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Via une agence de professeurs à domicile
Avez-vous déjà pensé à donner des cours du soir ? Si vous êtes titulaire d’un diplôme de niveau licence ou bac +3, votre candidature intéresse les agences de professeurs. Acadomia, Domicours, Profadom et bien d’autres passent en permanence des annonces de recrutement. Un salaire déclaré de 10 € de l’heure, des missions simples, sur le papier c’est le bon plan idéal.
Pourtant, Yasmina, 31 ans, a été prof à domicile pendant près d’un an et pour elle, le jeu n’en vaut pas la chandelle. « Les parents me prenaient pour une gouvernante, je devais préparer le goûter de la petite fille avant les cours, et quand elle avait des mauvaises notes, je me faisais crier dessus. J’ai fini par démissionner du jour au lendemain. » Même le salaire ne lui apparaît plus si élevé : « Quand on est jeune, c’est attrayant, mais comme on se déplace pour peu de temps, finalement… 20 € pour 2 heures, ça couvre à peine vos frais de déplacement et votre repas du soir. Pour peu que les parents rentrent tard et que vous deviez rentrer en taxi, vous travaillez même à perte ! » se souvient-elle.
S’adonner au e-learning
Beaucoup moins règlementé que les cours à domicile, le e-learning est aussi payé de façon plus aléatoire, puisque les conventions collectives de ces secteurs sont récentes et donc, floues. Mais le e-learning peut apparaître comme une solution intéressante si vous n’avez pas la possibilité de vous déplacer (vous vivez en village, vous n’avez pas de voiture, vous souffrez d’un handicap…) ou que la pédagogie en face à face n’est pas votre fort. Le principe de recrutement est le même que dans les agences de professeurs à domicile, sauf que vous donnez les cours par clavier interposé, de chez vous ! Chaque organisme a ses propres méthodes de recrutement : au CNED par exemple, l’activité principale reste la dispense de cours par correspondance mais, peu à peu, l’organisme se met aux cours sur Internet. Les diplômes demandés sont généralement les mêmes que pour les concours d’enseignants.
Arnaud, professeur de lettres de 37 ans, utilise ses soirées à donner des cours par ce biais. « En tant qu’enseignant, mon salaire n’est pas énorme. Je complète comme je peux avec ce type de missions, le e-learning me rapporte environ 200 € par mois. L’essentiel de mon activité ? La correction de copies par mail et la réponse à des questions d’élèves sur des forums. » sourit-il en précisant que les conditions de travail sont agréables, puisqu’il s’installe avec son ordinateur sur son canapé, devant la télévision, pour travailler !
Donner des cours particuliers
Donner des cours au noir : c’est illégal, mais comme pour les baby sitters, une marge de tolérance est admise par l’Inspection du travail comme par les centres des Impôts, tant que ce n’est pas l’équivalent d’un véritable emploi à plein temps. Où trouver des petites annonces ? Devant les supermarchés, dans les boulangeries, ou sur Internet : les sites web sur l’éducation en regorgent. Moins conventionnel, les réseaux sociaux comme Facebook voient parfois circuler ce type de demandes.
Mais les limites sont les mêmes que pour tout emploi non déclaré : sans assurance, si vous avez un accident ou pire, créez un accident domestique au domicile des parents, les conséquences peuvent être dramatiques. En outre, il va de soi que les parents ou l’étudiant peut mettre fin à vos cours sans préavis et sans indemnité d’aucune sorte.
Et vous, en avez-vous fait l’expérience ? Le recommandez-vous ou au contraire, le déconseillez-vous ?
Marlène Schiappa
Pour aller plus loin






















Ceci juste pour faire part de mon expérience. Il m’arrive de donner des cours particuliers au noir, et ce dans diverses matières et à des étudiants d’âge divers. En moyenne je donne 2-3h de cours par semaine pour ne pas empiéter sur mon emploi du temps (je suis étudiante). De manière générale c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. Cette activité me permet d’arrondir mes fins de mois. Voilà ce qui me choque le plus dans tout cela: j’aime donner des cours, cela profite autant à l’étudiant qu’à moi, mais je ne peux m’empêcher de penser que ces élèves en difficulté sont pénalisés de manière financière par rapport aux autres. Le financement de ces cours peut être onéreux, et certains parents ne peuvent se le permettre. De plus, comme certains l’ont mentionné plus tôt, ces besoins devraient être palliés par l’éducation nationale, et ce n’est pas normal qu’il y ait autant d’élèves en difficulté aujourd’hui en France.
