Obtenir une place en crèche relève presque du miracle. Du coup, beaucoup de parents optent pour les assistantes maternelles agréées. À l’origine, vous et moi pouvions nous improviser nourrice mais, depuis les années 70, le métier s’est professionnalisé. Et tout cela a un prix…
De redoutables négociatrices ! C’est la réputation dont jouissent certaines nounous. Lydia et Samuel, tous deux 32 ans, en ont fais les frais… sans mauvais jeu de mots. Chloé, leur petite fille de 10 mois est gardée par une assistante maternelle agréée depuis 6 mois. « J’ai profité de mon congé maternité pour chercher une nourrice pour mon bébé », confie celle-ci. Pas une mince affaire, à écouter la jeune maman. Sur le marché des nounous, tout se négocie et elles le savent bien. « La difficulté, c’est de trouver la perle qui s’occupera bien de ma fille et en même temps quelqu’un de correct du point de vue du tarif », explique Lydia. Avec 3 500 euros de revenus mensuel à deux, les discussions avec l’assistante maternelle ont été serrées avec un paramètre qui vaut pour les deux partis : ne pas dépasser le plafond de la caisse d’allocations familiales.
La grille de tarification instaurée par le législateur est plutôt complexe. C’est un peu le prix à payer de la professionnalisation de ce métier. « Il faut distinguer les assistantes maternelles en crèche familiale et les assistantes maternelles agréées libérales, qui fixent leur prix elles-mêmes », souligne une élue en charge de la petite enfance dans le Val-d’Oise. Dans ce dernier cas, la grille des tarifs est plutôt complexe. « Ces assistantes maternelles agréées n’ont pas intérêt à dépasser 5 heures de smic brut dans la journée soit 44,10 euros. » Ainsi, parents et assistante maternelle agréée peuvent percevoir les prestations de la caf. « Si je laisse mon enfant 8 heures, je divise la somme des 5 heures par la durée de la journée. Le but étant que le taux horaire soit supérieur à 2,48 euros au minimum, mais ne dépasse pas la limite maximale », poursuit-elle. Un cadre fixé par la loi. Le problème, c’est que certaines nounous aimeraient bien gagner plus d’argent en moins de temps. L’idéal serait de faire des journées plus courtes, leur taux horaire augmenterait alors. Or, en pratique ce n’est pas possible. Elles ne peuvent aller au-dessus du maximum fixée par la caf.
« On est bien dans un système bancal », concède Véronique, responsable d’un relais assistante maternelle dans les Hauts-de-Seine. Et la facture pour les parents peut monter facilement. Car à ce taux horaire s’ajoutent les frais liés au logement de l’assistante (eau, chauffage, électricité) et aux fournitures (couches, puériculture, jouets éducatifs). Chaque parent devra débourser 2,81 euros par enfant gardé et par journée, qu’elle dure deux, quatre ou neuf heures. Tout se joue alors pendant la négociation entre parents et nounou. Du coup, certains parents ont le sentiment d’être soumis au bon vouloir des nounous.
Autre point bancal de cette grille de tarifs, « que la nounou travaille neuf heures ou dix heures, à la fin de la journée, elle touchera le même salaire. C’est donc plus intéressant pour elle de travailler moins ! », insiste Véronique. « Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité, prévoit de modifier ce forfait », se réjouit-elle. Une nouvelle qui devrait arranger tout le monde !
Nadia Moulaï
Pour aller plus loin


Dans les grandes villes, il est tellement difficile de trouver une assistante maternelle pour garder ses enfants que certaines en profitent pour tirer les prix vers le haut… Pour Écotidien, Nadia est allée se renseigner sur leurs méthodes.




















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