Les voitures low cost gagnent progressivement la confiance des consommateurs français. Le succès grandissant de ces voitures, initialement réservées aux pays émergents est dû au contexte économique, mais également à notre souci croissant de l’écologie. Si ces voitures à bas prix supplantent la popularité des voitures d’occasion, c’est parce qu’elles permettent, en plus d’être le premier propriétaire du véhicule, d’obtenir un bonus écologique, et une prime à la casse.
L’offre est de plus en plus diversifiée par la concurrence des constructeurs automobiles, qui ne veulent pas abandonner à leurs rivaux un marché si alléchant, qui assure une marge non négligeable. L’engouement du consommateur est-il raisonné ? Les voitures low cost ne sont elles pas des voitures « au rabais » ? Suivez-nous, nous allons tester ensemble une voiture low cost !
Me voilà donc à la recherche d’un véhicule économique alliant ergonomie, fiabilité et robustesse, qui conviendrait à un tout petit budget (6000 euros). Afin de vérifier si une voiture low cost s’avère plus intéressante qu’une occasion, je me rends chez un concessionnaire de mon quartier. Comme je m’y attendais, la plus économique de la succursale se trouve déjà bien au-delà de l’enveloppe envisagée…
Déçue, je m’apprête à prendre congé du vendeur lorsque celui-ci me conseille de passer par la porte d’à côté, donnant accès à la marque low cost du constructeur…Je franchis le seuil encore moins convaincue qu’à mon arrivée, refroidie par l’ambiance austère qui règne sur le show-room… Ici, pas de fioritures, et le choix de véhicules est réduit au strict minimum: pas de publicités aguicheuses, aucune ambiance sonore et trois voitures seulement en exposition. Deux bureaux au design ultra simple, chacun garni de trois chaises qui, semblant avoir été désertées depuis bien longtemps, trônent au milieu de la salle. Et…pas de vendeurs à l’horizon !
Un peu haute perchée, à l’instar des véhicules de type monospace, l’accès à bord se trouve facilité. Le coffre surprend par sa profondeur qui permettra de loger aisément valises et poussette pour un départ en vacances avec papa, maman et bébé. Une fois à bord et la portière fermée, une agréable sensation de cocon hermétique m’envahit. L’assise un peu ferme est néanmoins confortable, et l’habitacle offre des proportions généreuses conférant à tous les occupants, avant comme arrière, un espace individuel des plus appréciables. D’autre part, les tissus enveloppant les sièges sont plutôt jolis.
Côté planche de bord, amateurs de gadgets multicolores et lumineux s’abstenir ! L’essentiel est là, pas de superflu. Les plastiques utilisés sont de couleurs agréables, de facture solide et inspirent la robustesse. On est certes loin des nouvelles planches de bord à finition mousse donnant un côté cosy à l’environnement de bord, mais n’oublions pas que nous sommes dans le créneau low cost… En ce qui concerne l ‘équipement, le modèle de base n’a ni vitres électriques, ni direction assistée, et n’est pas précâblée pour l’autoradio. Comptez tout de même environ 800 euros pour avoir le pack corrigeant ce défaut d’options aujourd’hui quasi indispensables pour l’automobiliste moderne.
Désireuse d’en connaître un peu plus sur son comportement routier, je sollicite un essai auprès du vendeur qui s’est finalement manifesté après une dizaine de minutes d’absence. Le modèle en essai est doté d’un moteur 1.5 Dci de 80 cv. Ce dernier offre une sonorité agréable et la sensation hermétique ressentie en montant à bord se confirme : le bruit de moteur diesel se fait relativement discret. Un peu de circulation en ville me permet de mettre à l’épreuve sa maniabilité. Test réussi avec brio : les changements de files, franchissement de ronds-points, accélération au démarrage laisse entrevoir un dynamisme plutôt inattendu …
Direction l’autoroute pour avoir une idée de ses qualités de routière. Démarrage rapide, accélération suffisante pour un modèle du genre et une excellente reprise lors des dépassements contribuent à donner au conducteur et à ses occupants un vrai sentiment de sécurité à bord. Je suis bien loin de la voiture poussive que j’imaginais en montant à bord… Les longues distances sont envisageables avec sérénité et l’autonomie offerte par les différents modèles est parfaitement correcte. Le modèle Gpl / essence a l’avantage d’offrir l’autonomie de son réservoir essence ainsi que celle du réservoir GPL offrant ainsi une autonomie globale impressionnante, pour un prix global de moins de 6000 euros, après déduction de prime à la casse.
