Malgré l’existence d’une Barbie vétérinaire, la poupée quinquagénaire est plus connue pour sa blondeur et ses mensurations extraordinaires que pour ses engagements ou son intelligence. Ce constat amène certains parents, qui s’insurgent contre un monde rose où le shopping est roi, à refuser d’offrir ces poupées à leurs enfants.
Mais Barbie n’est pas la plus extrême : vous connaissez sûrement Bratz, cette poupée apparue en 2001, année à partir de laquelle les ventes de Barbie n’ont cessé de chuter. Conçue comme un manga, avec une bouche rouge immense et des yeux en amende maquillés à la Donatella Versace, la raison d’être de Bratz est de satisfaire le « besoin d’identification des petites filles », qui voudraient toutes devenir chanteuses ou stars d’après ses fabricants. Cloe l’héroïne et ses acolytes aiment aussi la mode, les défilés, se coiffer, le shopping, sortir avec des amies… De 22 € à 59 € la poupée, la marque créatrice MGA a commencé à commercialiser également des Moxie Girlz dont la vocation est de remplacer les Bratz, jugées trop controversées.
Dans un magasin de jouets, peu après Noël, un couple vient se faire rembourser sa poupée MGA : offerte par une tante à leur fille de 8 ans, la poupée ne leur convient pas. Ils la jugent « aux antipodes de leurs valeurs ». La caissière lève les yeux au ciel et procède au remboursement. Derrière elle, un rayon entier est consacré aux produits dérivés Bratz, dont le film a pourtant été une catastrophe commerciale, récoltant un très petit nombre d’entrées et des critiques quasi unanimement négatives. Cartable à 55 €, voiture de poupée à 53 €, tapis pour enfants à 49 €… Le couple murmure que la poupée incarne le mauvais goût et qu’ils ont d’autres aspirations pour leur fille que se réjouir de porter une mini-jupe et du gloss.
Adama Ndiaye, maman elle aussi d’une petite fille de 8 ans, est pourtant venue lui chercher une Bratz ou une Moxie Girlz avec l’argent reçu pour Noël. Elle estime « au contraire, que ces poupées font rêver les petites filles. Une poupée qui adore l’école, aucun enfant n’en voudrait ! Et elle convient à mes valeurs à moi, c’est la première marque de poupée à avoir lancé simultanément une latino, une afro-américaine, une asiatique et une blonde ! Je l’achète sans complexe, même si elle est un peu simplette.»
Une poupée intelligente, qui aime l’école, c’est pourtant le pari fait par Nathalie Felciai. En réaction à ces poupées qui ne correspondaient pas aux attentes de ses filles, elle a créé le personnage de Jeanne Poésie : physique enfantin, longs cheveux châtains et vêtements décents, son apparence tranche avec celle de Bratz. Plus que sur son physique, c’est son intelligence que Nathalie Felciai a voulu mettre en valeur : « Ce que l’on peut dire de Jeanne Poésie, c’est qu’elle est animée par un profond sens de la justice et par un idéal républicain « Liberté, Egalité Fraternité ». Elle veut d’un monde où la dignité humaine soit respectée. » affirme sa ‘’maman’’.
Confrontée à de nombreuses problématiques existentielles au fil de ses aventures, racontées dans des livres présentés comme la version papier de son blog, ou via le site interactif Museworld, le discours de Jeanne Poésie a des accents de féminisme, même si sa créatrice s’en défend. « Les droits des fillettes et des femmes étant encore bien souvent bafoués dans le monde, ce combat s’inscrit pleinement dans son « champ d’action ». Elle mobilise ses amies dans les différents pays pour retrouver Yang Chi, la petite chinoise, retirée de l’école par sa famille pour travailler dans une usine… » Jeanne Poésie séduit notre couple anti-Bratz, qui s’empresse de demander son prix (à partir de 49 € 90). « Une poupée intelligente, voilà l’idéal que nous voulons proposer à notre fille » disent-ils en chœur, en ajoutant qu’ils préfèrent qu’elle s’identifie à une petite-fille humaniste qu’à une candidate de Star Academy.
Au-delà de la confrontation entre deux idéaux, il est intéressant de constater que les poupées sont désormais conçues avec des envies, des goûts et du caractère. Les parents comme les enfants préfèreraient donc acheter du sens et des valeurs qu’une simple poupée vierge de toute âme à 10 €. Depuis sa création et malgré les controverses, 1 milliard de Barbie ont été vendues à travers le monde. Après tout, comme elle le proclame solennellement sur son site officiel : « Sans vous, je ne suis qu’un bout de plastique. »
Marlène Schiappa
photo: Jeanne Poésie DR Museworld
* Toute l’équipe d’Ecotidien vous souhaite une belle et heureuse année 2010 ! *
Pour aller plus loin


Après Noël, les parents font le tri dans les cadeaux reçus par leurs enfants. Dans certaines maisons, les poupées Bratz, Barbie, MyScene ou Moxie Girlz sont persona non grata. On leur préfère des poupées plus intelligentes...




















Moi je suis allé voir, j’avais reçu une poupée à Noël, mais je suis déçu, rien pour les adultes.
Devrais-je me contenter du bout de plastique seulement?
Bonjour Silly Toto,
Bonne année à vous. Alors avant tout, à mon humble avis et sans flagornerie aucune, vous faites partie de nos meilleurs lecteurs. Tout simplement parce que, même si vous êtes parfois en désaccord ou sceptique, vous vous exprimez toujours cordialement et avec pondération (nous gratifiant même de temps à autre d’un jeu de mot dont vous avez le secret !)