Bonne journée à tous.
Les professeurs sont de vilains fonctionnaires, c’est maaaaal certes, mais il faut réfléchir un peu quand même… je ne dis pas qu’ils sont tous doués ; je dis qu’ils ont obtenu des concours très difficiles, d’une part, et que rien n’est mis en place pour valoriser leurs compétences, d’autre part.
Pour les organismes de cours particuliers à domicile, il y en a, comme toujours, deux sortes : ceux qui font ça parce qu’ils aiment, et qui cherchent à gagner leur vie avec un boulot qui leur plaît, d’une part ; et ceux qui ont senti le bon filon et qui cherchent à faire de l’argent avec, d’autre part. Ce sont ces derniers qui prennent parents, élèves et professeurs pour des pigeons… mais prouvez-moi que c’est le seul secteur où l’on trouve des gens comme ça.
Vous vous demandez peut-être comment j’ai pu en arriver à ce constat : et bien j’ai été professeur moi-même, dans le public, dans le privé. Mon grand-père était prof ; mon père était instit’, mon frère est prof… et je dirige un organisme de cours particuliers à domicile. Un organisme dans lequel, bizarrement, je réussis à dégager une marge suffisante pour vivre tout en payant mieux mes professeurs que Ac*domia, pour ne pas les nommer, et en pratiquant des tarifs moins élevés qu’eux. Que font-ils de cette marge supplémentaire me direz-vous ? Ils font de la pub, beaucoup de pub, et ils engraissent leurs actionnaires.
Ac*domia ou l’éducation nationale, ça ne fait aucune différence : dans les deux cas on compte sur le sérieux et la conscience professionnelle des profs pour faire marcher la machine, tout en ne leur donnant pas les moyens de concrétiser ces efforts.
Mon organisme : Lyon et sa région seulement ; contact@cours-polygone.fr
Bonsoir Antoine,
Je ne pense pas que les conditions de travail se posent en ce qui concerne le public. C’est pour le privé, et non pour l’enseignement, pour des étudiants à Bac+4 ou 5 que la question se pose. Il y a trop de jeunes sortis des études qui ne valent rien sur le marché du travail, c’est inacceptable.
Une chose est à dire: virer la moitié des professeurs titulaires d’anciens concours ou validation de l’ancienne école par l’âge. Et les remplacer par des jeunes qui veulent une seule chose, transmettre.
Rappel: tous les profs par concours sont sélectionnés par un concours sur base écrite pour des cours dispensés à l’oral. Il y a problème, c’est net. J’invite tous ces fadas de crédits de laguna à changer de fonction. Depuis la baisse des taux de recrutement de l’éducation nationale, il y a peu de postulants pour les postes de contractuels. les bêtes à concours vont ailleurs, et ayant vu les postes disponibles en concours, n’y vont plus, encore moins pour être contractuel: comme quoi… Les bêtes tout court.
Je me moque de celui qui réussit un concours. ce concours est une erreur. Il faut, je le redis encore, supprimer tous ces postes de “titulaires” par concours et les remplacer par de “vrais profs” au risque de choquer, moins cher payés.
J’ai un bac+7, je continue mon trajet, mais je déteste voir ces enseignants de l’ancienne “académie” recevoir des palmes et un salaire pour du néant. De plus, j’exècre par dessus tout voir des amis, titulaires à bac+3 ou 8 ne pas se plaindre dans le privé (et se taire et vivre, c’est une chose que le public devrait digérer), pendant qu’un prof du public, ne fait que se lamenter avec son salaire qui insulte son voisin du privé. On ne marche pas sur le même trottoir me dira un ami. Moi, je ne peux plus rentrer chez moi et dire, quand ma femme me raconte sa journée de 35h, lui dire, 17h, c’était trop dur…j’ai l’air si con.
Perso, je ne peux plus, avec ce que je gagne à 17h, me moquer du privé.
Si je fais grève, c’est uniquement pour virer tous ces fonctionnaires de l’éducation nationale qui ne font rien (et je ne parle que de ce secteur public), et les remplacer par des enseignants plus jeunes (pas forcément, peut-être plus âgés et issus du privé sans problème à l’oral), motivés, qui n’ont pas, en guise de futur, la seule satisfaction d’appeler le banquier en toute sérénité par un concours qui, à mes yeux ne vaut rien.
