La population vieillissante, l’augmentation de l’espérance de vie et l’arrivée aux portes de la retraite de la génération d’après-guerre met sérieusement à mal l’équilibre du système des retraites par répartition. Aussi, il est judicieux de prévoir dès aujourd’hui, pour une partie de ses revenus tout au moins, une retraite constituée par de l’épargne individuelle. De nombreux produits d’épargne sont proposés à ceux qui souhaitent se constituer un capital disponible au moment du départ à la retraite, ou transformable en rente qui sera ensuite versée mensuellement ou trimestriellement à l’acquisition des droits. Gestion de portefeuilles-titres, souscription à un PER ou un PERCO, assurance vie, chacun présente des avantages et des inconvénients qu’Écotidien a décrypté pour vous.
Pour vous assurer une retraite sous les cocotiers, les marchés financiers sont une opportunité. Soumis aux fluctuations quotidiennes des bourses mondiales, votre pécule évolue de jour en jour en fonction des produits boursiers que vous aurez choisi seul, ou en étroite collaboration avec votre banquier, mais sous votre seule responsabilité ! À déconseiller donc aux amateurs et aux joueurs aux mains tremblotantes, accros du casino et des jeux à gratter. La bourse, c’est du sérieux ! Analyse des marchés, statistiques, suivi du news-flow (flux d’informations) des sociétés figurant à votre portefeuille seront désormais votre quotidien, si vous voulez gérer au mieux votre bas de laine. Si vous vous sentez donc l’âme d’un trader et souhaitez être complètement impliqué dans le capital que vous souhaitez vous constituer, alors nul doute, la gestion d’un portefeuille-titres est faite pour vous. Une fois ouvert votre portefeuille, à vous les marchés financiers.
Des placements qui s’effondrent
Avec les risques que cela comporte bien sûr. La crise dessubprimes et ses conséquences sont encore bien présentes et nombreux sont les épargnants à la retraite qui ont pâli en voyant leur capital s’effilocher dans des proportions vertigineuses. Nombre d’actions ont vu leur valorisation s’effondrer au-delà de 100 %…
Parmi les différentes possibilités de gestion de portefeuille : le PEA ou plan d’épargne en actions. Accessible à tout particulier, celui-ci est constitué d’un compte-espèces (où vous gardez vos liquidités) et d’un compte-titres, où vous cumulez vos différentes valeurs mobilières. Le plafond des versements, sur votre compte-espèces s’élève à 132 000 euros pour une personne seule, 264 000 euros pour un couple. Par les achats et ventes d’actions réalisés, ainsi que le versement de dividendes et d’avoirs fiscaux, le solde de votre compte pourra, si vous avez correctement investi, dépasser ce plafond. En optant pour ce système vous faites également une action « euro citoyenne » puisque seules les actions cotées émises par des sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne sont éligibles au PEA.
Placements : attention à la fiscalité
Profitant d’un cadre fiscal privilégié, votre PEA, s’il est conservé pendant 8 ans au moins, n’est soumis ni à la fiscalité sur les plus-values, ni à la fiscalité sur les revenus du portefeuille. Pour les retraits intervenant avant 8 ans, le PEA suit un niveau d’imposition dégressif selon la durée de possession. La récente crise a permis aux acheteurs malins et observateurs de faire acquisition d’actions fortement dévaluées, au plus fort de la psychose boursière, et de les voir désormais rebondir très fortement. Mickael, jeune boursicoteur, nous livre son bilan en demi-teinte : « J’ai commencé à alimenter mon PEA en 2006. Après quelques « allers-retours » dans le domaine des énergies vertes, j’ai ainsi vu mon capital augmenter d’environ 30 % et parvenir à environ 4 500 euros de liquidités. J’ai alors voulu investir dans un secteur de pointe, la bulle des biotechnologies qui avait le vent en poupe en 2007. Après quelques variations j’ai vu mon capital se réduire à 1 300 euros au plus fort de la crise ! Aujourd’hui je suis obligé d’attendre que les cours remontent et je suis encore à 20 % de perte… »
Votre employeur peut investir pour vous
Si les émotions fortes et l’hypothèse d’une perte totale de votre capital vous font frémir, optez plutôt pour le PERP ou le PERCO si votre entreprise le propose. Apparus avec la loi Fillon sur la réforme des retraites, le PERP (plan d’épargne retraite populaire) , et le PERCO (plan d’épargne retraite collectif) sont des produits d’épargne retraite à long terme. Le PERP est un contrat d’assurance souscrit à titre individuel. Ouvert à tous, il permet de vous constituer un complément de retraite en effectuant des versements réguliers jusqu’à l’âge de la retraite. Dès l’acquisition des droits, votre argent épargné se voit transformé sous la forme d’une rente viagère personnelle, en complément de votre retraite générale et de votre retraite complémentaire. Le PERP est également un excellent produit de défiscalisation puisqu’une partie des cotisations versées est déductibles des impôts, dans la limite de 10 % de votre revenu imposable (après abattement des 10 % pour frais professionnels), et ce, dans la limite maximale de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.
