En 50 ans, les plus de 60 ans sont passés de 6, 1 millions à 12, 1 millions… et le moins que l’on puisse dire, c’est que vieillir coûte cher. Pour ce qui est des maisons de retraite, la facture est particulièrement salée. Danielle 71 ans et Jean, 74 ans, son conjoint connaissent bien la question. Tout deux retraités du milieu bancaire, ils avouent des difficultés financières. «Oui, il est très difficile de faire face aux factures de maison de retraite de ma mère, environ 2500 euros par mois» confie Danielle. Heureusement pour eux, le tableau n’est pas totalement noir. Pour l’instant. «Mon père a laissé quelques économies dans lesquelles nous puisons. Mais lorsqu’elles seront épuisées, ma mère âgée de 99 ans ne pourra plus faire face à ses dépenses.» Hébergée dans un établissement privé, elle ne s’en sortirait pas beaucoup mieux dans une structure publique. «En moyenne, il faut compter 60 euros par jour pour un établissement public » selon Marie- Thérèse d’Argenson, présidente de VeDiBe, une association dédiée aux personnes âgées basée à Meudon (Hauts- de-Seine). Comment les professionnels justifient-ils les prix ? A travers trois critères : l’hébergement autrement dit les frais d’hôtellerie, les soins et la dépendance variable en fonction de l’autonomie du résident. «Dans le privé, c’est plus cher, au minimum 100 euros par jour» poursuit-elle. Presque le double. De prime abord, on se dit que la qualité du service est supérieure dans les résidences privées, d’où un coût plus élevé. Une idée que réfute Marie-Thérèse d’Argenson. «Le prix ne garantie ni la qualité, ni l’accompagnement des résidents.»
Un constat que partage Didier Polvé, directeur des Magnolias, une maison de retraite privée à Saint Gratien (Val d’Oise). Pour lui, «opposer le public et le privé pour justifier le coût des maisons de retraite est une erreur. N’oublions que dans le privé, il y a certes des établissements avec un statut commercial, à but lucratif et d’autres à but associatif comme le mien.» Et d’ajouter que « c’est comme pour toute chose, il y en pour tous les prix.» Justement, à comparer les montants, on s’aperçoit que la palette des tarifs est très large. «Dans ma résidence, l’une des moins chères du Val d’Oise, on est à peu près à 2000 euros, toutes aides confondues. Mais ailleurs, cela peut facilement culminer à 4000 euros par mois !» précise t-il. Face à ces chiffres presque prohibitifs, comment s’y retrouver ? Pour Didier Polvé, la réponse est simple. «On doit faire avec ses moyens. On a des établissements de catégorie différente. Si une personne a un minimum vieillesse bas, elle ira dans une structure ouverte à l’aide sociale.» Car les départements, à travers les conseils généraux, financent en partie les maisons de retraite. Qu’elles soient publiques ou privées. Pour résumer, la somme à débourser mensuellement est calculée sur les revenus du résident. La famille intervient lorsque la personne âgée n’a pas de ressources. L’aide sociale se base alors sur les revenus des enfants et petits- enfants en s’appuyant sur l’obligation alimentaire qui incombent aux descendants et ascendants. Encore que dans certains départements comme les Hauts- de Seine, les petits- enfants ne sont plus concernés par cette mesure.
Dans le cas de Danielle, la situation pourrait rapidement devenir compliquée. Pour l’instant, c’est l’épargne de son défunt père qui permet de payer la maison de retraite de sa mère. Mais une fois l’aide sociale sollicitée, elle devra certainement honorer l’obligation alimentaire vis-à-vis de sa mère et donc payer une part non négligeable des frais mensuels. Le système de calcul de l’aide sociale risque donc de lui être défavorable. «Nous avons des revenus suffisants pour vivre sans dépenses excessives. Nos charges incompressibles s’élèvent à 2200 euros, ajoutez à cela deux emprunts mensuels de 300 euros chacun. Et puis, il est grand temps pour nous de souscrire à une épargne funéraire…» confie t-elle, un peu lasse. Prévoyants, Danielle et son mari « refusent d’être une charge pour leur fille ».