Pour la poupée, je vous suggère d’appeler le SAV du Père Noël: peut-être n’avez vous pas été assez sage en 2009…
je toruve votre article très intéressant car sans parti pris et montrant tous les styles de comportement.
personnellement, je ne suis pas anti-barbie, sans doute pour y avoir joué moi-même de longues heures étant petite. il faut dire que les autres poupées de ce format, n’étaient, à l’époque pas du tout de bonne qualité. et si mes souvenirs sont bons, ce ne sont que les adultes qui ne parlent que des mensurations et de la blondeur de barbie (il me semble qu’il y a des barbies brunes et même “ethniques” aujourd’hui). enfin tout ça pour dire que dans mes souvenirs, barbie, c’est la possibilité de jouer à la grande (puisqu’ELLE est adulte) et surtout des toilettes magnifiques et des accessoires fantastiques.
cependant, en tant que maman, je ne peux qu’adhérer à la démarche visant à créer une poupée intelligente peut-être un peu plus enfantine, mais engagée et je vous remercie de m’avoir fait connaitre Jeanne Poésie.
Pour moi, ce ne sont pas les mensurations d’une poupée, ou son côté simplette qui importe pour un jouet, c’est la part de rêve qu’il peut procurer à un enfant (je met volontairement un masculin neutre car un garçon aussi peut vouloir jouer à la poupée). tout ce qui concerne les valeurs, l’intelligence etc, c’est aux parents de le cultiver avec leur enfant en veillant à lui ouvrir l’esprit sur le monde, ce n’est pas une poupée qui peut le faire. à moins que l’on ne considère que la poupée, le merchandising annexe et les sites internet liés à cette poupée ne soient les éducateurs de nos enfants.
leur conscience, leur féminisme, leur écologisme, leur tolérance, c’est moi qui vais aider mes filles à les développer, pas leurs jouets. ils ne seront, et c’est leur principal rôle, qu’un vecteur d’imagination.
quant aux Bratz, personnellement, je suis totalement contre parce que je les trouve vulgaires et surtout qu’elles véhiculent une sexualisation des petites filles. au lieu de les faire jouer à être grande, cela tend à leur faire croire que s’habiller comme des @@@leur permettra de paraître grande. Or, il y a à mon sens, un fossé entre vouloir jouer à être grande et vouloir paraître grande. bon ceci dit, si ma fille m’en réclame une à corps et à cri, je ne boycotterais pas forcément ce jouet puisque ce n’est quand même que ça, un jouet.
je vous souhaite une bonne année 2010
bonsior tonton david je voule te solte bonne anneé
que dieu te beni merci
SA MA IINTERESSER BIEN SE SUJET BIEN SURE
D’accord avec Emi138, ces poupées n’apportent pas grand chose aux filles.
Elles feraient mieux d’apprendre à cuisiner. (waf)
Comme l’écrivait Laurie dans son commentaire, les parents ont un rôle fondamental sur l’ouverture d’esprit de leurs enfants et l’apprentissage des valeurs en general; les enfants s’inspirent dans leurs jeux de leur environnement.
J’ajouterai qu’en dehors des visages plus ou moins distingués des poupees avec lesquelles nos enfants jouent, ce sont surtout leur vêtements qui, aujourd’hui, accentuent leur côté vulgaire. Or si les petites filles doivent s’identifier à des poupées habillées comme elles le sont, ca devient inquiétant. Une lueur d’espoir: j’ai decouvert un site de vetements pour poupees (fashionette-dollswear) qui sort du statu quo actuel. Ils ne les dotent pas encore d’intelligence, mais de beaucoup plus de style et de distinction! Voila encore un autre moyen d’influencer intelligemment l’imaginaire de nos enfants.
bonne annee a vous tous.
une poupee reste une poupee
il est normal qu’il y est des poupee noir ou asia
tique
mais la c’est n’importe quoi
une vrai histoire de “blonde contre les brune”
une poupee intelligente et l’autre idiote
IL FAUT ARRETER
un papa
une poupée reste une poupée certes mais elle ne peut et ne pourra jamais faire ce que fait un homme arrèté alors avec vos creations de poupées nuisibles aux enfants
Ma femme aussi peut se montrer intelligente comme poupée
Comme il a été dit avant, ce sont les parents qui donnent la valeur aux jouets. Moi, j’ai joué aux barbies, mais mes parents ne nous laissant pas un libre accès à la télé, je n’avais pas accès aux côtés médiatiques de la question. Et oui, mes parents avaient le temps pour être avec nous. Barbie a juste été pour moi un moyen de me rêver adulte. elle avait une voiture, des animaux de compagnie, des amies qu’elle pouvait inviter chez elle. Enfin tout ce qui fait qu’on veut devenir grande quand on est enfant. en même temps, je jouais aux légos, aux petites voitures. mes parents nous en avaient acheté, alors que nous étions deux nanas. Les jeux d’imagination ont autant d’importance que les jeux de construction pour le développement de l’enfant. On ne peut pas porter notre regard d’adulte sur les jeux des enfants, car on biaise ceux-ci. Il faut jouer avec l’enfant et prêter attention à leurs paroles. Une petite fille qui dit “je veux être comme”, on doit juste lui rappeler que sa poupée n’existe pas, que c’est juste un jouet pour s’amuser, qu’on ne peut pas s’identifier à celle-ci, vu que c’est l’enfant qui la fait agir. C’est tout, on ne peut pas accuser des jouets d’être responsables des comportements ou représentation d’un enfant, on peut juste déplorer un manque d’encadrement par des adultes, qui laisse alors à l’enfant sa libre interprétation, et on sait combien les enfants sont emplis d’imagination.