En 2009, entre 1 et 2 % des 820 000 naissances annuelles se font à domicile, en France, selon le Ciane (Collectif inter-associatif autour de la naissance). Ce choix, qui n’est plus l’apanage des hippies ou des mystiques, est celui de parents qui souhaitent un accouchement plus humain, plus respectueux, hors d’un système trop technique et médicalisé. L’Association nationale des sages-femmes libérales insiste sur la diversité des familles désireuses d’accoucher à domicile. Ce sont toutes les catégories socioprofessionnelles qui sont concernées, unies par ce refus d’accoucher dans des conditions classiques. Pour Caroline, maman de Mathis, 2 ans : « mettre mon enfant au monde dans les conditions hypermédicalisées et froides que proposent les maternités classiques m’était intolérable. J’ai choisi l’accouchement à domicile, et une sage-femme a accepté de me suivre. Il y avait une réelle harmonie entre le papa, la sage-femme, mon bébé et moi. »
De nombreuses femmes déclarent ainsi se sentir plus proches de leurs enfants, plus sereines, mais aussi paradoxalement… plus en sécurité ! Ce sont souvent des femmes traumatisées par un premier accouchement ou craignant l’accouchement en maternité : « Mon premier accouchement, sous péridurale a été un véritable cauchemar. J’avais le sentiment d’être un animal à l’abattoir, sans aucune attention de la part du personnel médical, avec, de plus, une épisiotomie qui ne m’a pas semblé indispensable », raconte Carine, qui a choisi l’AAD pour son deuxième enfant. Une naissance « sans violence » donnerait davantage au nourrisson l’envie d’exister, selon les défenseurs de l’accouchement à domicile. Il offrirait également un meilleur confort à la maman, qui peut choisir sa position. « Les épisiotomies sont rares, le cadre offrant à la mère plus de sérénité et permettant ainsi un relâchement du périnée », explique Agnès, une des rares sages-femmes françaises à pratiquer l’AAD.
L’argument principal en faveur de l’accouchement à domicile est l’hypermédicalisation de la grossesse, et ce, même quand elle n’est pas pathologique. Épisiotomies, césariennes, péridurales, autant de pratiques dont l’accroissement ne serait pas médicalement justifié. Le collectif « Naître chez soi » insiste sur le fait que cette surmédicalisation peut paradoxalement être à l’origine de complication.
Mais, comme le souligne le CNGOF (Collège national des gynécologues et des obstétriciens français), c’est grâce à la médicalisation des naissances que le taux de mortalité des femmes en couches et des nourrissons a baissé dans les pays riches. L’accouchement en maternité garantit davantage de sécurité qu’une naissance à la maison : « L’accouchement à domicile est totalement irresponsable. Non seulement la mère prend des risques pour sa santé, mais surtout elle met celle de son enfant en danger. Les urgences voient souvent arriver des cas extrêmes suites à des AAD », s’indigne Maryse, sage-femme en maternité. L’ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologysts) désapprouve également ces pratiques : « Une surveillance continue de la mère et du fœtus est essentielle car de graves complications durant l’accouchement peuvent survenir avec peu ou sans signes précurseurs, même dans le cas de grossesses à bas risques. Dans certains de ces cas, la disponibilité de compétences et les interventions dans des conditions urgentes ou émergentes peut sauver la vie de la mère, du fœtus ou du nouveau-né et peut réduire la probabilité d’un résultat défavorable. »
Anne, 36 ans, a échappé à la mort en accouchant à l’hôpital : « Je voulais accoucher à domicile, mon mari a refusé. À la clinique, il a préféré la maternité de l’hôpital. Je lui en serai éternellement reconnaissante. Si nous avions opté pour l’accouchement à domicile, ma fille et moi ne serions plus de ce monde. » Hémorragies, asphyxie du nourrisson et autres complications sont des réalités ingérables hors d’une structure hospitalière. Ainsi, malgré l’aspect trop technique, impersonnel, de l’accouchement en maternité, le corps médical préconise la prudence, prioritaire lors de cet événement à risque qu’est l’accouchement. On ne peut en outre se baser sur les études démontrant que les AAD se déroulent statistiquement aussi bien que tout accouchement en maternité. En effet, les AAD ne concernent que des accouchements à très bas risques, les résultats sont de fait faussés.
