« N’être plus écouté : c’est cela qui est terrible lorsqu’on est vieux », écrivait Albert Camus. La vieillesse est en peu de temps devenue synonyme de solitude et de dépendance. Il n’en demeure pas moins qu’en 2009, alors que les français affichent une espérance de vie de 77,5 ans pour les hommes et de 84,3 pour les femmes, nous devons nous incliner devant l’évidence que constitue le vieillissement de la population*. Actuellement, 16,5% de la population nationale a plus de 65 ans, et, si l’évolution se maintient, en 2015, environ 2 millions de personnes seront âgées de plus de 85 ans.
Cependant, il n’est pas dans l’ air du temps d’être « vieux », et la tranche d’âge des plus de 75 ans se retrouve exclue de la famille, et surtout dans la société. Alors qu’en occident elles sont bien souvent out , en Afrique (où elles sont certes beaucoup moins nombreuses) , les personnes âgées sont détentrices d’un savoir transmis plutôt oralement. La formule d’Amadou Hampâté Bâ témoigne de cette présence prépondérante des vieillards dans l’éducation et la tradition africaine «En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle ». En France, où règne, comme dans le reste de l’occident la rapidité, la productivité et la « modernité » la tranche d’âge des séniors est bien souvent rejetée de la famille, et surtout de la société. Certains professionnels déplorent des mauvais traitements, un manque de dignité et une désocialisation, en somme une « maltraitance de la personne âgée ». La maltraitance pouvant désigner aussi bien des violences physiques ou psychologiques, mais aussi des négligences quotidiennes conscientes ou inconscientes. Parmi ces maltraitances se dégage le phénomène de dénutrition du sujet âgé, qui engendre une mortalité 4 à 8 fois supérieure à un sujet en bonne santé..
Qu’il s’agisse de « grande dépendance » (touchant environ 5% des personnes âgées) ou de « fragilité » (touchant 20 à 25% des personnes âgées), la vieillesse s’accompagne bien souvent d’une perte d’autonomie, à laquelle il est difficile de pallier. Cette perte d’autonomie entretient un lien d’interdépendance avec la dénutrition, phénomène qui se retrouve à domicile comme en établissement spécialisé. Selon l’Afssa, il touche et 20 à 30% des personnes âgées dépendantes à domicile ou vivant en institution. La dénutrition représente un déficit des apports nutritionnels, en nutriments et en micronutriments par rapport aux besoins de notre organisme. Elle est souvent liée au fait que les personnes âgées concernées ne veulent ou ne peuvent pas manger seules. Lorsqu’en institution, elles ne bénéficient d’aucune aide ou sollicitation, on parle d’une maltraitance, tout comme pour les repas trop pauvres en apports nécessaires.
Ses conséquences sont multiples, parmi lesquelles la fonte musculaire, l’altération des défenses de l’organisme, l’épuisement, et une dépendance accrue. Elle se manifeste souvent par des escarres, par une perte de poids supérieure à 5% en 3 mois, ou de 10% en 6 mois. Un IMC inférieur ou égal à 21 est également un signe de dénutrition. Pour les professionnels, il est urgent de corriger les carences liées à la dénutrition. Pour ce faire, l’Afssa, préconise d’augmenter les apports nutritionnels recommandés pour les personnes âgées (normalement de 36 kcal/kg/j et 1 g/kg/j de protéines) à 40 kcal/kg/j et 1,5 g/kg/jour de protéines en prenant compte de divers facteurs. Il est important de rappeler aux personnes âgées qu’elles ont besoin de tous types d’aliments, y compris œufs et laits. Et surtout de réhabiliter, surtout en institution, le plaisir de manger.
*chiffres INSEE
Juliette Speranza
Pour aller plus loin


En ce jour férié, Ecotidien se penche sur la dénutrition des personnes âgées fragiles, phénomène qui touche 20 à 30% d'entre elles. Quels sont les signes avant-coureurs ? Quels solutions pour y remédier ?




