Je rappelle que tous ces profs sortis de concours sont aptes à beaucoup, sauf à une chose, parler.
Un élève n’attend pas plus d’un prof. Les concours sont une absurdité, il fallait le rappeler, non pas pour ceux qui le loupent, mais pour ceux qui le réussissent et qui, au fond, ont une caractéristique noble en eux: une ambition décuplée pour la réussite, une capacité infinie après s’être éteint à vouloir enfin s’exprimer, sans pouvoir jamais s’exprimer sur son propre futur métier.
Pour le dire autrement, après avoir été incapable de parler au lycée et à la fac, on va placer des individus inaptes au parler.
Merci les concours…et l’E.Nationale,
J’ai déjà vu tant comme prof dans le privé et dans le public que je rigole d’une chose: voir les enseignants du public continuer dans cette trajectoire et donner des cours privés en plus.
J’invite tout le monde à formuler de bons vœux à la descendance: bonne chance, on a de bons profs, continuons, et pour longtemps encore, très longtemps.
Allons-y vivement et dans l’allégresse pour un avenir meilleur, bâti sur des enseignants en pleine forme.
PS: Nabil, continue ta trajectoire supérieure vouée à…tu es meilleur à toi tout seul.
Mais pour les autres ? Vous donnez 17h de cours, et alors ? Les 18h qui restent sont celles que vous passez à corriger vos copies, préparer vos cours, assister aux conseils de classe, réunions parents-profs, remplir vos bulletins… Je crois qu’une Ségolène Royal qui vient dire que les profs devraient faire 35h par semaine, c’est une Ségolène Royal qui, comme d’hab’, est à côté de la plaque et aurait dû réfléchir avant de parler.
Je ne comprends pas pourquoi vous ne voulez pas reconnaître que c’est un métier difficile. D’autant plus difficile d’ailleurs qu’il existe des tas de gens comme vous qui crachent sur les professeurs parce que leurs chères têtes blondes ne peuvent pas toutes faire Polytechnique ou l’ENS. TOUT est fait, dans le gouvernement et la société française, pour décourager les professeurs. Qu’y a-t-il d’étonnant à en voir certains se désintéresser effectivement de leur travail ? On dit souvent que l’enseignement est un sacerdoce. Mais, pour conserver la métaphore religieuse, voyez-vous souvent le Pape dire aux curés que ce sont des moins-que-rien, des fainéants et que leur travail ne sert à rien ?
Pour les concours, il ne s’agit pas seulement d’épreuves écrites, je suis désolé de vous contredire. Et quand bien même, une fois le concours obtenu on a deux ans de formation en IUFM où l’on ne fait que de la pédagogie… alors ne venez pas me dire qu’ils ne savent pas s’y prendre avec les gamins.
Alors, je le répète, il y a des glandus dans l’éducation nationale comme partout ailleurs. Mais n’allez pas croire qu’il y en a plus. La plus grosse concentration de c*nnards à l’éducation nationale, c’est au ministère qu’on la trouve…
Il faut quand même distinguer plusieurs choses:
-Les professeurs du publics (collège et lycée), sont incompétents pour la moitié des effectifs et trop cher payés pour ce qu’ils font; ce n’est pas pour rien que l’état effectue un double mouvement: masteriser les futurs enseignants (plus de titulaires avec juste une licence ou maîtrise) et les remplacer par des contractuels.
-IUFM: institut universitaire de formatage des merdes. Cela fait longtemps que cette entité inutile ne sert à rien. Pédagogie et enseignement, vieille querelle: on apprend pas à un prof à gendarmer une classe et transmettre dans une leçon vide de pédagogie. Enseigner, c’est être réactif, spontané, savoir gérer et répondre au cas par cas, sans se prendre une claque verbale, surtout au collège. Cela ne s’apprend pas à l’IUFM. En l’occurrence, de très mauvais enseignants de lycée ou de collège feraient mieux d’enseigner à l’université, et repasser quelques diplômes (master 2 et doctorat) s’ils ne disposent que d’une licence ou maîtrise avec capes. Il de la responsabilité des rectorats de proposer des formations nouvelles pour ces enseignants inadaptés dans cette fonction; or, ces mêmes enseignants font tous le même choix: passer une formation pour l’agreg. Bravo. Un tiers des enseignants a un problème de dépression, déprime, tension et stress. C’est rassurant. Mais ça va diminuer en passant de 18h à 15h, mieux payées… L’absentéisme des enseignants vient d’un fait évident: ils n’aiment plus leur travail (pblèmes en classe qu’ils ne savent pas gérer) ou alors l’aiment mais ne s’en sortent pas. Être inadapté dans une fonction, voilà le drame d’un enseignant. Moi, je pense à l’avenir des enseignants, il faut leur trouver autre chose et ce n’est pas une mince affaire. Au rectorat d’endosser la responsabilité et d’aller un peu plus vérifier la viabilité de ses profs sur le terrain (inspection académique surprise avec des conséquences lourdes si le prof n’est pas à la hauteur). Le pape doit virer un curé quand son office est lamentable.