Pourtant, Didier Polvé est formel. «Aujourd’hui, tout le monde a les moyens de payer une maison de retraite, encore faut-il qu’elle soit habilitée socialement. L’aide sociale complète la part que les familles ne peuvent prendre en charge.» Le problème ? «Les limites de plafond» comme Marie- Thérèse d’Argenson les appelle. «Parfois pour un centime d’euro, on passe dans la tranche supérieure… du coup l’aide sociale prend moins en charge.» Danielle n’est pas dans ce cas mais son budget ne permet aucun extra. « Nous avons des revenus suffisants pour vivre mais nous vivons sans grandes dépenses : pas de voyage, pas de restaurant, pas de cinéma… » Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. D’après la présidente de VeDiBe, « l’Etat se désengage de plus en plus laissant la part belle aux maisons de retraite privées. Depuis 2000, on note une augmentation de 5% par an sur le tarif hébergement.» Quand vieillesse rime avec business…
Nadia Moulaï
* On distingue les EHPA (Etablissements d’hébergement pour personnes âgées) et les EHPAD tournés vers les individus dépendants. L’EPHAD est signataire d’une convention tripartite de 5 ans avec le département et l’Etat le soumettant à un cahier des charges très strict.
Quelques chiffres:
Coût moyen à la charge du résident en maison de retraite
Paris : 2780 euros par mois
Banlieue parisienne : 2161 euros par mois
Province : 1591 euros
Pour aller plus loin


97% des Français trouvent les maisons de retraite trop chères, selon un sondage TNS/Sofres paru en avril dernier. Ils seront de plus en nombreux à rogner sur leur budget hébergement d’un père ou d’une grand-mère.




















A ce prix là on peut embaucher une personne à plein temps, non ?”
3000 €/mois c’est une somme mais il y a une législation en france. Un plein-temps c’est 35h et même en ayant des enfants qui se relayent, ça ne suffirait pas…
3000€ c’est une personne à plein temps payée pour 35 h mais ce sont aussi les charges sociales, la personne aurait 1500 € environ (brut donc moins de 1200 € net)
A ces 3000€ s’ajoutent les frais de la maison : entretien ,chauffage, charges courantes, impôts fonciers et taxe d’habitation.
N’oublions pas qu’ayant une retraite et des enfants qui travaillent, ce monsieur aura une subvention symbolique, et il devra tout débourser lui-même…
Arrêtez donc de jeter la pierre aux personnes qui placent leurs anciens, comme disait Séverine, les placements sont souvent faits en dernier recours. Il est facile de dire “gardez les vieux à la maison” quand ils sont en parfaite santé, mais quand la maladie s’en mêle, les donneurs de leçon devraient peut-être vivre 6 mois de cette situation…
Je suis confronté à cette situation depuis 4 ans et avec ma soeur, nous avons bataillé ferme pour ne pas placer notre maman invalide. Nous nous relayons, nous l’aimons, c’est notre choix mais je dis “M**** !!!!” aux donneurs de leçons
C’est beau de faire la morale mais, tout en étant qualifiés de “héros” par les médecins, les gens nous fuient… une maman malade à la maison veut dire que de rares amis restent à nos côtés, que les sorties et les vacances sont à penser des semaines avant, que la vie privée bascule (très peu de conjoints acceptent “le pire” du mariage), que les subventions pour des travaux sont quasi-inexistantes si un aménagement est requis et qu’on a un salaire un peu supérieur au SMIC et que malgré tout il faut une voiture spécifique et surtout il faut avoir une vie professionnelle en parallèle …
Nous ne placerions notre maman qu’en dernier recours, mais nous le ferions…
parce qu’il y a des situations qu’on ne peut plus affronter seuls quand l’âge avance et que les situations s’aggravent.
C’est sûr que placer ses parents jeunes retraités et en pleine forme c’est ridicule, mais allez voir dans les maisons de retraite, la plupart ne se débrouillent plus tout seuls et leurs enfants sont loin… au moins là-bas ils ne sont pas seuls pendant des mois à attendre la visite annuelle de leurs enfants, ils ont une vie sociale.
Ayez donc un peu de discernement, et ne mettez pas tout le monde dans le même sac.
Et sachez que, si tout va bien et que si vos parents ont la chance de vivre très vieux, vous aurez à faire le même choix… les courageux ne seront plus si nombreux….
Je pense qu économiquement, il serait peut-être plus rentable pour la societé de maintenir les personnes agées à domicile. Je pense également que beaucoup de gens préfèrent rester chez eux.