Certains points me froissent, vous dites : “Cependant, il n’est pas dans l’ air du temps d’être « vieux », et la tranche d’âge des plus de 75 ans se retrouve exclue de la famille,” ou encore : “En France, où règne, comme dans le reste de l’occident la rapidité, la productivité et la « modernité » la tranche d’âge des séniors est bien souvent rejetée de la famille” et vous comparez avec l’Afrique!
Je vous invite fortement à lire si ce n’est déjà fait ou à relire les commentaires pour l’article “Maisons de retraite : un luxe?” posté de 23 Septembre par Nadia Moulai. Vous verrez que justement, le pouvoir d’achat des familles ne faisant que diminuer, les plus de 75 ans ne sont pas exclus de la famille comme vous le dites mais la plupart du temps leurs propres enfants sont eux-mêmes agés – à la retraite- donc pas forcément en mesure aussi bien physiquement que financièrement de prendre en charge leurs parents. De plus vous parlez vous-même de la perte d’autonomie de ces personnes qui peut engendrer la dénutrition, parmi les très nombreux autres problèmes qu’engendre la grande vieillesse, il est donc logique que les familles se trouvant confrontées à cela sont bien souvent démunies. Le contexte économique faisant que souvent dans les familles ‘actives’ autant l’homme que la femme doivent travailler, qui s’occupe pendant ce temps de la personne agées qui a besoin d’une présence pour se nourrir et souvent pour bien d’autres choses?
Le fait que vous puissiez faire un telle généralité en disant que ‘la tranche d’âge de 75 ans se retrouve exclue de la famille’ ou que ‘la tranche d’âge des séniors est bien souvent rejetée de la famille’ me choque profondément surtout lorsque l’on voit comment certaines familles se démènent pour s’occuper tant bien que mal de leurs parents très agés et finissent souvent en désespoir de cause, à bout de souffle et épuisés par les ‘institutionnaliser’ ce qui engendre culpabilité et chagrin (et difficultés financières).
Il est par ailleurs absolument hors propos de comparer ces situations avec l’Afrique où l’espérance de vie n’a strictement rien à voir avec celle de notre pays et où l’économie est en tout pour tout différente ainsi que le mode de vie.
Je voulais également vous préciser que je suis infirmière et que je connais bien le problème de la prise en charge de la personne très agée ( on parle même de 4e âge) qui existe en France.
Le reste de l’article qui ne mentionne que le problème de la dénutrition en lui-même est quant à lui assez correcte mais je pense qu’il y aurait quand même plus de choses à dire, ça ressemble trop à un résumé, vous faites bien vite le tour du problème.
Juste un détail : J’avais laissé un commentaire le 23 Sept. à 15h23 sur l’article parlant du prix des maisons de retraite.
il s’agissait non pas d’accuser les familles à titre individuel, mais de dénoncer un fait culturel.
D’autre part j ai bien concédé dans mon article qu’en Afrique les personnes âgées étaient beaucoup moins nombreuses qu’en France par exemple. Quant à ce rejet de la vieillesse, de nombreux sociologues et observateurs des temps modernes soutiennent ce phénomène, je pense qu’il n’est plus à prouver.
Cela ne signifie pas que certaines familles prennent grand soin de leurs ancêtres.
-Vous oubliez d’au moins citer la première cause de dénutrition : les troubles cognitifs. On rappellera que la maladie d’Alzheimer touche près d’un million de français, surtout après 75 ans. Parfois les vieux ne mangent pas simplement parce qu’ils ont perdu la notion de l’heure ou ne ressentent plus la faim ou n’ont plus les capacités nécessaires pour faire leurs courses et la cuisine.