-Les contractuels, remplacent des titulaires plus que les vacataires (dont la limite d’enseignement s’élève à 200h par an, environ 34euros brut de l’heure, à raison de 18h par semaine, on est largement au-dessus du smic). Pour de longs contrats, les rectorats privilégient les contractuels, qui s’investissent plus. Une refonte des grilles des échelons se préparent pour rémunérer plus les contractuels, puisqu’ils vont à long terme se substituer aux titulaires par concours. Un contractuel bac+8 ou équivalent doctorat, catégorie 1: 1700euros net par mois, bac+5 ou master2/Dea, catégorie 2: 1500euros net. Reste la 3ème catégorie qui rémunère peu il faut bien les dire. Et le rectorat préfère payer mieux un doctorat qu’un licence 3, moi, je trouve ça juste, et le rectorat préfère mettre un doctorat en classe plutôt qu’un licence 3, je trouve toujours ça juste. Certains rectorats ont déjà mis les master2 en catégorie1 et les doctorat en catégorie1 (+échelon supérieur= presque 2000euros).
-”Les remplaçants font en 3 mois le boulot des titulaires”: Antoine, c’est pas cracher sur les profs ça???. Ajoutons pour la moitié des titulaires absents…ou alors, un bon prof titulaire n’est jamais absent ou presque?? Il faut réfléchir plus à l’absentéisme des profs…On a toujours l’impression de faire plus que celui qu’on remplace, puisqu’il est absent.
-Je ne suis pas pour passer les enseignants à 35h, mais qu’on ne vienne pas me dire, oh,c’est dur: préparation, correction de copies, réunion parents/élèves/profs, conseils de classe…Soyons sérieux, la réunion parents/profs c’est une ou 2fois par an, ça dure 3h. Les conseils de classe, chaque trimestre, durent maximum 1h30, en général c’est plié en une heure, et si on a peu de classe (un prof de math qui a des scientifiques, un prof de philo avec des L), il faut bien dire que c’est pas crevant. La correction de copies est la seule chose qui pose problème: elle est assez consistante en lettres, philo, histoire, langues, rapide en bio, physique, chimie, math…et pourtant la rémunération mensuelle est la même, par copie est identique au bac. Pour faire plus clair encore, un prof de bio corrige en 5min sa copie de bac. En philo c’est une autre affaire. Enfin, pour la préparation des cours, je suis en doctorat et si j’ai 10h de préparation de cours à faire chez moi la semaine, il faut que je retourne en première année d’université…non? En une heure, j’ai préparé tous mes cours de la semaine (17h), c’est à dire un plan précis d’une page, c’est le seul support fiable à l’oral. La préparation de cours est longue pour les profs de langues et c’est tout (création de maquette plus longue, séquence “pédagogiques” à renouveler sans cesse, trouver des articles récents…).
-Les concours se font en 2 phases, la première étant écrite. Or, toutes les machines à concours (candidat mauvais à l’oral; c’est à dire incapable d’enseigner) passent l’écrit avec une facilité déconcertante. Le second tour, l’oral, consiste à sélectionner le moins pire. C’est pour cela que je disais que ces concours ne fonctionnent pas sur l’oral. Si la première épreuve était orale et non écrite, les changements de sélection seraient incroyables. C’est un choix à faire, on préfère un prof avec 18 à l’écrit et 18 à l’oral, au lieu d’un prof à 14 à l’écrit et ? à l’oral (sûrement 30, s’il avait l’occasion d’aller au second tour!). Je souligne avec certitude qu’être bon à l’oral, ce n’est pas exposer un commentaire de Breton ou d’Aristote sans blêmir ou rougir, c’est savoir le faire devant 30 élèves, dissipés, inattentifs, à la limite du je m’en foutisme primaire, souvent insolents; à ce moment précis, être bon à l’oral, c’est savoir ramener une classe au calme, la faire taire et la captiver sans réciter un cours préparé 15h la semaine avec les mots qu’il faut. Et ça à l’air si simple quand on ne sait pas le faire, qu’on a même jamais su faire taire quelqu’un de sa vie au collège, au lycée, même à la fac, à une soirée, et qu’on est très bon à l’écrit et qu’on sort de l’IUFM avec sa nouvelle pédagogie.
