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Anna a 19 ans et elle redouble sa première année de médecine à Tours. Logée et nourrie toute l’année chez ses parents, elle a cherché en vain un job d’étudiant autour de chez elle… « J’ai posé des CV dans toute ma ville pour tous les boulots : serveuse, caissière, aide-ménagère, vendeuse, FNAC, McDo, magasins de vêtements et même les maisons de retraite… mais fin juin, c’était trop tard », avant de trouver par hasard un emploi d’hôtesse dans un restaurant de luxe. Sa grand-mère, voisine du restaurant, connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui… vous imaginez la suite.
La voici donc en route pour l’entretien d’embauche le plus rapide du monde : « Le patron m’a regardée de haut en bas, puis m’a dit : “ Okay pour le mois d’août ; vous commencez le 1er, apportez une carte d’identité, carte vitale, et habillez-vous en noir ” » Une chance pour Anna, sans expérience et sans qualification ! Après quelques jours de formation avec une maître d’hôtel, le travail commence : enregistrer les réservations, placer les clients, présenter les cartes… « Dans les établissements de luxe, on anticipe les besoins des clients, en appelant par exemple leur chauffeur quand ils ont fini leur repas. » Un univers qui éblouit Anna jusque dans les toilettes : « Miroirs partout, robinets imitation or, murs dorés avec appliques en forme de feuille d’or, ambiance Versailles assurée ! » Qui croirait qu’on est en temps de crise ?
Mais dans ce restaurant très haut de gamme, la tenue du personnel se doit d’être sobre, en noir intégral : hors de question de faire de l’ombre aux belles dames qui prennent leur look très au sérieux et viennent dîner avec des lunettes Gucci sur la tête, des robes en cuir de créateurs et des stilettos rouges. Anna, plutôt habituée aux jeans et aux spartiates, a du investir dans une tenue professionnelle : une jupe à 10 € acquise à la fin des soldes et des ballerines noires à 10 € « qui n’ont duré qu’un mois, à force de marcher avec tous les jours. » Les clients sont en général très pointilleux sur leurs tenues, même si le costume n’est pas exigé. Une cliente s’est ainsi plainte à Anna d’un touriste chinois : « Mademoiselle, ce client est en tongs, ça me gêne de manger en sa présence ! »
L’étudiante se familiarise peu à peu avec les excentricités des « beautiful people ». « Ce qui m’a le plus choquée, c’est cette vieille dame, une habituée. Venue avec son petit chien blanc elle a commandé un plat à plus de 40 € à la carte et a demandé qu’on pose l’assiette par terre pour lui, sous mon regard médusé et celui, plus habitué à ce genre de frasques, de mes collègues. » Si certains clients sont adorables et entament la discussion, d’autres lancent leur carte bancaire, hurlent sur la pauvre Anna quand celle-ci les informe que leur AmEx ne passe pas ou tout simplement la toisent sans lui adresser un seul mot.
