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Trottoirs, marches, bancs publics, l’équipement public est prétexte à des exercices «cardio» ou de renforcement musculaire. En France, la pratique est encore peu répandue mais gagne du terrain. D’autant qu’un Français sur deux déclarent pratiquer une activité sportive selon un sondage paru en 2008 . Et avec la crise actuelle, toutes les économies sont bonnes à prendre pour ménager son porte- monnaie. Elodie, 30 ans, est en une adepte.
«J’habite en Seine-et-Marne et je viens souvent le samedi matin pour participer aux sessions Run in the city dans le Jardin du Luxembourg à Paris.» Pour la jeune femme, ces séances lancées par Nicolas Deconinck, propriétaire d’un espace de vente dédié aux femmes, c’est « une occasion de faire du sport de façon ludique et surtout sans dépenser un centime!» Chaque samedi matin, pas moins de vingt personnes évoluent dans les allées de ce parc situé en plein cœur de la capitale. Au programme, course à pied, pompes, abdos. « Les exercices sont parfois drôles surtout quand on utilise les chaises du Sénat ou les bancs pour travailler à plusieurs», explique Elodie, amusée.

Du coup, ces matinées sportives sont très conviviales. « Il n’y a pas de concurrence, chacun va à son rythme pas comme dans les salles de sport. Il n’y a pas de niveaux.». Chacun est à l’aise. Les participants peuvent ainsi travailler en binômes pour réaliser les exercices. Un critère clé pour certains. Car quand on reprend le sport par exemple, on n’est pas toujours sûr de soi. Surtout quand on est essoufflé au bout de trois abdos. Mais même gratuit, ces sportifs amateurs bénéficient de l’œil d’un professionnel. «Un coach particulier est présent pour nous encadrer.» Heureusement. Le cardio ou le renforcement musculaire répond à des règles précises. «On travaille les jambes, les abdos ou encore les fessiers.»

L’idée de ne pas être lié par un abonnement explique le succès de l’Urban training. «Les salles de sport sont extrêmement chères», relève Elodie. Comptez en moyenne, 760 euros pour une formule de base d’après nos calculs. Ca fait cher surtout si l’on s’y fait rare. «Je pense que si l’on ne s’y rend pas au moins trois fois par semaine, c’est un investissement inutile. En tout cas difficile pour moi de dégager autant de temps en semaine car je travaille», précise Elodie.

Samy, 37 ans, lui, dépense près de 1000 euros par an dans son abonnement de sport. Une folie pour certains, une nécessité pour d’autres.  Ce sportif aime son confort. «Ca ne me gêne pas de payer pour la qualité, avoir accès à des machines adaptées et pratiquer du sport dans un cadre adapté», remarque t-il. Ajoutant même que «l’Urban trainig, ce n’est pas pour moi.» Pour le jeune homme, le mobilier urbain ne peut pas se transformer en équipement sportif. Et puis, l’idée de fonctionner en binômes pour faire du sport le dérange. Lui c’est plutôt mp3 sur les oreilles. Question de tempérament. Toujours est-il que la pratique se développe. Alors, sportif fauché, l’urban training, c’est pour vous !

* Run in the city/ chaque samedi à 10h45 au Jardin du Luxembourg à Paris

Nadia Moulaï