-Vous faites un hors sujet total sur ce poncif de la vieillesse abandonnée par les familles contrairement en Afrique : un vieux qui meurt en Afrique a souvent moins de 75 ans, et pour un vieux, on trouve des dizaines de jeunes à qui ça ne coute pas trop de s’en occuper. Vous seriez par ailleurs surprise de constater que de nombreux vieux africains meurent dans des circonstances sociales peu enviables.
Je suis gériatre hospitalier et spécialiste de la maladie d’Alzheimer. Si la dénutrition et les maladies neurodégénératives touchent respectivement 20 et 15% des plus de 75 ans, ce sont des facteurs de risque très important d’hospitalisation, puisquà l’hôpital, ces chiffres montenent à 60 et 50% !
La meilleure détection de la dépendance reste le bilan gériatrique à conseiller à toute personne de plus de 75 ans qui présente des troubles aussi divers que trous de mémoire, amaigrissement, déprime, incontinence, essoufflement à l’effort, arthrose invalidante ou faible revenus.
Le pire ennemi du sujet âgé, c’est le fatalisme : le sien, celui de son entourage, et celui de la société.
quant à l’afrique, peut être cela vous a-t-il semblé un peu rapide, mais l’objectif du parallèle était bien de démontrer les différentes façons d’aborder la vieillesse d’une culture à l’autre.
“d’une perte d’autonomie, à laquelle il est difficile de pallier” : on dit pallier quelque chose, et non pas pallier à quelque chose. Il aurait donc fallu dire “qu’il est difficile de pallier”.
Pour le fond de l’article,le manque de respect envers les personnes âgées, comme celui envers les victimes, est rélélateur du dégré inhumanité et d’arrogance d’une société et de sa pauvreté spirituelle. C’est honteux d’avoir à lire des articles de ce genre au 21e siècle. La sagesse n’a rien à voir avec la connaissance, et il est temps de lui rendre sa place. Nous qui méprisons nos vieux, sommes nous plus heureux qu’ils ne l’ont été? Ma grand-mère avait travaillé dur et souffert des 2 guerres. Jamais je ne l’ai pourtant connue malheureuse. Elle est morte dans une maison de soins où le personnel la méprisait et où la plupart du temps elle restait dans ses habits souillés. Quelle honte, quelle honte.
merci pour cette correction, et pour votre témoignage.
Souvent la dénutrition est secondaire (à partir de 75 ans ) à une démence sénile, une maladie telle que Parkinson ou Alzheimer, à une désorientation temporo-spatiale, ou à une chute ayant entrainé une fracture…. entre autres. Elle est également due au fait qu’avec la vieillesse le corps assimile beaucoup moins bien les nutriments, fixe moins le calcium, par exemple, et se déshydrate plus rapidement. Je pense qu’à partir d’un certain âge toutes les personnes âgées devraient recevoir des compléments alimentaires avec les vitamines qu’il faut pour bien les assimiler; car même en se nourrissant correctement cela suffit rarement à combler tous les besoins de ces personnes. Je sais aussi que c’est difficile à mettre en place car la plupart des personnes de ces âges-là on malheureusement déjà un grand nombre de médicaments à prendre chaque jour…
Et je ne comprends pas le rapport entre ce problème et la mention qui est faite de l’Afrique qui est le continent où la population est la plus jeune au monde!… Moyenne d’âge 25 ans…?!? Vraiment, où est le rapport avec notre pays et le problème cité??? Justement, question dénutrition, par contre, on ne pouvait pas tomber mieux… Pays où la faim tue encore chaque jour et où même les bébés sont bien souvent mal-nutris, je n’ose imaginer comment sont nourris les vieillards, d’ailleurs certainement une des raisons pour laquelle ils sont si peu nombreux. C’est sur que dans une famille où la nourriture manque, on va d’abord privilégier les enfants et les personnes bien portantes qui peuvent travailler et apporter un subsistance que les vieillards… La plus grande partie de la population n’a d’ailleurs pas accès aux soins médicaux, aux médicaments ou même tout simplement à l’eau courante potable…
Bref, non seulement c’est hors propos mais même presque indécent de faire mention de ce continent sachant que là-bas, avoir 50 ans c’est déjà très vieux et presque un miracle d’être toujours vivant ( quand ils n’ont pas été emportés avant par la faim, la soif, la guerre, le sida le paludisme la dysenterie ou autre maladie…) Et nous à côté on se plaint des problèmes de santé publique qu’engendre la grande vieillesse? ça ne vous choque pas?