D’un point de vue pratique…. toutes les femmes ne sont pas autorisées à accoucher à domicile. Uniquement les grossesses dites eutociques (sans complication) pourront aboutir à un AAD. (Néanmoins, les pro-AAD comme ses détracteurs s’accordent à dire que l’on ne peut qualifier une grossesse véritablement d’eutocique qu’après l’accouchement.) Par crainte de poursuites juridiques pouvant émaner du corps hospitalier comme des patients, le nombre de sages-femmes libérales est très peu élevé (une soixantaine selon l’ANSFL, Association nationale des sages femmes libérales). Il serait inférieur aux familles candidates. Toutes les demandes ne sont donc pas satisfaites.
Quant au coût, il est variable. On peut dire qu’un accouchement à domicile est plus onéreux qu’en structure hospitalière, mais il reste accessible. Certaines sages-femmes ne demandent que le tarif conventionné (environ 650 euros si la sage-femme respecte les tarifs de la Sécurité sociale), tandis que d’autres opteront pour un « forfait » pouvant être de 1 000 ou 1 500 euros. Il faut vérifier en tous les cas qu’il comprend les modalités de transfert. Les sept consultations prénatales, les séances de préparation à l’accouchement, les suivis de couches sont remboursés intégralement. En revanche, les consultations supplémentaires, les visites à domiciles avec les indemnités kilométriques, les majorations, les nuits, dimanche et fête, creusent un écart par rapport à un suivi de grossesse classique. Un suivi de grossesse et un AAD (au minimum 650,34 euros) seront remboursés, mais la faiblesse des montants autorisés des consultations de suivi global (15,90 euros) et du remboursement de l’acte pour un accouchement (312 euros) poussent souvent les sages-femmes pratiquant l’AAD à demander des dépassements d’honoraires.
Juliette Speranza
Pour aller plus loin


Revendiqué comme une liberté fondamentale par la charte des droits de la parturiente (Journal officiel des communautés européennes, juillet 1988), l'accouchement à domicile (« AAD ») laisse le secteur médical sceptique. Écotidien fait le point.




















Plob : intérêt physique ou moral, sentir le bébé passer, se remettre d’un accouchement sans péridural, eh bien, si vous voulez accoucher sans péridurale, c’est votre choix et pas forcément celui des autres. Je ne sais pas quel est le mérite d’accoucher sans péridurale. Je pense aucun. On est pas plus courageuse, ce n’est pas une compétition, on a rien à prouver. Pour moi, ça aurait été une connerie d’accoucher en souffrant. La seule chose que j’ai à me prouver, c’est donner une éducation à mon fils et non souffrir ou non pendant l’accouchement. C’est une étape par laquelle je devais passer et c’est tout. Le mien s’est bien passé parce que je n’ai pas senti le bébé arriver et tant mieux d’ailleurs. Je n’ai eu aucune séquelle de la péridurale. L’accouchement, je n’en fais pas toute une histoire, par contre, avoir pu regarder mon bébé toute la nuit avec admiration, ça c’est une belle victoire de la péridurale. Pensez donc à celles qui n’ont pas le choix (pays pauvres…).
à letarmo : si on argumente pas avec des exemples vécus, on argumente alors avec des exemples inexistant… sans intérêt !
Une péridurale oui c’est un progrès à condition de ne pas l’imposer et surtout d’expliquer les conséquences de la pratique (augmentation du nombre d’épisiotomies).
Maintenant quand on est au courant de tout : on fait son choix en conséquence ! Rien de plus.
Ce qui me révolte c’est le saccage des épisio dites “de routine” ou “préventives”, pratique en partie engendrée par l’usage de la péridurale.
Rien de plus
Ils sont en général bien rédigés et bien informés.
Sans doute la frustration de ne pouvoir s’exprimer eux mêmes sur la toile, la jalousie….
mais plus que les journalistes, c’est eux qui se ridiculisent! mon soutien de journaliste à toute l’équipe!
Ohhhh, scusez pardon, on se congratule entre collègue…
Quand on lit ceci, on ne s’étonnera pas d’avoir a postériori des jugements négatifs sur les articles…
Donc, le journaliste informe, et le reste du monde devrait boire ses paroles sans discuter, tellement il est ignorant! Quelle ouverture d’esprit!
Navrée de vous faire tomber de votre pied d’estal, mais aujourd’hui les gens sont parfois autant voire mieux informés que les journalistes eux-mêmes sur des sujets pointus.
Même lorsqu’on fait un travail de recherche rigoureux, il est impossible de rester totalement objectif, alors la pseudo neutralité journalistique…A d’autres! La subjectivité est le propre de l’humain.
