c’est 10 ou 15€ le panier /2 ou 4 personnes ; avec paiement à l’avance pour 27 paniers).
Le régime dukan ne permet que de maigrir rapidement parce qu’il est carencé. C’est idéal quand on a un grave surpoids et qu’on veut des résultats vite,; mais il ne faut pas oublier qu’on fait quand même manger pas mal de saloperies aux animaux (dont des hormones et des antibios pour les faire grossir). J’ai réduit ma consommation de viande il y a peu et je me porte mieux malgré une maladie sur laquelle les hormones jouent beaucoup (endométriose).
au delà du bio il s’agit aussi de ré interroger ce que la population francaise mets dans son assiette. quoiqu’on en dise, les caddies sont toujours bien remplies de produits manufacturés, pesant bien plus dans le porte monnaie que si les produits étaient faits à la maison.
on peut bien sûr se cacher derrière nos modes de vies, et notre manque de temps pour la cuisine. mais je ne pense pas que ce soit la solution.
d’après les français, le budget alimentaire est en augmentation au supermarché. soit. mais est ce qu’ils ont déjà regardé ce qu’ils y mettaient? toujours cette nécessité de consommer les nouveautés de l’industrie alimentaire, avec tout ce qu’ils peuvent contenir.
au delà du manger bio, il s’agit d’abord du manger mieux. et là dessus c’est le consommateur qui décide.
chacun ces choix!
En dehors du “gras et riche”, quiconque faisant ses courses ne devrait pas avoir à s’interroger sur la qualité de ce qu’il a dans son caddie.
Autrement dit et pour des raisons basiques de salubrité publique, l’industrie alimentaire ne devrait pas avoir l’autorisation de commercialiser de la “daube” (à savoir des produits blindés de produits chimiques, de cholestérol, enrichis en sucre, etc etc…bref notoirement mauvais pour la santé).
Evidemment, pour des raisons de conservation et surtout purement mercantiles, ça n’est pas le cas.
Enfin, il est toujours intéressant de voir, concernant les prix, la différence entre le prix producteur et le prix définitif sur des produits par exemple comme… le lait..ou le poisson.
Les français même modestes pourraient manger mieux s’il n’y avait pas un engraissement légalisé des intermédiaires qui tuent “l’industrie agricole” et font exploser les prix au final..
et qu’on ne me sorte pas l’argument TVA (qui reste l’impôt le plus injuste au monde), on a bien vu le résultat sur la réstauration..
Donc pas d’accord, ça n’est pas toujours le consommateur qui décide. Aucun consommateur ne décide de consommer des produits cancérigènes et personne ne devrait avoir à se demander dans un magasin si ce qu’il met dans son caddie est ou n’est pas fondamentalement cancérigène.
Ca c’est comme la cigarette: tous les pays au monde savent que c’est mauvais, dangereux etc..mais c’est permis. Il est donc légale de tuer “à petits feux” une partie de la population, de tolérer l’addiction au produit nocif etd efaire payer par l’autre les conséquences sanitaires.. par contre ce’st marqué sur le paquet “fumer tue”..!! mdr, mais vous pouvez fumer puisque qu’on autorise le fabricant à vous vendre ce qui vous tue..
Même logique pour les aliments..
je ne pense pas inverser le problème, car je suis complètement d’accord avec tous vos arguments.
néanmoins, à cet instant t, nous , consommateurs, ne sommes pas maîtres de ce que l’on trouve dans les rayons des supermarchés. mais par contre nous sommes seuls maître de choisir et de payer ce que l’on met dans son caddie. le consommateur peut (pas pour tout, je l’accorde) choisir de ne pas acheter la barre chocolatée qui passe à la télé ou le plat tout prêt vite fait bien fait; et de regarder les étiquettes.
on a bien vu avec le boycott des pdts laitiers dans le sud: -60% des ventes.
si le consommateur continue d’acheter ces pdts, on continuera de les fabriquer. et les pouvoirs publics ne font pas le poids et ne feront rien en ce sens.
les réponses des internautes , non dénuées d’intéret d’ailleurs, m’amusent toujours : On accuse le système , on parle d’argent , et on oublie l’essentiel . Et l’essentiel , c’est les clefs de la vie . Qui les possèdent ?
Nous.. , en nous -même. Mais on a oublié , on ne sait plus pourquoi nous sommes là , quelle est la logique alimentaire à adopter
Car il s’agit quelque part d’une logique , celle de l’univers et plus précisément celle de la planète sur laquelle nous vivons.
Je ne prétends en aucun cas avoir le savoir absolu , mais si l’on fonctionne un peu plus logiquement ; on imagine qu’il n’est pas bon de transformer des aliments, de les conditionner, de traiter les sols avec des engrais pour augmenter la production;
qu’il n’est pas forcément logique que les viandes et poissons représentent 30% de notre alimentation alors que les dents que nous avons dans la bouche servant à la mastication de ces aliments représentent 12% de notre patrimoine buccal .
que nous consommons des produits laitiers ( de vache ) à l’âge adulte, alors que ce lait est initialement destiné à nourrir des veaux.
Que nous insistons, dans notre recherche gastronomique, sur les associations multiples de produits diverses, dans la seule recherche d’un gout ; alors qu’il est facile d’imaginer que tout cela mélangé dans notre estomac, sera équivalent à mélanger tous les produits présents dans une classe de cours de chimie. Imaginez la mixture à assimiler, l’effort inutile réalisé par le corps, qui initialement a juste besoin d’un peu d’énergie et d’éléments minéraux.
Et je n’écrirai pas ici un livre, car les vrais livres existent déjà à ce sujet :
cf: Le livre de la macrobiotique- par Michio Kushi – editions Tredaniel.
C’est sur que cela fait mal à entendre, dur à accepter, et bizarre à adopter au début, j’en conviens volontier.
Mais c’est un choix que chacun de nous a .
Et pour ceux qui pensent qu’aux coût des choses, au final s’il on fait les choses bien, cela coûte moins cher.
Je confirme ce qu’écrit Aneobio, le livre de D. Servan Schreiber est très intéressant. Contrairement à ce que dit l’article, DSS ne fait pas de promesses, il donne simplement et en toute humilité des pistes qui lui semblent intéressantes. En lisant son livre, on se sent bien car il est très positif, plein de bon sens et facile d’accès. Produits non traités, variété de l’alimentation, condiments, plaisir. Je le recommande à tous.
je ne connais en revanche pas le livre de Khayat.
Vincent
Mais ils n’osent pas le dire, cela nuirait au vente .
Je les ai lu et j’en connais un bout.
J’ai 40 ans de macrobiotique et 77 ans.
Merci Ohsawa. et Kushi
Un esprit sain dans un corps sain, développant la zen attitude et le respect d’autrui et de l’environnement.
Ré-apprendre à cuisiner en s’attachant aux vertus des aliments, aromates et épices. C’est très intéressant et en connais un rayon!
Mais bon…la pharmacologie est une industrie comme celle de l’armement : chère et…redoutable.
Je préfère prévenir un maximum ( m’appliquer à manger sainement) plutôt que guérir. Car après, tout est une question de dosage des principes actifs.