Parmi les sympathiques : « Ma collègue m’a dit que Nagui, Samy Naceri, Cyril Lignac sont venus l’année dernière ! » En été, ce sont les personnalités étrangères, touristes ou ambassadeurs qui prennent possession de la salle de 55 couverts. « Beaucoup de clients demandent si le propriétaire viendra, mais il est surtout dans ses restos au Japon, à New York, Las Vegas, Tokyo… Pour ma part, voir tous les soirs passer les belles assiettes de homard, de foie gras avec les toasts chaud, les gaspachos… était un vrai supplice alors que chez moi, je mangeais invariablement des coquillettes ou des conserves à 1,40 € ! »
La plus grosse addition de l’été : 2 270 €. « Cinq quadras, hommes et femmes, venus un soir. Presque la moitié de la note était en boissons : vin, champagne, digestifs. Généralement, les gens partent saouls : une femme qui se casse un talon, un homme qui titube, un couple qui part en riant très fort en se serrant… et on appelle un taxi. À la fin de la journée, nous partageons les pourboires en deux : cuisine et salle, puis à nouveau entre les personnes qui ont travaillé pendant le service. Il nous reste entre 10 et 40 € chacun par service. »
En tout, Anna a touché 1 100 € net pour trois jours et demi de travail par semaine (de 10 heures à 1 heure du matin, avec une coupure entre 16 heures et 17 h 30) qui lui serviront à financer ses prochaines vacances d’été, « enfin, si j’ai validé ma première année de médecine ! », précise-t-elle. « Je m’estime très bien payée, avec les pourboires ça m’a remboursé les frais quotidiens, et j’étais logée par ma grand-mère. Le boulot est difficile mais pas insurmontable. L’équipe était très sympa, pro, ils voulaient qu’on travaille vite et bien et c’était motivant, ça me changeait des études où on est assis en permanence ! »
Un bilan positif donc pour Anna, qui voulait faire connaissance avec le monde du travail. « On s’amuse, on en apprend beaucoup sur les gens et sur soi. Mais je ne ferais pas ça toute ma vie : calculer des additions et sourire à des gens bourrés de pognon… quitte à choisir, je préfèrerais être de l’autre coté du comptoir ! »
Marlène Schiappa
Pour aller plus loin






















j’ai d’autant plus de mérite à le dire, j’ai 600 euros par moi de revenus…….
et mon seul souhait est qu’il y ait de plus de riches et non le contraire de plus en plus de pauvres. ne soyons pas happés par le bas
Certains qui ont fait des commentaires….
Moralité de cet article : Les loups mangent les brebis, je veux vite devenir un loup. Bravo !
De plus, médecin, ce n’est pas la plus égocentrique des professions il me semble..
Elle va y arriver elle va faire medecin et se faire des salaires de 10000 euros par mois donc evitez de cracher dans la soupe!
S’ils se sont enrichies, c’est certainement grace aux petites gens qui sont perpétuellement martyrisés par la vie.
On ne peut pas tous être milliardaire ou avoir de très hautes fonctions, mais il serait bien que les salaires du bas et des classes moyennes soient revus à la hausse, c’est quand meme grace à eux que la France avance car ils n’ont pas le temps de passer leur temps dans les grands restaurants.
en meme temps, cela degoute, ! oui, aucune vergogne de la part de ces gens bourrés de fric. je me mets à la place d’Anna , elle a dû en voir des choses, et ce n’est pas toujours beau, 40 euros pour une pâtée pour chien, tout restaurant respectueux devrait refuser ce genre de choses . c’est inconcevable . ” plus on en a , plus on en veut ” ! on ne leur doit pas tout !
beaucoup d’injustice en ce bas monde !
et si aujourd’hui anna gagne 2000eu dans 10 ans si elle n’est pas trop idiote elle en fera 10 000 eu , et elle frequantera les memes tables , et la on verra combien de tips elle laissera ……
malhereusement elle parrait bien trop revolutionnaire , alors elle finira a la cgt ou fo , et gagnera 2500 eu , et regardera les infos de 20 h en ruminant ……. chacun sa vie chacun son destin , c’est beau l’evolution .
j’aimes le petrus , les cigars ,rencontrer des gens respectable, et parler de voyages , autour d’un cognac 100 ans d’age a 200 eu le verre , et alors …..
En plus c’est signe de troubles mentaux, comme toute addiction.
Je suis sur que la majorité de ces “richards débourseurs” aident les plus démunis en catimini mais lorsqu’ils le font personne n’en parle et c’est normal, Généralement ils paraissent méchants mais au fond ils ont du coeur et s’ils vont dans des restaurant de luxe c’est surtout pour ne pas gener les moins riches!!!!!! c’est mon avis.
J’espere que d’autres chanceux comme Anna pourront profiter de la présence de ces fortunés!!
Moi par exemple j’aimerai bien servir à bord d’un yacht de luxe si l’occasion m’était donnée……………………………….