Dire que les vieux en France sont placés en marge de la société, c’est vraiment peu dire, et une réalité aussi tangible que celle de la fonte des glaces dans les régions polaires.
J’ai toujours été abasourdi, et le reste encore, qu’on ait pu – sur un période pic de chaleur – perdre 15.000 personnes âgées (pas sûr du chiffre, signe que mon esprit le refuse)
inadmissible pour un pays aussi moderne que le nôtre, où – excusez l’expression – “l’on pète dans la soie” : personne n’a trop voulu et ne veut se pencher sur le problème, c’est trop gênant, mais enfin ça en dit long, tant sur le comportement des proches que – là je m’adresse à david – des institutions dites “spécialisées”…
Mais restons à l’humble niveau d’expérience qui est le mien :
je voyage beaucoup, dans le grand Maghreb (du Maroc à l’Ethiopie), en Afrique, en Asie…
Force pour moi de constater que les vieux y sont entourés, ils meurent doucement au milieu de leur famille, familles restreintes dans les maisons exigues des médinas, familles au contraire grouillantes comme en Inde, familles multi-générationnelles de l’Afrique où cohabite une bonne quarantaine de personnes dans un espace ponctué de cases : allongés sur des grabats à même le sol, sans soins médicaux – misère oblige-,
les vieux sont malgré tout nourris, lavés, entourés des proches, des enfants, des chats et des poules, ainsi participent-ils à la cacophonie ambiante de la famille : c’est pas “le top”
mais au moins ne sont-ils ni exclus ni privés de chaleur humaine !
Dire qu’ils meurent jeunes, je souscrivais à cette idée car elle est indéniable… mais avec ce correctif :
les enfants et les adultes tout autant que les vieux “meurent jeunes” dans ces pays.
L’expérience fait que je souscris moins à ce poncif : j’ai trop rencontré de vieillards centenaires, mais à l’oeil vif et qui me tendaient lestement la main quand je m’approchais de leurs grabats…
Chaque fois, je m’interrogeais : “Et si ce vieux, cétait moi…?”.
Chaque fois je me sens incapable de me déterminer, car des images de notre bonne vieille société française affluent dans mon esprit… et me serrent le coeur !
Très honnêtement, comment les jeunes nous considèrent-ils ?
que vaut dans ma propre famille mon opinion ?
c’est simple : on est là, encore là, mais comme des morts-vivants, en fait “on ne nous voit pas ! ” comme le soulignait je ne sais plus quel auteur…
J’ai été amené à fréquenter – en visiteur – quelques maisons de retraite (une riche et une disons “populaire”). J’ai été choqué. On subodore des petits trafics où véhicule l’argent,
des gestes qui traduisent des habitudes de violence, on lit la peur dans les yeux des patients, et en toile de fond un motus général, une omerta qui fait qu’en définitive, chacun reste bien propre sur lui.
Je suis désolé de le dire et de choquer : mais il me vient toujours cette image-cauchemar surprise un jour aux actualités de la télé… la caméra filme un abattoir, des vaches qu’une chaîne soulève par une patte pour les amener sur le lieu où la main bien propre qui tient un pistolet bien propre va proprement les achever…
En conclusion, un voeu me lancine : je souhaite sincèrement crever avant que d’aller
dans une maison de retraite. Quant à la mort, quelle vienne quand la nature le voudra.