J’ai été suivie pendant toute ma grossesse par une sage femme uniquement. C’est mon médecin traitant lui-même qui m’a dit que ça n’était pas utile d’être suivie par des spécialistes -gynéco, obstétriciens…- si tout était normal et que j’allais bien ainsi que le bébé.
La sage femme qui m’a suivi a la formation qui lui permet de faire tout le suivi complet d’une grossesse, échographies y compris. D’ailleurs à la dernière échographie de routine elle a eu un petit doute sur un détail et m’a envoyé par prudence chez le gynéco-obstétricien de l’hôpital où je devais accoucher (tout c’est révélé normal).
Dans le cabinet de cette sage femme il y en avait une autre (S.F.) plus spécialisée dans la préparation physiologique de la grossesse, (c’était super je pouvais tout faire au même endroit). C’est elle qui nous a expliqué que pour que la manière dont on voulait accoucher soit respectée, pour ne pas mal vivre notre accouchement et ne pas avoir de regrets plus tard, il fallait tout mettre par écrit. Faire un ‘projet de naissance’.
Et ensuite soumettre ce projet aux équipes soignantes des maternités ou on voulait accoucher.
Et bien aucun des hôpitaux et cliniques de ma ville n’ont accepté mon projet car ils trouvaient qu’il y avait trop de risques et que ça demandait trop d’implication du personnel qui n’a pas ce temps et cette vocation.
J’ai surtout compris que leur personnel n’est pas assez nombreux et pas formé pour gérer des accouchements physiologiques où il faut conseiller à la femme différentes positions, par exemple, pour atténuer la douleur et favoriser la ‘descente’ du bébé.
C’est en tout cas tout à leur honneur car au moins ils sont conscients de leur propres limites et m’ont évité un accouchement dans des conditions qui m’auraient certainement traumatisée et que j’aurai très mal vécu (et par conséquent le bébé aussi puisqu’il est très sensible, comme tous les bébés, à tout ce que sa maman ressent)
J’ai donc pensé à l’accouchement à domicile mais pour mon premier j’avais des doutes et quelques peurs, (je tenais quand même à être dans un milieu médical au cas où) alors heureusement, j’ai trouvé ce petit hôpital de campagne qui à un projet d’équipe, une mentalité et une manière de voir les choses qui collait parfaitement avec mes idées et mes sentiments.
J’ai pu accoucher exactement comme je le souhaitais, ils ont respecté à la lettre mon projet de naissance. Par exemple je n’avais le monitoring que par intermittence, juste le temps de voir que tout allait bien et ils me l’enlevaient; j’étais dans une pièce dans une semie-pénombre, avec seulement mon mari, je me mettais dans toutes les positions que je voulais (et que j’avais vu à la préparation). Je pouvais aller dans l’eau dans une baignoire quand je voulais, je n’avais pas de perfusion…
Au moment même de l’expulsion aussi, je pouvais me mettre dans la position que je voulais, il y avait juste la sage femme qui était là en plus, on était toujours dans la pénombre avec le monitoring juste de temps en temps. Quand le bébé est sorti, on me l’a immédiatement mis sur moi, il a pu tout de suite ramper vers le sein, on a coupé le cordon ombilical seulement quand il a cessé de battre, on m’a laissé le bébé même pour lui faire les quelques examens, aucun médicament ne nous ont été administrés ni à lui ni à moi. On a pas lavé le bébé, on nous a juste couverts pour que nous n’ayons pas froid.
Bref, la venue au monde de mon bébé c’est faite dans la douceur et dans le respect non seulement de mes choix mais aussi de l’être humain et de la naissance en général, je pense. ça ne ce serait pas passé différemment à la maison.
Le problème c’est qu’il n’y a quasiment aucun hôpital ou clinique qui n’acceptent de faire accoucher des femmes dans ces conditions, alors que nous ne demandons qu’une chose : que la physiologie naturelle de l’accouchement soit respectée et qu’on arrête de considérer tous les accouchements comme des maladies alors que nous les femmes nous sommes faites pour ça, et ce depuis la nuit des temps!
vous noterez que je ne suis pas une extrémiste, puisque je suis pour le fait qu’il y ait tout le matériel médical à proximité ainsi que le personnel adéquat pour une intervention médicale et/ou chirurgicale d’urgence si besoin est. (D’ailleurs même si je n’avais pas de perfusion, la sage femme m’avait quand même mis un cathéter dans une veine du bras avec un bouchon au cas où…)
Mais malheureusement, ces endroits sont trop rares, par manque de remise en question du personnel soignant, manque de formation aussi (ils ne savent gérer la douleur que par les médicaments, alors qu’il existe tellement d’autres techniques naturelles et tellement plus respectueuses de la physiologie de l’accouchement), par manque aussi de personnel, etc…
Mais la question est : est-ce que c’est à nous les femmes et leurs bébés d’avoir à subir ces manques? Est-ce que du coup on doit subir les conséquences en se soumettant à des techniques qui déshumanisent totalement les accouchements et les naissances et qui traumatisent des milliers de mères et leurs bébés chaque année? Doit-on choisir entre la sécurité médicale et le respect de nos choix?
