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Les spots publicitaires les présentent comme un formidable moyen d’ « augmenter », considérablement et immédiatement son pouvoir d’achat. Avec 9 millions de français concernés, le crédit revolving fait le bonheur des organismes de prêt et des commerçants. Pourtant, ses détracteurs dénoncent une spirale infernale, dangereuse, et le voient comme principal facteur du surendettement. Faut il ou non le supprimer ?
Le crédit revolving (appelé également crédit renouvelable ou crédit permanent) doit son attractivité à sa flexibilité et à son accessibilité. En effet, en quelques clics, le consommateur peut obtenir un prêt de plusieurs milliers d’euros, avec des mensualités alléchantes… Et à des taux frôlant l’usure (entre 15 et 21%), deux à trois fois supérieurs aux taux des crédits affectés… Ce crédit, souvent obtenu via une carte, met à la disposition de l’emprunteur une somme d’argent sur un compte particulier, dans laquelle il pourra puiser jusqu’à un certain plafond, au fil des remboursement.
Le surendettement des ménages serait donc intrinsèquement lié au crédit revolving, celui-ci représentant une véritable catastrophe économique et sociale. A la fin de l’année 2008, 2,5 millions de personnes étaient enregistrées dans le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP), ce qui dénote une grande difficulté des français à rembourser les dettes accumulées via ces crédits. L’UFC que choisir dénonce des modes d’emprunt difficiles à maîtriser, de par l’absence de mensualités fixes et d’échéances. De plus, prêteurs et vendeurs ne se préoccupent absolument pas d’un endettement préalable des familles ayant recours aux crédits renouvelables. De par la disponibilité des fonds et les taux extrêmement élevés, les sommes d’argent initiales sont bien souvent multipliées. Alice, salariée, a choisi un crédit revolving pour subsister pendant une période difficile. Une « liberté » qui lui coûte cher : sa dette, à l’origine de 2500 euros, avoisine les 5000 euros, et la jeune femme a encore quatre ans de mensualités devant elle!
Ainsi, dans le cadre de la lutte contre le surendettement, les associations de consommateurs, les syndicats et le PS demandent le retrait de ces crédits qui ruinent les plus démunis de manière irresponsable. Le crédit revolving constituerait purement et simplement une forme de vol, génératrice d’achat compulsif, ou encore une illusion par laquelle les organismes de prêt extorquent les revenus des foyers les plus modestes. Le député PS de l’Isère, François Brottes, a soumis en novembre une proposition de loi pour supprimer les revolving, rejetée par le gouvernement et par l’opposition.
Une suppression à laquelle la ministre de l’économie, Madame Lagarde, s’est opposée, arguant un nombre considérable d’emplois en jeu, notamment dans la vente par correspondance dont les entreprises réalisent 40% de leur chiffre d’affaire grâce à ces crédits. La ministre envisage donc l’encadrer, plutôt que de le supprimer, par le biais d’un projet de loi adopté par les sénateurs qui sera débattu à l’assemblée nationale au cours du mois de décembre.
Michel, 43 ans, est aussi tombé dans la spirale du crédit revolving : « Mon amie était une accro du shopping, et moi des voyages. Nous avons souscrit à plusieurs crédits permanents à partir 2002. Aujourd’hui, nos revenus ont diminué suite à une perte d’emploi de mon amie, et nos mensualités s’élèvent à 1800 euros pour des revenus d’à peine 3000 euros, nous sommes donc en situation de surendettement. Je n’ose même pas calculer le coût qu’ont représenté ces crédits ». Ce coût en effet est probablement supérieur à la somme empruntée au départ par le couple.
Et vous, pensez vous qu’il faut protéger le consommateur de la « fièvre acheteuse » générée par ces crédits, et de leurs conséquences souvent désastreuses, ou pensez vous que pour le bien de la communauté et de l’économie, il faut les maintenir et que le consommateur doit se responsabiliser lui-même ?
Juliette Speranza
Pour aller plus loin






















Je vais à ma banque (une des plus connues de France…) et je leur demande un petit prêt de 1000 euros remboursable sur 12 mois pour me sortir de la panade. J’avais les capacités de le rembourser.
Réponse affligeante du banquier: “vous n’avez pas assez de revenus pour emprunter 1000 euros sur 12 mois….MAIS…je peux vous proposer un crédit révolving de…7000 euros”
VERIDIQUE.
