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Il faut souffrir pour être belle, paraît-il. Souffrir et payer. « Je dépense 300 euros en moyenne dans les soins en salon », confie Laetitia, 28 ans, commerciale vivant à Marseille. Gommages, massages, épilation, soins amincissants, soins capillaires… Mis bout à bout, tout cela représente une somme conséquente : plus de 20 % du salaire de cette jeune femme qui exige une qualité irréprochable. Hors de question pour elle de se séparer de son esthéticienne habituelle. « Je vais dans un salon du 8e arrondissement de Marseille, tout sauf low cost. » L’épilation des jambes s’y facture 45 euros et le soin du visage 68 euros. « Mais je ressors avec une mine parfaite et surtout, le personnel est aux petits soins : café, accueil personnalisé, produits offerts à la sortie, conseils… »

Mais certains instituts de beauté désireux de démocratiser l’accès aux soins esthétiques cassent les prix du marché. Body Minute, par exemple, a lancé une chaîne de franchisés au principe innovant : d’un côté les non-abonnées, qui payent plein pot, de l’autre les abonnées qui, moyennant un tarif mensuel de 9,90 euros par mois, ont accès à des offres préférentielles. Sonia, 33 ans, se fait ainsi épiler pour 4,30 euros alors que la collègue avec qui elle se rend au salon paye 15 euros pour la même prestation. Avec un bémol : l’impossibilité de changer d’esthéticienne. Mais ce n’est pas le seul hic : « Clairement, la prestation est discount. L’accueil est un peu froid, on s’occupe de nous à la chaîne et une fois qu’on a pris notre abonnement, on ne les intéresse plus vraiment », critique Sonia qui, pourtant, ne résilie pas sa carte. « Même avec les 10 euros mensuels je reste gagnante », calcule-t-elle de tête.

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Les instituts Yves Rocher se positionnent également comme un institut peu onéreux. « Nous ne sommes pas une marque bas de gamme », tonne une conseillère de vente. Pourtant, les tarifs sont abordables : pour Inès, assistante de direction de 41 ans et adepte des salons de beauté, « c’est le même problème que pour tous les commerces franchisés ou de chaîne : la qualité varie de l’un à l’autre ». Ainsi, vous pouvez tomber sur le salon où l’on vous traite comme une reine ou sur celui où l’on vous laissera un peu de gommage sur la joue en sortant… Pour se renseigner, une astuce : tapez sur un moteur de recherche la ville + le nom de la marque (exemple : « Yves Rocher Nantes »). Vous arriverez sur l’ensemble des blogs ou forums ayant testé le salon en question.

De plus en plus, un autre concept insolite se développe : les salons de beauté… sur le lieu de travail ! Fournis par le comité d’entreprise ou par les conciergeries d’entreprise, pris en charge par l’employeur, ils permettent aux salariés de bénéficier d’un soin ou d’un petit massage, sans se déplacer et gratuitement. Si vous êtes intéressée, n’hésitez pas à en parler aux délégués du personnel.

Mais pour une majorité de femmes, la visite chez une esthéticienne, même discount, reste un luxe. « J’ai un petit salaire, un gros loyer et deux enfants à élever. Dans mes calculs, je ne vois nulle part la place pour un budget esthétique ! » explique Anne-Marie, 37 ans, qui affirme ne pas débourser un seul centime pour son apparence. Elle a donc développé ses propres trucs : « Je n’utilise pas de cire, je pique les rasoirs de mon mari pour les jambes. Pour les soins du visage, je fais bouillir une casserole d’eau et je place ma tête au-dessus pendant cinq minutes, avec une serviette de toilette propre. Quand j’ai la peau sèche, je m’hydrate avec en ajoutant quelques gouttes d’huile d’olive dans mon gel douche habituel. »

« En fait, dans les instituts de beauté, on ne vient pas uniquement chercher de la beauté », décrypte Laetitia, qui tient à ces petits moments « à elle ». Pour elle, on vient avant tout se ressourcer, partager un moment dans un gynécée.  « Entre la vie de famille et la vie professionnelle, trouver une heure pour soi, c’est mission impossible ! » tonne Inès, qui n’hésite pas à dire dans un éclat de rire : « Aller chez l’esthéticienne, c’est un acte militant pour une meilleure condition de la femme ! »

Marlène Schiappa