En attendant je ne vois pas l’intérêt de me raccrocher à la vie, d’en repousser la limite…
Toutefois, ce n’est pas cet indicateur en tant que tel qui est important (on peut avoir eu un IMC assez bas toute sa vie durant sans que cela soit inquiétant), mais son évolution ! Une baisse importante en un espace de temps réduit doit alerter le personnel soignant comme l’entourage.
Par contre je ne souscris absolument pas à votre tableau apocalyptique et généralisant sur les maisons de retraite.
Loup blanc : on ne parle pas de top modèles mais de personnes âgées. L’IMC idéal (pour avoir la meilleure santé possible) après 75 ans est entre 23 et 27, et on parle de dénutrition en dessous de 21. 18,5 c’ets bien pour les jeunes sportives en maillot de bain, alors que c’est en général associé à de graves maladies dans le grand âge.
L’évolution de l’IMC c’est bien quand on la connaît, mais sinon, un chiffre brut peut être une très bonne indication comme le dit Speranza.
“Le pire ennemi du sujet âgé, c’est le fatalisme : le sien, celui de son entourage, et celui de la société.”
Je suis en parfait accord avec votre dernière phrase qui reflète le noeud du problème, on peut le constater partout et dans la majorité des cas. M’étant battue pour ma mère qui est décédée à 95 ans et voyant ce qui se passe autour de moi en ce qui concerne les personnes âgées que je côtoie, vous mettez le doigt sur l’essentiel.
Quand même le médecin de famille répond à la personne âgée “on n’y peut rien…c’est l’âge”, quand ce même médecin suprime les séances de kiné, les passages d’infirmières parce que de toute façon, l’âge est là et qu’ on n’y peut rien…quelle souffrance pour ces gens qui, n’ayant plus rien à attendre que la mort, perdent toute envie de se battre…alors pourquoi manger ??
Je crois qu’il n’y a rie d’autre à ajouter et c’est contre cela qu’il faut lutter.
stop a lazllongemnt de la duree de vie!
lamentable ces loques en fauteuil dans la maisons de retraites!!
Je dois dire que je n(aimerais pas vivre comme ça, il n’y a pas assez de gensd pour les faire manger, et il n’y a pas assez de temps pour les stimuler.Ils sont lents et j’ai mal au coeur, mais on nous force a les faire avaler plutot que manger.
ILs n’ont pas le temps de manger, car il y a un timing. C’est malheureux de travailler toute sa vie, et finir comme ça, j’ai arrêter de travailler en maison de retraaite. Au fait, je suis africaine.
Bonjour,
Merci pour cet article! Je connaissais peu de choses sur la situation des personnes agées en France.
Je trouve que c’est triste que des personnes agées qui ont encore de la famille soient abandonnées dans des maisons de retraite, et que lepersonnel des maisons de retraite se conduisent mal avec ces vieillards. Je trouve ça innaceptable alors qu’on se dit “une société avce la prétention d’être démocratique et avancée”.
Et je suis désollée de le dire, mais je vous crois 100% que les personnes agées aient un meilleur sort, de la part de leurs enfants, en Afrique.
A partir du moment où la personne présente un voire plusieurs des problèmes cités, comment peut-on se permettre de jeter la pierre aux familles, qui totalement désemparées et démunies face à la situation, décident à contre cœur et souvent en dernier recours à ‘placer’ la personne?
Qui sommes-nous pour juger? Ce n’est que lorsque l’on est soi-même confronté à cette situation qu’on peut réellement comprendre tout ce qu’implique le fait de garder chez soi et s’occuper à plein temps d’une personne très âgée dépendante…
Les personnes âgées ne sont pas ‘abandonnées’ (bien que parfois ça puisse arriver) dans les maisons de retraite, mais la plupart du temps elles sont prisent en charge par les professionnels quand la famille à tout tenté pour garder la personne le plus longtemps possible et que les problèmes engendrées par l’âge font qu’ils ne peuvent plus faire face, autant physiquement que moralement et financièrement.