C’est du vol!
En prison les usuriers!!!
Il faut que les gens se rendent compte de leurs actes. Ce n’est pas au gouvernement de prendre tout le monde par la main en montrant ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Effectivement, les crédits revolving sont très néfastes si ils sont mal utilisés. Des taux d’intérets prohibitifs, et des frais divers (dossiers, assurances…) qui font qu’on ne rembourse qu’une toute petite partie du capital tous les mois. Malgré tout, ils ont une utilité en cas de problème temporaire. Il est très courant de devoir réaliser une grosse dépense au moment le plus inopportun de l’année et une crédit revolving permet de remédier à cette situation si on est à cours de liquidité.
Le problème provient essentiellement lorsqu’on utilise le crédit de manière permanente. C’est à ce moment-là que cela devient dangereux. L’exemple de l’article évoque bien la stupidité de certain face au crédit. “J’étais accro aux voyage et ma compagne au shopping”; dans ce cas, il n’y a pas grand chose à faire pour ceux qui croient qu’une carte en plastique permet de vivre comme un prince sans avoir à se soucier des conséquences.
Une dernière chose aussi en France, beaucoup préfèreront souscrire à une crédit à la consommation que de toucher à leur épargne. Certains me diront que la France qui épargne est un mythe mais malgré cela, je reste persuadé que nombre de personne qui possède un crédit revolving possède aussi des liquidités sur les livrets A et autres produits similaires. Mais en France, on préfèrera payer tout l’or du monde à un organisme de crédit que de toucher au sacro-saint Livret A même si ce dernier rapport 1,25% par an actuellement. C’est vrai que toucher à ce produit d’épargne est tellement douloureux quand on peux payer 20,94% d’intérêts sur une carte de crédit (ou crédit revolving ou crédit à la consommation… le taux ne varie pas beaucoup de toute manière)
1) les taux d’intérêt de ces crédits sont usuraires. Le risque n’excuse pas tout !
A 20 pour cent l’an, donc à au moins 15 pour cent l’an REELS défalcation faite de l’érosion monétaire et des frais liés aux risques, le capital prêté est multiplié par 4 en dix ans, donc par 16 en vingt ans et par plus de 64 en trente ans. Le système draine donc la monnaie vers les prêteurs et paupérise mécaniquement non seulement les emprunteurs mais l’ensemble de la société, car le gonflement des bilans des prêteurs ne correspond à aucun travail, à aucun enrichissement concret, à aucune invention, il est purement comptable, ce n’est que de la mauvaise graisse financière. La paupérisation des revenus du travail et des entreprises entraîne mécaniquement l’augmentation de la masse monétaire (par les inévitables revendications qui en résultent chez la masse spoliée), donc fait flamber l’érosion monétaire, ce fléau des monnaies.
2) L’autre pratique peu scrupuleuse de ces crédits est l’absence de vraie comptabilité où les emprunteurs pourraient lire clairement ce qu’ils paient en capital et intérêts. Les prêteurs déterminent eux-mêmes les flux de remboursements et envoient des relevés hermétiques où ne figurent aucune datation précise des périodes où dont calculés les intérêts, ni sur quel capital ils le sont, ni quel mécanisme précis justifie ces calculs. Les emprunteurs même instruits sont dans l’obscurité la plus totale.
Or quand on examine avec soin cette comptabilité (j’ai eu accès à l’une d’elles), on détecte vite des manipulations qui augmentent les intérêts dûs et font souvent dépasser au prêt en question le taux légal de l’usure ! ces manipulations portent sur les dates d’application des intérêts et sur les sommes à partir desquelles ils sont calculés.
On y remarque en outre que les prêteurs calculent systématiquement les mensualités dues de manière à maximiser le cumul du remboursement total. Il n’y a aucune limite à ce cumul ; si la loi ne limitait pas la durée des revolvings, un emprunteur naïf pourrait très bien rembourser au total 20 000, 30 000 ou même 100 000 euros pour 1000 empruntés ! il suffirait pour cela de calculer les mensualités pour qu’à chaque remboursement, ne soit amortie qu’une part infime du capital emprunté.
