Certaines, en bonne pro du shopping, ne jurent que par les fins de soldes. Et si c’est possible. A condition d’être stratégique et d’avoir un peu de temps.  60%, 70%, 80%…toutes les devantures de magasins de prêt-à-porter affichent des réductions monstres. A tel point que certaines, n’attendent pas le début des soldes mais plutôt la fin! Comme Sonia, 29 ans. Cette commerciale est une spécialiste des fins de soldes. Chaque année, elle fait des affaires. Jean, cardigan, chaussure, tout y passe. «D’années en années, j’ai remarqué que les deux dernières semaines des soldes, il y a toujours des choses intéressantes en rayon», souligne t-elle. Avec un budget oscillant entre 150 et 300 euros, la jeune femme privilégie les achats réfléchis au shopping compulsif. «Quand je suis dans une boutique, je sais ce dont ma garde-robe manque.» Pas d’achats à l’aveuglette, donc. «J’ai scruté ma garde-robe.»

Le verdict est sans appel. Sonia a besoin de hauts. «Je suis très souvent face à des clients, je dois donc soigner mon apparence. Je vais concentrer mes achats sur les chemises, les cardigans car côté jupes et pantalons, j’ai ce qu’il faut.» Ca tombe bien. Selon elle, à la fin des soldes, les magasins regorgent de tops* parfois à 10, 7 ou même 5 euros. Pas de regret d’avoir attendu la fin des soldes. En général, elle n’achète rien avant la deuxième démarque minimum. Même si elle confesse «devoir se retenir», elle sait que le jeu en vaut la chandelle. Ce week-end, elle a trouvé son bonheur. J’ai fait quelques achats dans une boutique de prêt-à-porter où l’on ne trouve rien à moins de 30 ans. Et la récolte a été plutôt bonne. «J’ai trouvé un joli cardigan pour 8 seulement au lieu de 29,90 euros, une blouse à  12,90 euros au lieu de 39,90 euros et une paire de mocassins à 25,90 euros. Leur prix de départ? 79,90 euros», lance t-elle, la mine réjouie. Autre raison d’attendre la fin des soldes, «parfois les produits les plus intéressants sortent à ce moment là», avance Karima, 26 ans, étudiante. Pour elle, il n’y a pas de doutes. «Au début des soldes, on nous pose les anciennes collections, les invendus!» Pas question d’acheter vite et n’importe comment. Sa patience a fini par payer. «Je viens de m’offrir un manteau soldé à 50% signé par un créateur…un bijou.» Montant? 150 euros, autrement dit la moitié de son budget soldes 2010.

Dernière raison d’attendre la fin des soldes pour dévaliser les boutiques? L’absence de foule. Karima en profite donc. Cette jeune étudiante apprécie tout particulièrement le calme qui règne dans les magasins. «Il y a moins de monde et je peux prendre le temps de regarder, comparer et même essayer.» Pas de file d’attente ni aux cabines d’essayage…Un point important pour Karima. «Les vendeurs mettent souvent en avant que les produits soldés sont remboursables. Tout est fait pour augmenter les ventes. Mais «face à une file d’attente interminable, je pose les affaires et je sors du magasin. Cela me décourage.» Les soldes oui, l’attente, non.

Un constat que tirent les professionnels du secteur. D’après la responsable d’une boutique parisienne, «certaines clientes ne font les soldes qu’à la fin de la période histoire d’éviter la cohue.» Et, on les comprend. Durant l’année, «nous recevons une cinquantaine de clientes par jour. Les soldes, c’est le double, voire le triple…» Un flux qui reste presque constant durant ces 5 semaines…Avec un challenge pour les commerces: vendre autant au début qu’à la fin. Quitte à garder le meilleur pour la fin !

Nadia Moulaï