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Depuis les lois Ferry de 1881 et 1882, l’école primaire est gratuite, laïque et obligatoire pour les garçons et filles de 6 à 13 ans. Mais face à l’offre pléthorique d’éducation payante ou alternative, vaut-elle encore quelque chose ?
Stéphanie François est présidente de l’association des parents d’élèves de son village de la Loire depuis 2 ans. Satisfaite « à 200% » de son choix de mettre ses enfants à l’école publique, ancienne parisienne, elle avoue pourtant être privilégiée : « C’est une petite école familiale, le matériel est fourni, les enseignants sont proches des parents et très impliqués, et la mixité sociale est garantie. » Elle confesse « si j’étais restée en région parisienne, j’aurais sûrement opté pour une école privée. Mon mari était policier et je n’ai pas envie que mes enfants se fassent agresser à l’école, comme ça a été le cas pour des collègues à lui. » L’école publique gratuite, oui, mais pas n’importe laquelle.
Toutes les écoles ne se valent d’ailleurs pas, au sein d’une même région. Entre les maternelles flambant neuves avec mini-toilettes, quatuor à cordes pour Noël et classe de 22 élèves dans les quartiers huppés; et celles des villes plus pauvres où les enfants font la sieste à même le sol sur un petit tapis par manque de budget (« 35 élèves, 30 lits seulement et pas les moyens d’investir au niveau de la commune» confie une ADSEM horrifiée) c’est la loterie. Ce qui enjoint certains parents à se tourner vers les écoles payantes, privées ou alternatives.
35 élèves pour 30 lits dans le public
David, parent de trois enfants scolarisés dans les Yvelines, s’est penché un temps sur les écoles privées bilingues à 500 € par mois en moyenne. « Mais il n’y a que quelques heures d’enseignement d’anglais ! J’ai vite compris que le prix prohibitif était en fait destiné à exclure les personnes aux revenus moyens ou faibles. Ou comment, dès l’enfance, l’élite financière ne se mélange pas avec la plèbe. » Il a donc inscrit ses enfants à l’école dite communale et en a profité pour leur offrir une heure d’Anglais chacun par semaine. « A 15 € de l’heure, soit environ 2250 € à l’année, j’économise encore : l’école bilingue pour trois enfants, ça faisait 15 000 € par an ! A peine moins que le salaire net de mon épouse. » ironise le père de famille, qui espère ainsi que ses enfants auront le niveau requis pour entrer dans un collège prestigieux.
Comme lui, Irène s’est posé la question pendant la dernière année de nourrice de sa fille avant de trouver une réponse : Montessori. Cette école privée laïque sous contrat, présentée comme bilingue et libertaire, est directement inspirée des théories de Maria Montessori, inventrice de l’école maternelle. En plus de l’enseignement « classique » (mais « en s’amusant et en respectant le rythme et les dons naturels de chaque enfant», précise-t-on sur les brochures de présentation) plusieurs activités extra-scolaires sont proposées.
Montessori : yoga pour les 3-6 ans à 550 €
Ainsi, dans une de ces écoles Montessori du centre de Paris, vous pouvez inscrire en sus votre enfant de 3 ans au yoga pour la modique somme de 500 € + 50 € de frais d’inscription. Consciente que ce tarif est exorbitant pour un quidam, de surcroit pour une famille nombreuse, Irène pense avoir trouvé une solution : « Il suffirait d’augmenter les subventions octroyées aux écoles privées et tout le monde pourrait y mettre son enfant ! »
En effet, l’article 89 de la réforme du 13 aout 2004 sur le mode de financement des écoles privées parle d’ « inégalité entre les écoles privées et les écoles publiques » (en clair, les écoles privées seraient lésées par rapport aux écoles publiques puisque ces-dernières profiteraient de plus larges subventions) pour justifier l’octroi de financements publics aux écoles privées laïques, mais aussi religieuses. « Et bien que cela soit contraire à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, puisque celle-ci précise que ‘’La République ne reconnaît ne salarie ni ne subventionne aucun culte ‘’ » bondit Justine.
Cette professeur des écoles doit garder l’anonymat en raison du « droit de réserve » propre aux fonctionnaires (leur interdisant toute critique publique) mais elle analyse : « La théorie Montessori est bien belle, mais le but de l’école est de donner un cadre à l’enfant ! Si Théo veut faire du dessin à 10 heures 30, il ne fera pas de dessin à 10 heures 30, il en fera à 15 heures comme toute la classe. L’école apprend la vie, et dans la vie, vous ne pouvez pas lâcher votre bureau pour aller faire du chant choral quand l’envie vous prend ! Alors si des parents veulent éduquer leurs enfants comme ça, libre à eux, mais pas en se servant dans la maigre tirelire de l’école publique ! »
Pour elle, si on consacrait le budget alloué aux écoles privées aux écoles publiques, chacun pourrait être scolarisé dans les meilleures conditions. En effet, ce sont plus de 300 millions d’Euros de fonds publics qui sont ainsi utilisés pour financer l’enseignement privé. Pour Justine, « au détriment des familles qui ne peuvent y scolariser leurs enfants pour des raisons financières ou tout simplement par conviction. »
16 000 postes d’enseignants supprimés en 2010 (et un nombre d’élèves pas classe “préoccupant”)
Dans une pétition lancée conjointement par de multiples organisations d’enseignants, de parents, de citoyens, (DDEN, FCPE, FO Union Départementale, FO Enseignement, FSU SNUIPP, Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, SDEN CGT, SGEN CFDT, UNSA…) relayée sur le blog du Cercle Pierre Mendès France de l’agglomération de Troyes, il est demandé l’arrêt pur et simple de ce mode de financement, arguant que « la commune n’a pas à financer le choix de certains parents de ne pas scolariser leurs enfants à l’école publique ».