Le PERCO, quant à lui, s’inspire du PERP à la différence que celui-ci est destiné aux entreprises souhaitant offrir à leurs salariés une possibilité de complément de retraite. Il est mis en place dans une entreprise après un accord collectif ,et à l’instar du PERP, une rente est disponible à l’âge du départ à la retraite. La différence majeure réside dans l’abondement que l’entreprise peut octroyer en complément du versement effectué par le salarié, un fonctionnement très similaire au PEE (plan d’épargne entreprise) en somme…
Assurance vie: une alternative moins risquée
Autre placement très plébiscité, et de loin le favori des français : l’assurance-vie. C’ est un contrat souscrit auprès d’un assureur, lequel s’engage envers une personne, « le souscripteur », moyennant le versement d’une prime, à payer un capital ou une rente viagère à l’assuré et en cas de décès à un tiers désigné, dénommé « bénéficiaire ». Le contrat d’assurance vie prend effet dès le premier versement de la première prime. Un contrat d’assurance vie peut proposer soit des supports en euros, soit des supports en unités de compte (sicav, fcp…). Dans le cadre du contrat d’assurance vie, vous devrez désigner un ou plusieurs bénéficiaires et pourrez à tout moment en changer.
Avant de choisir une assurance vie, comparez les différentes compagnies d’assurance vie car les prix (notamment les frais de gestion, frais sur versements…) sont variables d’une société à une autre. Écotidien a simulé pour vous quel capital serait disponible si vous investissiez 10 000 euros que vous placeriez durant quinze ans, auxquels viendrait s’ajouter une épargne mensuelle de 100 euros :
Le rendement annuel moyen retenu pour l’exemple est de 4 %, et les frais de gestion de 0,9 %. Arrivé au terme du contrat vous bénéficierez d’un capital de 38 610,57 euros pour une épargne personnelle totale de 28 000 euros soit 10 610,57 euros de plus-value. Pas négligeable lorsque l’heure de la retraite a sonné…
Juliette Speranza
Pour aller plus loin


Le système de retraites par répartition étant de plus en plus controversé, rien n’assure qu’il soit toujours en place quand notre tour viendra. PEP, PERCO, PEA, assurances vie, retraites complémentaires, Écotidien fait le point sur les alternatives qui s’offrent à vous.




















80% des francais n’ont pas les moyens de s’offrir plus que ce qu’ils ou leurs emplouerus auront cotise, ou ce que le minimum vieillesse leur accordera.
Je juge cet article particulirement indecent et mal venu.
Merci
non il n’est pas question dans cet article de faire “saliver le gogo”(expression très sympathique soit dit en passant) mais d’aborder les différentes façon d’anticiper sa retraite…
Qu’y a-t-il d’indécent à cela?
Ca ne s’adresse en aucun cas aux milliardaires…
Les assurances vie ne mettent pas du tout à l’abri des problèmes boursiers, bien au contraire, les banques et les assureurs poussent à investir la plus grosse partie du capital sur des fonds fortement spéculatifs, et imposent des pourcentages rédhibitoires quand on désire arbitrer les valeurs. Beaucoup de français feraient bien de consulter le solde de leur assurance vie actuelle, et auraient de mauvaises surprises.
Je ne connais malheureusement aucun placement sans risque actuellement, même les obligations habituellement très courues sont dangereuses à cause de la prévisible inflation qui menace (meilleure manière pour tous les états de réduire l’endettement généré par la crise).