Une anecdote : un ami à moi avait emprunté 1250 euros en 2005, qu’il remboursait à raison de 36 euros par mois, au taux de 21,4% l’an. Après 36 mois de remboursement, il devait encore près de 647 euros et il lui restait 24 mensualités à payer. Le coût total de son crédit était donc 2150 euros (sur 60 mois). Il reçut alors une lettre l’informant d’une ‘bonne nouvelle” : ses remboursements passeraient désormais à 20 euros par mois. Ce qui portait à 50 le nombre des mensualités restant dues, et le coût total du crédit à 1000+1296=2296 euros au lieu de 2150.
J’ai dit à cet ami de demander au prêteur, par lettre RAR, une comptabilité exhaustive du prêt depuis le début, et d’arrêter les remboursements en cas de refus. Le prêteur, depuis 14 mois, ne répond pas, et visiblement préfère ”perdre” 647 euros qu’avoir à s’expliquer sur les petites manips qui lui permettent de dépasser le taux légal de l’usure. J’ai mis ”perdre ” entre guillemets car le prêteur a déjà reçu 1296 euros de remboursement en 36 mois pour 1250 empruntés, ce qui correspond à un prêt amortissable classique à un taux de 2% l’an, taux qui dépasse déjà celui des augmentations de salaires de la majeure partie de la population….
La place me manque ici pour dénoncer les mauvaises pratiques des prêteurs en matière d’assurance-remboursement. J’ai vu des dossiers scandaleux, qui portent le taux réel du crédit à près de 30% l’an !
CONCLUSION : pour rendre le revolving honnête, il suffit de décréter trois dispositions :
1) même plafond du taux de l’usure pour les revolvings que pour les prêts amortissables classiques, soit environ 10% (ce qui est déjà très joli !)
2) obligation pour les prêteurs de fournir aux emprunteurs une comptabilité claire par relevés mensuels détaillés, où l’on puisse lire exactement les calculs de taux d’intérêts appliqués ainsi que leur justification. Cette obligation doit être assortie d’une information sur les choix qui s’offrent aux emprunteurs pour modifier à tout moment, moyennant un préavis de un à trois mois, leur rythme de remboursement. Bien entendu, l’emprunteur doit pouvoir à tout moment rembourser sans pénalité le capital restant dû, moyennant le préavis ci-dessus.
3) interdiction pour les prêteurs de se coupler avec une société d’assurances pour assurer les emprunteurs.
J’ai lu que l’opposition, comme la majorité, a refusé de supprimer les crédits revolving. Pour juger ce à quoi elle s’oppose vraiment, il suffit de la mettre au pied du mur sur ces trois propositions.
Interdire ?
Un bien grand mot.
Profitons-en pour interdire l’alcool, le tabac, les usines polluantes, les immeubles de plus de 4 étages, le travail en usine, les 3/8 et j’en passe.
J’ai personnellement déjà fait un crédit revolving, mais c’était sur un an, au moment de mon emménagement où j’ai eu énormément de dépenses d’un coup. Donc, oui, cela peut être utile, mais utilisé à bon escient !
Ma soeur, adepte du shopping, s’est laissée avoir par tous ces crédits révolving, ces cartes des magasins avec lesquelles il est si simple d’acheter… Résultat : elle se retrouve en surendettement et a du faire passer son dossier à la Banque de France… Plus de cartes de crédit, plus de prêts, emprunts étalés, et tout cela sur 10 ans ! Jusqu’où faut-il aller pour se rendre compte qu’il est grand temps de s’arrêter !
Alors, en effet, ces organismes vous ont pas prit la main pour signer mais, par contre ils on tout fait pour que vous signez avec leur continuelle pub sans limite dans les boîtes à lettre ou les affichages à outrance sur les lieux de vente etc…
Serge il faut faire racheter ton crédit auprès d’un etablissement sérieux comme La Poste par exemple?
Quand a vero n’importe quoi!
En France, ce n’est jamais la faute à personne mais celles des autres. Et bien, je trouve ça trop facile. Les clients étaient au courant mais leur avarice a pris le dessus et bien qu’ils assument au lieu de se lamenter sur leur sort. Comme l’a dit un ministre de l’économie: “les pauvres, si ils sont pauvres c’est de leur faute.” Le prêteur leur a fait confiance et les clients en ont abusé, il faudrait plutôt punir les clients car lorsqu’on ne rembourse pas sa dette, c’est du vol.