Le bilan est plutôt positif : un rapport qualité-prix indéniable, à l’achat comme à l’usage, un confort et des équipements rudimentaires mais néanmoins de qualité confèrent à cette voiture tous les avantages d’un véhicule de marque française pour un prix inférieur de presque 50%. À budget égal, le choix sera évident entre une voiture neuve bénéficiant d’une garantie constructeur de 3 ans, et un véhicule d’occasion, avec de nombreux kilomètres au compteur, sans garantie, et plus nocif pour l’environnement.
Reste à être patient : pour obtenir votre voiture vous devrez passer commande et attendre deux à trois mois !
Juliette Speranza
Pour aller plus loin


Juliette invite les amateurs de carrosseries à la suivre, en avant-première, au volant d'une voiture low-cost. Test sans concession.




















- il n’est pas question de nier l’utilité de la voiture, mais de ne l’utiliser que quand c’est vraiment nécessaire; je rappelle les statistiques: la moitié des salariés français habite à moins de 8km de son lieu de travail. Ces personnes-là ont d’autres solutions que la voiture…
- je vois tous les jours les mêmes grosses voitures garées en double-file devant la boulangerie du quartier… est-il vraiment nécessaire de démarrer un moteur pour faire 1km ?
- personne ne vous oblige à habiter en pleine cambrousse: loin des grandes villes, on peut aussi choisir d’habiter dans un bourg, une petite ville, où on ne manquera pas de trouver les principaux commerces (supérette, boulangerie, presse, etc.); si en plus on choisit de s’approcher du lieu de travail d’un des conjoints, ça fait toujours une voiture de moins à financer. C’est un choix de s’éloigner du centre et des commodités, il faut l’assumer.
- je déplore comme vous la faiblesse de l’offre en transports en commun à la campagne, et leur inconfort et leur saturation en ville, mais on ne peut pas dire qu’il y ait une forte pression populaire pour inverser cette tendance…
- le vélo en cas d’intempéries, c’est tout à fait possible: je le fais, il suffit d’être bien équipé (même pas besoin de vêtements aussi chauds que pour le scooter ou la moto, on se réchauffe en pédalant). Je fais à peu près 90% de mes trajets à vélo, ce qui représente en moyenne 10000km par an (dont 46km/jour pour aller au travail et revenir), par tous les temps; je fais aussi mes courses… je précise que je ne suis pas particulièrement jeune (38 ans) ni sportif (10 bons kg de trop, mais ça s’améliore grâce à mon exercice quotidien). Bref, beaucoup de nos concitoyens pourraient le faire, il suffirait d’un peu de volonté.
Mais je sais que j’aurai du mal à vous convaincre… l’automobile est un symbole social qu’il est très difficile de remettre en question.
c’est vrai que pour moi un véhicule est nécessaire (j’habite à la campagne) et je me vois mal imposser à mes enfants de faire 8 km en vélo pour prendre pour l’un le bus pour le lycée et l’autre aller à l’école. par contre pendant les vacances scolaires j’y vais à vélo.
La voiture un mal necéssaire quand on habite la campagne mais pas pour autant esclave de sa voiture.
Une étude américaine a comparé l’impact environnemental d’un tel choix, entre acheter un vieux pick up qui pollue à donf (genre fumée noire) et une hybride. La victoire revient au pick up, l’hybride ne reprend le dessus qu’apres … 10 ans d’utilisation…