Proposition: faire passer une épreuve orale et une épreuve en situation de classe, puis, un écrit. C’est pas mieux ça????
“Un tiers des enseignants a un problème de dépression, déprime, tension et stress. C’est rassurant. ” C’est peut-être pas rassurant mais la moindre des choses c’est d’essayer d’en examiner les causes… non ?
Puis vous baratinez sur des problèmes annexes comme la rémunération des copies (ce en quoi vous avez tout à fait raison, étant prof de philo et mon frère prof d’EPS, j’y suis assez sensible…), mais qui n’ont rien à voir avec la déclaration tonitruante que vous faites à la base.
Vous ne prenez absolument pas en compte la distinction que j’ai opérée entre université et secondaire (cf “Les remplaçants font en 3 mois le boulot des titulaires” : phrase mal comprise et que je n’ai jamais écrite).
Pour terminer tant mieux à vous si vous préparez vos cours en une heure en faisant un “plan”. C’est terrible, ça, de faire un plan plutôt que de tout écrire. Les gens sont bêtes, ils ne se sont pas encore rendu compte que c’était la meilleure méthode à l’oral, heureusement que vous êtes là pour l’expliquer. Mais comme je suis un peu comme les gens, j’ai des questions qui me trottent dans la tête : quand est-ce que vous cherchez les documents (textes, documents iconographiques ou autres) pour étayer le cours ? Quand est-ce que vous préparez les exercices ? Quand est-ce que vous rédigez les corrections des devoirs et autres exercices en classe ? Quand est-ce que vous concevez un plan global pour l’ensemble de vos cours de l’année, pour éviter d’avancer à vue ?
Finalement, je crois que je suis assez d’accord avec vous : il faut croire que les profs sont des tire-au-flanc, s’ils ne prennent qu’une heure de préparation pour 17 heures de cours par semaine…
-Je ne crois pas que je suis naïf, le ministère cherche à remplacer les titulaires pour deux raisons: ils coûtent trop à l’état (ce en quoi je suis d’accord, comparé au privé et c’est ce que j’affirme depuis le début: il faut payer moins les profs) et vous dîtes le contraire; le ministère tente de supprimer un type de contrat qui n’existe que dans l’E.N, que j’appelle le CDE (contrat à durée éternelle; en effet, peu importe la qualité médiocre du travail d’un enseignant, il restera à vie dans sa fonction par un concours, impossible de le virer, chose impensable dans le privé; et si les parents ou élèves se plaignent d’un enseignant pour faire intervenir le rectorat, les profs se lient pour faire barrage).
-Vous êtes dans l’affectif quand vous défendez les profs, vos arguments sont ceux qu’on entend du matin au soir, quand les profs sont dans la rue: c’est dur, c’est pénible, les élèves sont horribles, le niveau à baissé, dépression et stress causés par un dur travail. Bref, moi, je traduis autrement: quand un prof n’est pas bien dans sa fonction jusqu’à en être incompétent, on le change. J’ai examiné la cause: l’inadaptation d’un prof, et ça vous choque. C’est quand même incroyable ça, il n’y a que chez les enseignants qu’on ne remet jamais en question son travail, et pourquoi ça? Combien d’enseignants cherchent vraiment à se réorienter dès qu’ils sentent qu’ils n’y arrivent plus? Aucun. Il est là le problème et pas ailleurs. Maintenant, vous pouvez toujours vous escrimer à faire du monde d’aujourd’hui un ancien monde où un élève se tait, demeure correct, ou au contraire, choisir d’accepter une chose: nul retour en arrière possible, suis-je encore à la hauteur de ma fonction aujourd’hui sans toujours mettre la responsabilité sur l’élève? Si je ne sais pas faire une baguette, je cesse d’être boulanger. Mais pour le prof, non, il continue. D’où, au rectorat d’assumer la responsabilité de reclasser les profs inadaptés, de trouver pour eux une formation qui puisse les stimuler vraiment dans une nouvelle fonction et d’intervenir un peu plus en inspections surprises pour cibler les titulaires déficients. Mais ça, ça vous choque.