En fait je pense que cette question des ehpad pose le problème plus général d’un choix de société. De la façon avec laquelle nous traitons tous les gens en bordure : handicapés, malades, mourrant…
Une solution existe que personnellement j’envisage, tant que j’ai toute ma conscience, c’est le départ volontaire, il existe pour cela, en Belgique notamment, des “kits” ‘euthanasie efficaces, indolores, et surtout acceptés par les autorités.
Pourquoi vouloir à tout prix aller jusqu’a la centaine d’années, dans mon exercice j’ai vu tellement de grands vieillards me confiant leur “raz le bol” devant la longueur de leur vie, surtout à la fin.
Ceci est honteux et indigne d’un pays comme la France. Traiter nos aînés qui, en 1940, ont tout donné à leur pays jusques et y compris leurs vies, est vraiment scandaleux et mérite d’être dénoncé par tous les moyens.
Les frais de soins des personnes âgées dépendantes atteintes de maladies graves et irréversibles devraient être prises en charge à 100% par la collectivité et sans plafonnement : seule la partie hébergement devrait être supportée par ces pauvres patients déjà bien touchés jusque dans le plus profond d’eux-même.
Nos aînés nous ont tout donné, nous devons tout leur rendre !!!
Notre président de la République, lors de son “intronisation” avait dit : “la France m’a tout donné…je vais tout lui rendre “…
A vous de juger…
Je suis entièrement de ton avis sur le désengagement de l’état en matière de finances et de subventions qui a transferé ces charges via les conseils généraux qui eux font fi de la reconnaissance de la nation pour nos ainés dans ce cas de figure mon père est un ancien combattant engagé volontaire des moins de 20 ans il a donné sa jeunesse au risque de sa vie pour défendre nos libertés.
Son dossier vient de repasser en commission et il n’a droit à aucune aide c’est scandaleux.
Il fallait que je le dise
Cout moyen mensuel: environ 2500 euros.
une chambre dont le cabinet de toilette était à la limite de l’insalubrité, repas du soir :un bol de soupe, où étaient moulinés les restes des légumes de midi; une misérable feuille de salade, brûlée par le vinaigre, une petite portion de fromage et une demi-poire au sirop!!!quel repas! voilà qui donne envie de continuer à vivre!
son linge, bien que marqué à son nom, disparaissait mystérieusementde son placard( les meilleurs vêtemnts de son trousseau ont été volés, on trouvait dans son placard des vêtemnts récupérés chez d’autres( décédés sans doute) qui étaient des loques,une hygiène douteuse( certainement pas de douche quotidienne, contrairement à ce qui était promis lors de l’emménagement), mais le pire du pire, ce fut l’hospitalisation pour un oui ou un non, où elle a commencé à se dégrader. Pour faire de la place, on mettait systématiquement à l’hopital,et pour une durée qui n’avait aucun rapport avec la pathologie de la personne, en espérant sans doute qu’elle y resterait.Elle est décédée au bout de deux ans,poussée vers la sortie plus qu’accompagnée. Quelle tristesse!