De plus en plus de mères remettent en question les techniques utilisées par les hôpitaux et les cliniques ‘classiques’ et cherchent d’autres moyens d’accoucher plus naturellement. Une preuve, c’est que le petit hôpital où j’ai accouché avait de moins en moins de patients pour ses autres services car les patients préféraient aller en ‘ville’, ils étaient donc en train de fermer tous leurs services un à un et ils croyaient qu’ils allaient devoir fermer la maternité aussi comme dans de nombreuses petites villes de France. Mais face à la demande de plus en plus importante de femmes chaque année qui veulent accoucher chez eux, ils l’ont au contraire agrandit et les trois quarts de ces femmes viennent de la ville, comme moi! C’est-à-dire, à trois quart d’heures de route!
Pour vous dire qu’on ne nous donne pas vraiment le choix : soit subir un accouchement médicalisé classique, soit aller à ‘perpet’-les-oies’ trouver un endroit plus humain où on respecte notre choix et pouvoir être en sécurité au cas où, soit…..accoucher à domicile parce qu’il n’y a pas d’endroit assez proche où l’on puisse accoucher comme on le veut, dans l’intimité, la douceur et le respect.
Je pense que si ces endroits étaient plus nombreux, au fond les femmes n’auraient plus l’obligation d’accoucher à domicile pour que leur projet de naissance soit respecté et ne se mettrait donc plus en danger elles et leur bébé au cas où…
D’une maman comblée et qui accouchera peut être un jour, ‘par obligation’, à domicile si les choses n’ont pas évoluées d’ici là, vu qu’elle à déménagé depuis son premier accouchement et habite encore plus loin de cette fameuse maternité de campagne…
Je remercie notamment Céline qui s’est évertuée, avec succès , à démontrer le sérieux de l’AAD, je crois d’ailleurs que je me renseignerai le moment venu sur cette méthode.
Plop: en effet, chez moi l’épisiotomie est quasi systématique de même que la péridurale. Ce qui me déplais au plus au point c’est l’insistance avec laquelle on essaye de vous convaincre que c’est la meilleure manière d’accoucher!
- l’hygiène (inconnue, y compris des médecins, jusque tard au 19è siècle)
- la meilleure alimentation de la masse de la population (une alimentation carencée avec des périodes répétées de disette = des hanches étroites et des difficultés d’accouchement ou positions aberrantes)
- la contraception ou, avant cela, la réduction du nombre des grossesses (allaitement long, ogino, retrait..) que les populations ont progressivement apprises et utilisées, trop de grosseses rapprochées (paradoxalement surtout fréquentes chez les aristocrates n’allaitant pas) favorisant les positions aberrantes du foetus.
Je suis britannique et dans mon pays on accouche à domicile avec une sage-femme de secteur, envoyée par l’hôpital. L’équivlent de la sécu anglaise (NHS) a récemment produit une recherche démontrant que les AAD ne sont pas plus à risque que les accouchement en hôpital. Aussi je rigole quand je vois les ob-gyn français agiter le spectre de la mort des parents et du bébé et se permettre de traiter les parents d’irresponsables.
Que dire du caractère irresponsable du décubitus dorsal imposé en maternité et de son effet asphyxiant sur le bébé, de la péri routinière en mentant aux mères sur ses effets toxiques (bébé ensuqué, qui dev des pbs d’allaitement…)
Naturellement tout le monde ne peut accoucher à domicile. Les grossesses à risque doivent être écartées et la proximité d’un hosto est utile en cas de nécessité de transfert.