-Quelle déclaration tonitruante??? la correction de copies est la seule chose lourde de la fonction, elle ne s’élève pas à 10h chaque semaine enfin. J’admets avec vous que c’est pénible et justifie un peu plus la rémunération. Mais on est bien loin de la surcharge. En philo, avec un devoir toutes les 5 semaines, c’est pas non plus une torture (et si on a une classe de L, toutes les 3/4 semaines, c’est encore moins pénible). Je vais même préciser une chose: quel prof prend plaisir à corriger une copie? Si un prof prend plaisir à corriger une copie, le temps passe-t-il plus vite? Du coup, pourquoi un prof ressent-il comme une torture la correction? à méditer…
-Je me suis trompé sur vos propos concernant l’université, désolé. J’y reviens cependant: connaissez-vous la rémunération des chargés de TD, ATER et vacataire, post-doc en université? Vous seriez surpris…le travail est plus dur en préparation, je l’accorde, et le vacataire fait un job moins payé qui remplace la mission du maître de conf parfois, c’est d’accord. mais les ATER, 1900euros net pour 8h de cours, ce n’est pas trop pénible??!! Une seule chose semble poser problème à l’université: obtenir un poste par copinage, là, on est dans le scandale. Et un petit tour chez Bourdieu…
-Maintenant, je vais vous répondre pratiquement:
“quand est-ce que vous cherchez les documents (textes, documents iconographiques ou autres) pour étayer le cours ?” c’est le bordel dans ma bibliothèque mais heureusement, je connais mes livres.
Quand j’ai préparé mon plan, je sais où j’en suis la semaine et quand j’ai besoin d’un texte, je prends un “De Cive” le matin, je fais des photocopies (2 minutes), je distribue en classe et je pose des questions. Je ne vais quand même pas exiger d’un élève qu’il connaisse et comprenne spontanément un texte de Hobbes et moi, non? Si vous travaillez 3h vos textes la veille pour justifier vos dires devant un élève qui vient tout juste de l’avoir: quelle crédibilité? J’ai déjà mille textes en tête, je n’ai pas besoin de 3h pour choisir et le potasser, je persiste, sinon, je retourne en première année. Pour les exercices en classe, idem, je donne un sujet spontanément (construction d’une intro, d’un plan), je les corrige spontanément. Il y a plusieurs plans possibles pour traiter un sujet de philo; le meilleur moyen de le prouver, c’est de proposer spontanément, des introductions et plans différents aux groupes et de dire aux élèves: allez comparer.”Quand est-ce que vous rédigez les corrections des devoirs et autres exercices en classe ? ” Justement, je rédige en classe. Rien n’est pire pour un élève que de voir un prof ramener sa petite correction photocopiée, faite chez lui, fier de sa correction parfaite, quand un élève a planché sur le même sujet sur table. Lamentable.”Quand est-ce que vous concevez un plan global pour l’ensemble de vos cours de l’année, pour éviter d’avancer à vue ? ” Cela s’appelle un programme, il est imposé, et je le connais heureusement, sans faire appel à l’examen du myope philosophe, pour reprendre Berkeley.