Sachant que souvent dans les instituts il manque cruellement de personnel, malheureusement il arrive souvent que les personnes les plus dépendantes ne soient pas correctement prises en charge, surtout en regard du coût des séjours… Les familles qui s’en rendent compte sont encore plus désespérées… Mais que peut-on faire?
Il faudrait que quelque chose soit fait pour que ces personnes puissent rester le plus longtemps chez elles (le mieux serait jusqu’à la fin) avec l’intervention des soignants à domicile. Ou bien qu’on généralise les hébergements ‘familiaux’, c’est- à-dire les accueils de 2 ou 3 personnes dans des maisons ou le personnel se relaie jour et nuit.
En tout cas, tout cela est bien compliqué et il faut se garder de faire des conclusions trop hâtives.
Et ce n’est pas que la professionnelle qui parle car j’ai été moi-même confrontée à ce problème. Ma grand-mère avait la maladie d’Alzheimer et heureusement une de mes tantes a pu la garder chez elle jusqu’à la fin. Cela a été extrêmement difficile et si cela a été possible c’est grâce au fait qu’elle avait suffisamment d’espace chez elle et qu’elle ne travaillait pas. Il fallait malgré tout qu’un professionnel intervienne quelques heures tous les jours pour la soulager, sachant qu’elle était épuisées à la fin par cette situation (et parce qu’elle avait déjà 60 ans et des problèmes de santé avec un mari grabataire lui-même). Et il a fallut que toute la famille se cotise et participe financièrement chaque mois pour faire face aux dépenses engendrées par cette situation (avec parfois des hospitalisations du fait qu’il devenait de plus en plus difficile de la faire manger et qu’elle tombait donc facilement malade à cause de la dénutrition).
Je suis très reconnaissante à ma tante pour ce qu’elle à fait, c’était très courageux mais je comprendrai aussi que d’autres personnes ne soit pas capables d’en faire autant.
J’aurais été moi-même incapable d’en faire autant, notre appartement est trop petit, je travaillais ainsi que mon mari… Je ne vois pas comment nous aurions fait. Ma mère quand à elle a presque 60 et elle est malade (rhumatisme inflammatoire des articulations) et mon père travaille encore, leur appartement est petit.
Alors, qui dit mieux? Qui est assez sûr de lui pour affirmer qu’il fera mieux que tous ceux qui sont déjà passé par là et qu’il gardera sa grand-mère ou sa mère jusqu’à la fin quelques soient les conditions?
Que ceux-là jettent la pierre…
je viens vous dire mon expérience avec une personne agée : ma belle mère.
son fils (58 ans, moi 42 ans et nos 2 filles agées de 11 et 7 ans) vivons sous le même toit.
ma belle mère ne parle plus (mari violent), ne veut plus manger, ou alors il lui faut 40 mn en l’aidant,en lui diant de macher, de boire.
mais dès qu’elle mange du sucré là tout va. aussi, meme si ce n’est pas évident, car entre les repas à heures différents, et le temps que cela me prend, votre article oublie de signaler que ces personnes n’ont plus la notion de faim ou de soif, et que mangé , alors la cuisine est un moment convivial, devient une agression ou pire de l’indifférence.
nous assumons d’avoir mamie encore à la maison, et ce n’est pas une question d’argent, juste un retour des choses.
les personnes agées, sont ml considérées, car l’hygiène n’est plus leur préocupation, si tant qu’elle en ait une, et manger devient une obligation.
je ne vous parle même pas de l’acharnement à les alimenter alors qu’elles se retrouvent sans mari et veulent les rejoindre.
ouvrons un peu les yeux et le coeur, pour voir que malgré toutes les associations, et toute la bonne volonté de chacun , manger c’est vivre, et sans envie il n’y a que de la survie.
merci de m’avoir lu