Par ailleurs pour les mères qui, au contraire habitent en pleine montagne, campagne, et en raison de l’hystérique regroupement des maternités ,sont obligéées de se tapper 80 km de voiture vers la “plus proche”, ce qui est irresponsable est d’accoucher précisément en mat, ou dans sa voiture… et de prendre la route alors qu’on est en plein travail au lieu de rester au chaud (surtout en plein hiver).
je n’ai pas d’enfant, mais il y a 2 mois, j’ai assisté à l’accouchement de ma grande soeur qui a mis au monde un petit garçon magnifique, son troisième enfant, à la maison, entouré de son mari et d’une SF compétente, à l’écoute.
Elle a eu son premier fils à l’hôpital, dans des conditions surmédicalisées, froides et distantes. Le gynécologue n’a fait qu’observer du coin de la pièce ce qui se passait, le suivi de l’accouchement a été si peu humain, que je ne m’étonne plus du nombre de dépressions post accouchement à l’hôpital.
Elle a accouché de ses deux autres enfants à la maison, dans des conditions radicalement différentes. Il faut préciser, comme l’on déjà noté certains, que l’AAD n’est possible que pour les grossesses qui ne présentent aucun risques apparents. Il faut un hôpital à moins de 30min de voiture si une complication se présente.
J’ai donc assisté à l’accouchement à domicile; les contractions ont commencé vers 4h du matin, la SF est arrivée vers 7h (ma soeur a attendu de voir si les contractions ne se calmaient pas car elle en avait déjà eu les jours précédant); nous avons pris le petit déjeuner tous ensemble, ma soeur avec son petit matelas par terre pour soulager la douleur pendant les contractions (chacune ses positions!); entre 2, elle plaisantait, s’occupait d’écrire les adresses sur les enveloppes pour les faire-parts…
La SF contrôlait régulièrement l’ouverture du col, a préparé ses outils en vérifiant plusieurs fois qu’il ne manquait rien, a positionné stratégiquement compresses, alèses… Combien de femmes à l’hôpital entendront jamais les mots “quand vous sentirez que c’est le bon moment pour pousser, prévenez moi”??
Ma soeur a décidé d’accoucher dans la baignoire; l’expulsion s’est faite en moins de trois minutes vers 15h de l’après-midi. En gros, elle a vraiment souffert que quelques minutes, car les contractions ont été très espacées presque jusqu’à la fin.
Le bébé a été posé sur le ventre de ma soeur moins de 5 minutes plus tard (elle l’avait déjà tenu dans ses bras), il a rampé pour trouvé le sein, c’était très émouvant)
La Sf a fait les examens réglementaires du bébé, (au passage, elle note aussi pendant toute la durée de l’accouchement, les étapes, ce qui se passe…) et lui a rendu son enfant.
Je ne veux pas induire que tous les accouchements à la maison sont aussi iddyliques, mais je suis persuadée que le stress est bien moins important; la SF suit la grossesse et l’accouchement, puis elle revient deux jours plus tard, et encore la semaine suivante. Je ne suis pas d’accord avec l’article sur le prix de l’AAD: comparativement à l’hôpital, il coute bien moins cher à notre société si l’on connait le prix d’une journée d’hospitalisation!
Bref, pour moi ça a été une expérience formidable, qui donne envie. Je suis encore jeune et je ne m’y connais pas très bien; l’hôpital ne donne vraiment pas envie. Je ne sais pas si je me sentirai d’accoucher d’un premier à la maison, mais il existe des alternatives à l’hôpital (maisons de naissance…), que j’étudierai avec soin avant de faire mon choix!
Bon courage à toutes les futures maman
http://dechainees.easy-hebergement.info/index.php?page=50f
et peut être aider ceux qui cherchent à comprendre pourquoi de plus en plus de femmes font ce choix :
http://boob.over-blog.fr/
Severine : merci de ce partage d’expérience, c’est rassurant de voir qu’il reste encore quelques maters qui résistent à l’industrialisation de la naissance, néanmoins même si de véritables maisons de naissance voyaient le jour en France (et on en prends pas le chemin) je choisirai quand même de rester chez moi
avec six enfants et donc peu de temps personnel j’imagine que c’est important pour toi de témoigner de la réalité. Les gens sont mal informés, trompés sur les raisons pour lesquelles on les fait aller accoucher à l’hôpital. C’est souvent un stress inutile : où vont les ainés pendant l’accouchement, combien de temps ais-je devant moi pour rejoindre la maternité , y’aura-til de la place, que fait le taxi ?? Alors que la sage-femme qui vient à la maison sait évidemment accompagner la femme qui accouche mais aussi guider quand bébé a du mal à prendre le bon chemin de la sortie et bien sur quand on il n’y a pas d’interventions inutiles elle sait dans de rares cas sauver la Vie de ceux qu’elle prend en charge. Je souhaite à toutes les femmes de ne pas avoir le temps d’aller jusqu’à la clinique à l’heure H pour se réconcilier avec l’accouchement. Ou mieux, de comprendre que donner la vie est un moment de bonheur inoubliable tant il peut bien se vivre pareque sans tromperie c’est un acte que la nature a voulu simple et magique.