-Certains enseignants sont incapables de tenir 4h de cours sans préparer pendant 4h?? vous, ça vous paraît normal, moi, je pense le contraire. Et d’ailleurs, ce genre de prof reste peu apprécié en philo, lettres par les élèves. Imaginons la réactivité de la dialectique platonicienne et le travail maïeutique socratique, dans une autre dimension professorale:”Mais dis moi Socrate, ce que tu nommes la justice est plus proche ou non de la loi du plus fort? -Alcibiade, je reviens, il me faut trois heures pour préparer ma réponse car je manque de connaissance et reste fidèle à mon principe d’inscience quand je te propose cette réponse”. En classe de philo, ça ne pardonne pas. Un prof vide qui sent le bachotage maison de la veille par manque de lecture pendant 10ans, on le sent tout de suite. Préparer un plan en une heure suppose une maîtrise et une spontanéité de la connaissance, un arrière plan intellectuel vif, c’est ça la force de l’oral. Les gens sont bêtes de croire que c’est difficile mais que ça s’apprend clé en main en 2 ans d’IUFM, le problème n’est pas là. Il y a des enseignants qui disposent d’un grand savoir mais sont incapables de transmettre parce que nuls à l’oral pour transmettre en collège ou lycée. J’invite ces enseignants à repenser la notion de carrière et de vocation et quand on a pas la fibre spontanée et l’aisance orale, on change de fonction. Voilà ce que je dis: la moitié des profs à virer peut enseigner autrement et ailleurs, dans la formation professionnelle par exemple, ou, dans le supérieur, et peut tout aussi bien trouver une noble vocation dans le privé. C’est tellement évident, mais ça fait déjà 10fois que je le dis. Si je tenais les mêmes propos dans le privé, ce serait du bon sens, dans le public, ce que je dis est inepte. “arrêtons de s’acharner sur les profs…blablabla, ils sont pas responsables, la vie est dure pour eux, ils ont pas un métier facile” Ok, on prend les mêmes et on recommence?
Je reste un peu perplexe de ce qu’avance Okarma quant aux reclassements des profs qui ne souhaitent plus l’être : vous dites qu’il n’y en a pas… ah bon, bah comment se fait-il que moi j’en ai croisé plein ?
Je ne suis pas dans l’enseignement, je suis bibliothécaire : dans la BM où je travaillais avant, en tant que contractuelle (eh oui, FPT donc concours également avant d’être titulaire… ces concours qui montrent à quel point vous pouvez apprendre des choses par cœur et les restituer mais qui ne montrent là encore absolument pas si vous saurez conter aux enfants, conseiller vos lecteurs, etc…), il y avait pas moins de 3 anciennes professeurs !!! Elles sont embauchés à la médiathèque mais toujours payées par l’Education Nationale, durant une période déterminée (je ne sais plus exactement donc je préfère ne rien dire, mais au moins 1 an), au terme de laquelle elles doivent décider soit de réintégrer l’E.N, ou bien la quitter… Deux d’entre elles ont été titularisées à la médiathèque…
Et des profs virés, c’est marrant, j’en ai eu un au collège, ça arrive, sisi, je vous jure !!
J’aime pas non plus cette façon de cracher sur les IUFM quand eux se battent pour ne pas être avaler par les universités : vous allez me dire que ça ne me concerne pas… oui mais j’ai été documentaliste dans un IUFM, j’ai donc un peu découvert ce monde, et s’il n’est pas parfait, il est tout de même bien pensé à la base ! C’est pareil, les stages pratiques permettent aussi de se rendre compte de ses capacités en face d’une classe !
Des étudiants qui ont commencé l’IUFM et qui se sont rendus compte qu’ils ne seraient pas aptes à enseigner, y’en a aussi…
Mais bien sûr, mon point de vue est sans intérêt pour vous, je ne suis pas dans ce milieu… pourtant je contribue également à la construction de nos chers bambins (accueils hebdomadaires à la maternelle à raison de 3h et accueils sur RDV des primaires, 3 RDV par semaine)… Et puis même si je ne suis ni instit’ (ouuuuuh, ça n’existe plus ça
) ou prof, ça n’empêche que ma mère a été instit’ (et elle est devenue psychologue scolaire depuis… car oui, encore une fois, on peut très bien changé !), mon parrain prof en collège, ma grand mère ancienne maitresse, etc… et j’ai été écolière aussi =)
Vous prétendez avoir Bac + 7, quel métier faites-vous donc pour être aussi vindicatif envers les profs ?? Vouloir remplacer les titulaires par des contractuels ! Autre hérésie ! Ne seriez-vous pas justement l’un de ces contractuels qui a échoué au concours pour parler ainsi ??
Quant à dire que l’on ne travaille que 17h, vous évoquez encore un sujet bien éculé : diriez-vous que le présentateur du JT ne travaille qu’une demi-heure par jour ? Le présentateur météo fait mieux ! 5 minutes ! Allons, on tombe dans le ridicule. Un cours se prépare, s’améliore, se retravaille en fonction de la classe que l’on a devant soi. Des copies, ça se corrige et un prof, ça se cultive !!
Allez, je vous laisse, peu de temps à perdre en inepties : mes cours m’attendent !
Honte à vous, commencez par donner l’exemple et peut-être qu’un jour, vous pourrez parler.