A tous ceux qui disent qu’en tant qu’enfant on se doit moralement d’héberger nos parents à la maison, vous vous imaginez vivre toute votre vie avec une personne à charge que vous n’aurez pas choisie?Car, certes, on choisit bien d’avoir des enfants mais l’on ne décide jamais d’avoir des parents!Avec une personne âgée, d’une autre génération, au sein de votre maison, comment imaginez-vous continuer la vie de votre foyer?Généralement nos parents n’ont pas les mêmes moeurs que nous: alors fini les vacances en famille?les galipettes avec votre tendre aimé sur la table de la cuisine?la maison laissée pour un weekend à l’un de vos ados pour qu’il fête son anniversaire?La décision de garder un de ses parents chez soi implique une certaine rupture dans le foyer, rupture amoindrie puisqu’il s’agit de votre parent mais rupture quand même puisque cette personne n’appartient pas à la base au foyer que vous avez constitué avec la personne que vous aimez.Je trouve que les gens qui prennent cette décision ont du courage mais, ce faisant, ils imposent des contraintes aux autres membres de leur famille, au risque de les perturber.Si vous avez un enfant en difficulté, vous ne croyez pas qu’il aura un gros besoin d’attention et que le fait de garder un parent peut-être handicapé ne le privera pas en partie de cette attention?Cela n’engage que moi mais je pense qu’il vaut mieux se préoccuper des vivants que des mourants.Après il est certain qu’il y a un respect à avoir des anciens et je sais que je serai moi-même tentée d’aider au mieux mes parents quand ils seront plus vieux.Mais je ne pense pas que j’irai jusqu’à les héberger ad vitam aeternam et je refuserai d’ailleurs que la justice me force à payer le moindre sou pour eux (et ce d’autant plus que j’ai manqué de beaucoup de choses dans mon enfance pour finir placée par l’aide sociale à l’enfance!).Chacun réagit de manière différent sur ce sujet selon la relation qu’il a avec ses parents mais la décision de l’hébergement doit être prise selon moi sans trop nuire à l’équilibre du foyer de la personne accueillante!La meilleure solution pour la retraite reste selon moi la prise en charge à domicile du retraité avec l’aide éventuelle de ses enfants…Après,encore faut-il que ce soit possible et que la santé de la personne âgée le permette…
le personnel quallifié en nombre trop limité, est assisté par les femmes de ménage, on m’a appelé tard un samedi soir pour un soit disant aspirateur trachéal en panne, appareil mal remonté au passage et utilisé par une femme de ménage…..cela peut faire peur, non ???. Que font nos autorités pour réguler tout cela..pas grand chose d’un premier abord ! certaines personnes ont besoin d’etre aidé pour manger, on leur dépose un plateau devant eux, et on repasse quelques dizaines de minutes plus tard….et on reprend le plateau en se plaignant que Mr ou Mme xx ne mange rien….
voilà comment cela se passe dans la maison de retraite à proximité. donc pour la prestation, c’est effectivement chère, je sais que l’on ne place pas ses ainés par gaieté de coeur là bas, mais quand on voit à la vitesse des personnes encore pleine de vie et avec tous les esprits déclinent une fois là bas, cela fait mal.
les enfants travaillent a deux maintenant ,nous ne sommes plus aux temps de la femme au foyer ,ou les ainés restaient chez leurs enfants ,mais au train ou vont les choses une ameliorations n est pas prevu au programme ,plus rien a faire des personnes agées
c est triste mais c est la realitéee, pourtant il y aurait des solutions !!!
Il reste le salaire de ma femme, qui sert aussi en partie pour les courses, et pour les frais scolaires et divers des enfants. Qui sont encore jeunes, quand ils grandiront, leurs frais aussi.
Pour notre part, si on devait payer de notre poche ne serait-ce que 1000 euros par mois pour une maison de retraite, on n’aurait plus de quoi vivre, ou alors on devra vivre comme des miséreux sans le sou, à ne plus rien payer à nos enfants, et à rogner sur tout pour faire des économies. Faire un choix entre nos parents ou nos enfants ? Vous trouvez que c’est facile ?
Quant à l’hébergement à domicile, c’est également compliqué. Déjà, ma femme et ma mère se détestent, donc je les vois mal cohabiter dans le même appartement, il y aurait des morts.
Ensuite, notre appartement est trop petit, il faudrait en acheter un plus grand, et nous n’en avons pas les moyens. Je vis dans le sud, l’immobilier est cher.
Enfin, si par malheur mes parents deviennent dépendants, il faudrait payer une personne à domicile, et là on en revient au problème d’argent. Et s’ils ne sont pas dépendants, alors ils peuvent très bien à continuer à vivre dans leur appartement.
Après, si nos parents deviennent dépendants quand les enfants ont déjà quitté le foyer, c’est différent. Mais le problème financier est réel. Mes parents m’ont effectivement hébergé pendant plus de vingt ans, mais déjà ils en avaient les moyens (ils gagnaient bien leur vie), et ils n’avaient pas à s’occuper de leurs parents en même temps. Et pour au dessus, je suis d’accord, quand on gagne dans un couple 2500 euros par mois net, et que sur ce salaire on doit déjà dépenser plus de 1200 euros pour le logement, sans compter les taxes foncières, de logement, les courses (au moins 500 euros par mois, même plus), et divers frais que je ne met pas ici, comment payer 2000 euros pour une maison de retraite ?
Voilà l’avenir que notre gouvernement a réservé à tous nos aînés indistinctement !
Tout ceci est véritablement inqualifiable et lâche !