L’hypermédicalisation sert surtout à protéger les médecins, Tant pis si les parturientes ont des complications par la suite, le médecin est couvert, puisqu’il peut se cacher derrière la structure. Résultat, on accouche comme on se ferait extraire une dent…
Toutes les petites unités à taille humaine ont été fermées au profit d’usines à accoucher où les femmes sont traitées comme des numéros. Croire que c’est un progrès est un leurre. Et essayer de faire croire que faire 100km en voiture pour accoucher dans un grand hôpital est une sécurité pour justifier la fermeture des unités de proximité est assez effrayant.
La peur empêche de penser, or c’est une réflexion plus globale sur une médecine au service des patients (et non d’elle-même) qu’il faudrait entamer.
Un AAD se prépare tant physiquement que mentalement. Ce n’est pas un hasard si l’accouchement se déroule avec une sage-femme qui a suivi la maman pendant toute la grossesse. Les peurs de l’AAD qui se passerait mal sont justifiées et compréhensibles. Mais dans ce cas, autant appliquer le principe de précaution à la lettre et se faire hospitaliser dans une maternité de niveau III (celles plus spécialisées dans la gestion des grossesses pathologiques) dès le début du congé de maternité, au cas où.
Non, soyons sérieux, la sage-femme est un professionnel de santé qui oriente la maman vers l’accouchement le mieux adapté. Elle sait détecter les signes d’aggravation bien avant qu’ils n’apparaissent et n’hésitera pas (en tout cas c’est le cas de la sage-femme qui a suivi mon épouse) à transférer vers la maternité.
L’accouchement à l’hôpital est moins risqué qu’à la maison. C’est malheureusement faux comme le montrent toutes les données statistiques sur le sujet. De plus, nombre de gestes médicaux sont mal utilisés à la maternité pour accélérer l’accouchement: je pense notamment à l’épisiotomie ou au monitoring permanent de l’enfant.
Le monitoring permanent est là pour suppléer la non surveillance en permanence de la mère et de son futur bébé par les sage-femme en maternité et, les études le montre bien, est un facteur d’augmentation des accouchemements non physiologiques (est-ce parce que quelqu’un fait de temps à autre de l’arythmie cardiaque qu’il va faire dans la minute un arrêt cardiaque…).
Quant à l’épisiotomie, je prendrai l’exemple de mon épouse. Sur trois accouchements, une seule épisiotomie: à l’hôpital, non justifié médicalement (aucune détresse du foetus), contre l’avis écrit et oral de la maman, et en plus mal faite. Résultat: 5 ans apès, la cicatrice est encore très douloureuse et il faudrait réopérer pour réparer cette “boucherie”.
Les deux autres accouchements, à la maison, se sont parfaitement déroulés. La sage-femme, présente tout du long, pratiquait un monitoring par intermittence, n’a pas eu à transférer pour réaliser une épisiotomie, rassurait la maman et l’encourageait…
Juste un mot sur la motivation de l’AAD: quand une sage femme accueille un jeune femme qui attend son premier enfant, après avoir perdu les eaux précocément et en ayant un travail par les reins en lui disant abruptement: “et bien madame, si vous ne supportez pas àa maintenant, qu’est ce que vous allez devenir toute à l’heure!”, il y a de quoi est blessé psychologiquement de manière profonde. Ajouter derrière la boucherie inutile qui s’en est suivi et vous obtenez la principale motivation des femmes pour l’AAD: “je souhaite un accouchement plus physiologique, c’est à dire plus respectueux de mon bébé et de mon corps”.
Mode pour les uns, prise de conscience pour les autres, il serai peut être temps que la France s’inspire des Pays-bas où les 2/3 des naissances se déroulent dans des maisons de naissance (qui n’existent pas encore en France (projet suspendu par le ministère pour le moment)), gérées complètement pas des sage-femme et où l’hospitalisation des cas non jugés pathologiques par le corps médical est synonyme de surcoût à payer.
Morale de l’histoire, malgré les techniques médicales françaises par mi les plus en pointe au monde, le taux le mortalité du bébé est en France, bien plus élevé qu’aux Pays-Bas.
A MEDITER