Dehon: j’accepte volontiers d’assister à vos cours, et vous aux miens.
J’ai peu de goût pour tout ce que j’entends à peine dans vos phrases.
Les contractuels reviennent en masse depuis darcos pour évincer l’abus des titulaires et corriger une donnée certaine: les profs coûtent trop à l’état en plus d’être incompétents pour la moitié.
Les postes de profs ne sont pas supprimés, il y en a toujours autant depuis darcos, ce sont les postes par concours qui sont supprimés. Tant mieux. Par conséquent, vous, renseignez vous un peu mieux. Vous qui êtes juste enseignante par concours, et brave avec votre niveau: repassez vos concours après la masterisation si vous pouvez postuler. Je hais ces concours, par principe mal élaborés, dans la finalité, qui vont contre un cursus universitaire. Ainsi, je ne passe pas de concours, je suis pour la suppression de cette absurdité qui fait de vous, une éponge à vide.(la moitié des anciens profs devraient aujourd’hui repasser le concours, on rigolerait bien).
Pour le redire encore une fois: vous avez un concours, pardon trois, bravo. “quand on est partout, on est nulle part” Sénèque.
Je situe dans le néant vos analyses vieille france pour le dire correctement.
Je crache sur la moitié des profs car ils ne sont pas dans la fonction qui les stimule et qui perd la jeunesse: ça veut dire que j’encense l’autre moitié.(Au passage pour le reclassement, de prof à biblio, de biblio à patrimoine…tjrs la même chose, passer des concours… j’en ris. Il existe d’autres sentiers? d’autres parcours? Les rectorats ne proposent pas de formations différentes pour les profs sauf ce sempiternel : concours…). Concours: segmentez le terme, courir et connerie. Où courrez-vous par trois fois dans votre vie?
Allez passer un 4ème concours et un 5ème en prime pour la gloire d’un système stupide…je vous le souhaite. Et puis, un jour, allez passer un concours sur le système éducatif, économique, social, culturel de la france, afin de savoir si vous êtes synchro; par ailleurs, et c’est un clin d’oeil mesquin, je n’ai pas votre concours et je ne le(ssss) passerai jamais, cependant, c’est ma production de doctorat qui vous permettra par la suite d’enseigner, de comprendre ce que vous ne cherchez pas, ou plus, pendant que vous avez perdu vos neurones dans la culture concours (il y a déjà une forme de concours dans la sélection master2 et doctorat, le saviez vous????). Terme fort de non-être. Ce sont les écrivains qui font la culture avant l’art de la transmettre.
Pour la mauvaise foi, bonne chance pour l’être et le néant.
Pour finir, entre deux de vos réponses où votre temps se perd, il faudra songer à se cultiver en effet, c’est là que tout se joue, et qui me fait dire: pas besoin de préparer quand spontanément on sait pré-parer.
Sur le tas tout ça, en salle de classe…
Détails pratiques: 1) tous les enseignants et cpe titulaires de l’ancienne génération (par titularisation en étant mi-se ou contractuels ou concours) ne font jamais grève avec les assistants d’éduc, pourquoi? c’est ignoble par rapport aux jeunes collègues étudiants qui sont AE ou AP 2) Même question pour les nouveaux profs comme vous, “titulaires” d’un papier pitoyable? 3) La moitié des profs se moque de darcos mais sont bien heureux tout en se plaignant des heures sup “forcées”, non? 4) Combien coûte à l’état un prof agrégé qui fait un service de 22h en terminale et qui passe un concours pour être payé plus cher en faisant 14h en term? Pour la dernière question, le calcul est simple: 8h sup à payer chaque semaine pour un prof qui, au départ, voulait plus de temps pour préparer ses cours…blabla. L’agrégé est ravi: question de fric. c’est tout. Le fric, je le laisse avec votre concours qui ruinera le pays.
Vous pensez sûrement que la salle des profs est unitaire, ce n’est pas du tout le cas, entre titulaires et contractuels, entre titulaires et titulaires aussi. Et si on ajoute les jeunes AE et jeunes postulants aux concours, croyez moi, il n’y a aucune conscience collective dans la structure d’un établissement scolaire, chez les profs qui n’ont eux-mêmes entre eux jamais eu conscience du privé.
Allez balayer devant le portillon de l’éducation nationale et devant votre salle de cours avant de faire rentrer un jeune cerveau. Je respecte mes élèves, et tout se passe très bien, si c’était votre question…