Enfin, Irène, qui vit dans le 7ème arrondissement de Paris, l’affirme : si les classes des écoles maternelles étaient moins surchargées, elle n’aurait même pas envisagé de se tourner vers une éducation payante. Comme elle, 39% des parents jugent le nombre d’élèves par classe « préoccupant » depuis 2005, d’après un sondage TNS Sofres. Ils vont devoir prendre leur mal en patience : Xavier Darcos annonçait en juin dernier à La Tribune que plus de 16 000 postes seraient supprimés dans l’éducation nationale sur l’année 2010.
Marlène Schiappa
Pour aller plus loin



















Stérile opposition public-privé avec sous-entendus politiques et idéologiques, invoquant une certaine idée de “l’égalité” qui n’existe nulle part et en particulier pas dans le public qui est le reflet de notre société et de ses fractures, car c’est à l’école publique qu’on apprend le mieux la différence sociale …
Sans être spécialement un défenseur du “privé” (mes enfants sont inscrits dans le public), je me suis étonné et maintenant m’inquiète du manque de pragmatisme dans l’enseignement public.
Sans remettre en cause leurs qualités qui sont nombreuses et leur travail le plus souvent très appréciable, je découvre avec mes enfants à quel point une forte proportion d’enseignants est éloignée des réalités du monde économique “privé” qui représente pourtant le lieu vers lequel s’oriente la très large majorité des étudiants.
Comment le système éducatif public peut-il préparer nos enfants à affronter dans les meilleures conditions les réalités économiques, culturelles et sociales qui seront les leurs, tandis que les enseignants n’ont le plus souvent pas d’expérience solide “dans le privé”, vivent dans une sphère professionnelle isolée des contraintes et des opportunités qui y sont liées, et parfois même craignent l’économie privée ?
C’est aussi cette question qui pousse un jour des parents vers l’enseignement privé…
Un petit commentaire pour “kandiraton”: et on en fait quoi de nos enfants de 18h a 18H30, on les laisse dans la rue a 3 ans? Ou alors faut-il arreter de travailler plutot que de choisir une ecole privee?!
C’est deja difficile de trouver une nourrice, alors une nourrice periscolaire, je n’en parle meme pas. Il faut etre un minimum realiste avant de critiquer certaines situations.
Quand a “edy-o”, j’espere que c’est un canular! On ne peut pas imaginer 2 systemes d’education differents qui n’assureraient pas la meme chose aux enfants, c’est n’importe quoi!
Cette école là, dure mais juste, tous le monde l’aimait.
Depuis 68, tout est partit en vrille et le succes des écoles privé vient des petits reliquats de ce temps.
Remettez en place uniforme, autorité, discipline, respect et tout le monde revient vers le public.
16 000 postes supprimés mais c’est seulement PROBABLEMENT 16 000 grévistes en moins !
quant à juger l’écart entre le privé et le public, surtout ne le faisons pas, cela serait insulté une grande partie du privé.
parents, la scolarité de notre fils a été sauvée par les Jésuites à Amiens (80).
à bon entendeur.
une petite blague pour rafraichir un débat. franchouillard :
3 compagnons, 1 dauphin, 1 ours blanc, 1 crocodile, se concertent à propos de leur destination de vacances.
Le dauphin dit :j’aime nager, ma femme aime nager, mes enfants aiment nager, donc je vais en Polynésie.
L’ours blanc dit, j’ai des poils , ma femme a des poils, mes enfants ont des poils, donc je vais au pole nord.
Le crocodile dit, j’ai une grande gueule, ma femme a une grande gueule, mes enfants ont une grande gueule, dont JE VAIS EN FRANCE;
Personne de très intelligent dans ce lycée : aucun regard ou analyse de la société. Tout ce qui comptait, c’était s’habiller dans un magasin de marque, aller passer ses vacances, l’hiver au ski, l’été sur une île quelconque. On peut en rire aujourd’hui (c’était les années 80) et comprendre le ridicule de l’histoire. D’autant que dans cette école, on était classé en fonction du revenu des parents.