Eh bien ! En dehors de rares personnes qui ont la tête sur le épaules et qui parviennent à s’exprimer posément, je trouve que 90% des commentaires sur cet article sont désolants… Entre ceux qui défendent lamentablement leurs ‘biftecks’ (à 50, 100 ou 150 euros ? Que sais-je), ceux qui nous la jouent “lutte des classes” et d’autres (qu’on peut un peu mieux comprendre) qui, maladroitement et emportés par la colère, surenchérissent pour remporter la palme du boulot le plus précaire et difficile (précarité et difficulté qui sont réelles, je suis d’accord et ne dis pas le contraire) en comparaison de celui d’Anna, ça nous donne un bel éventail de démesure.
Au premier abord, Anna ne semble effectivement pas être si mal lotie socialement (une grand-mère dans le 16e et des parents qui peuvent subvenir aux besoins de leur fille ; lui en vouloir déjà pour cela a t-il déjà un sens ?!). Sauf que si elle l’était si bien elle n’aurait pas fait tant de démarches pour essayer de trouver un job chez MacDo, pour être aide-ménagère ou pour d’autres réjouissances, vous ne trouvez pas ??
Sans parler du mot ’scandale’, j’ai tout de même enfin pu lire dans une remarque le mot “INDECENCE” ! Car ceux et celles pour qui régler une note de restaurant de 500, de 1000 ou de 2000 euros n’est pas indécent ont vraiment perdu la raison et le sens des choses ! Ils ne font plus la distinction entre valeur et Valeur et c’est bien triste…pour eux ! Ceci n’est pas une critique débile contre les ‘riches’ ! Certains méritent ce qu’ils gagnent parce qu’ils ont trimé pour y arriver (dans des limites décentes), certains bénéficient simplement de l’excellente situation sociale de leurs parents ou grands-parents, et d’autres sont les grands exploiteurs et profiteurs de la société. Cet article n’oppose pas les “riches” contre les “pauvres”, il stigmatise surtout les comportements minables et le mépris que peuvent avoir des personnes fortunées sur ceux qu’ils considèrent connement comme des “petits” et qu’ils regardent du haut de leur creux piédestal financier… Illusoirement forts de ce sentiment qui flatte leur égo et les rassurent, ces gens se croyent au dessus de tous et de tout, sauf qu’il trahit simplement leur faiblesse et leur faillite morales…Rien de bien nouveau, malheureusement.
Cet article engendre un débat vieux comme le monde: La lutte des classes sociales.
Comment rester insensible à ce sujet? nous sommes tous concernés.
Néanmoins personne nous oblige à nous satisfaire et à nous contenter de la classe sociale à laquelle chacun d’entre nous appartenons. Je ne dis pas qu’il est facile d’en changer, je dis juste que cela est à notre époque possible, les exemples sont nombreux.
Bien sur ces exemples “médiatiques” sont toujours dans le même sens : des pauvres qui deviennent riches. Dommage qu’on nous parle pas des riches devenus pauvres et qui en sont fiers.
Les médias ont ici un role important à jouer, s’en rendent ils compte ? Cela aiderait peut etre certains à comprendre que l’argent n’est pas l’ultime bonheur.
En resumé, l’homme est fait comme ca, il y a des bons et des moins bons, riche ou pauvre, chinois ou pas chinois (lol)
De grâce, arrêtons avec ce client chinois !
Faut-il censurer et dire “le client brun” ?
Pour quoi, pour éviter le mot “chinois” ? c’est ça qui vous choque ?
Qui a un comportement douteux, la personne qui décrit “un homme chinois” ou la personne qui prend cet état de fait pour insultant ?
Et quand on dit qu’une femme est une femme, c’est du sexisme, alors, si on suit votre cheminement intellectuel ?
Mais de grace également, ne mélangeons pas tout et ne tirons pas les mots seuls des faits dans leur ensemble :
“Une cliente s’est ainsi plainte à Anna d’un touriste chinois : « Mademoiselle, ce client est en tongs, ça me gêne de manger en sa présence ! »”
c’est différent de “chinois” tout court non ?
Je vous propose de lire les définitions de Ethnocentrisme ou encore Xenophobie, peut etre reviserez vous votre copie.
Merci.