Les gens, s’ils manifestent, c’est qu’ils n’ont souvent pas d’autres moyens de s’exprimer; le consensus social n’existe pas en France; on vous impose tout du haut, sans en discuter. On peut s’attendre à quoi?
Vous devez avoir Sarko pour ami ou encore Jean-Marie. Les blacks, blancs, beurs sont des parasites pour vous, comme les profs et tous ces fonctionnaires feignants. C’est vrai que la droite devrait développer ses écoles privées, ce sont de futurs électeurs, de futurs moutons qui vont faire bêh quand un grand maître aura parlé. Elle est belle la société que vous nous proposez.
il faut arreter le pinard
Petit rappel : l’école n’est pas obligatoire !! c’est l’instruction ! Il vous reste donc l’instruction en famille pour vous occuper de vos enfants …
Perso j’ai fait collège public en Province et lycée privé en banlieue parisienne car lorsque ma mère a visité l’établissement public, elle a été témoin de bagarre dans la cour de récréation et vu des vitres brisées… Et honnêtement je n’ai vu aucune différence entre le collège et le lycée!! Mêmes profs, mêmes copains!!
Tous les “fans” du public devrait se demander les raisons qui poussent les parents à payer pour l’instruction de leurs enfants. Ce n’est pas l’instruction qui est en doute (même diplome, même formation cela a été dit) mais tout simplement le cadre pour apprendre…
Ce que je trouve scandaleux, c’est que l’on doive mettre la main à la poche pour envoyer ses gamins dans une école qui assure une bonne ambiance de travail. Mais je le comprends!! Et je ferai la même chose pour mes enfants.
Il faudrait davantage se pencher sur les raisons d’insécurité en école publique. Peut être qu’on touche un tabou, mais je pense vraiment que si on assurait la discipline dans les établissements publics, ce débat n’existerait même pas…
Je trouve aussi scandaleux que l’on doive payer pour assurer une scolarité à peu près correcte à nos enfants. Et encore, en public, il y a beaucoup de choses à payer aussi seule alors dans le privé du genre école catholique, il y a des aides internes pour les parents en difficulté financière.
L’école en France est une vaste plaisanterie, il est temps que cela change dans le bon sens cette fois.
je nai pas assez de recul mais voila ce que jai constaté.
ma fille est en moyenne section maternelle ds le public cette année à paris ds le 11eme je précise.
Ils sont 23 et c’est une classe double niveaux ps et ms ,
l’année dernière ds le privé donc en ps (juste les ps) ils etaient 31.
il est vrai que cetait tres encadré…et il les faisaient “travailler” le cahier dactivites rendu a chaque vacance etait fourni…avec les appreciations du genre “ne veut pas travailler”….
ils mont dit daller voir un psy..
et la cela fait pas 15jours qu elle est ds cette ecole(publique) ou cest peut etre moins scolaire mais le maitre m’a demandé..”elle etait scolarisée lannee derniere car elle tient mal son crayon, jai dit que oui pourtant ” et ils m’ont dit “oh ben lecole cest fait pour apprendre” javais surtout envie de lui dire “ah parcequ’elle a pris son crayon et fait ce que vous avez demandé??” mais je nai pas osé. ..
moi je suis satisfaite pour l’instant, jai vu sur ma fille mais elle na que 3 ans et demi on verra plus tard…
mon fils lui cest vrai (2 ans) je sens quil lui faudra qq chose de plus directif… il part un peu ds tous les sens…du coloriage,aux pates a modeler….il est a la creche mais chaque chose en son temps
En collège public, je me faisais insultée gratuitement (comme d’autres) de “française de merde”, des “enculée de française” volaient aussi de la part de “racaille” n’ayant jamais mis un pied au “bled” de toute façon…L’ambiance en cours était horrible et travailler n’était pas des plus faciles pour quiconque voulait suivre un minimum.
Se faire agresser (verbalement comme physiquement) parce qu’on est français en France ça devient vraiment un problème sérieux ! (Et qu’on ne me parle pas de racisme, ça n’a rien à voir ma meilleure amie étant elle-même Libanaise. Ou plutôt si, du racisme envers les français, donc du racisme tout court ce qui est intolérable justement).
Au lycée (privé et très bien réputé), je n’ai plus eu à subir ça du tout. Bien au contraire, là une culture très cosmopolite (nombreuses sections internationales) vraiment grandiose et où on respecte autrui.
J’ai beau n’avoir que 21ans et être encore étudiante, je sais déjà que mes enfants iront dans des établissements privés dès leur plus jeune âge et tant pis si je dois me saigner pour ça (même si mon conjoint et moi faisons de bonnes études ce qui devrait nous assurer un avenir un minimum aisé).
Ma famille n’a jamais roulée sur l’or, mais on a tous eu la jugeote de comprendre que si on veut vivre convenablement dans la vie ça passe par de bonnes études principalement. Et a leur actuelle, pour y réussir dans le 1er cycle le public n’est pas à même de fournir un cadre permettant des conditions d’études descentes.