En 2009, entre 1 et 2 % des 820 000 naissances annuelles se font à domicile, en France, selon le Ciane (Collectif inter-associatif autour de la naissance). Ce choix, qui n’est plus l’apanage des hippies ou des mystiques, est celui de parents qui souhaitent un accouchement plus humain, plus respectueux, hors d’un système trop technique et médicalisé. L’Association nationale des sages-femmes libérales insiste sur la diversité des familles désireuses d’accoucher à domicile. Ce sont toutes les catégories socioprofessionnelles qui sont concernées, unies par ce refus d’accoucher dans des conditions classiques. Pour Caroline, maman de Mathis, 2 ans : « mettre mon enfant au monde dans les conditions hypermédicalisées et froides que proposent les maternités classiques m’était intolérable. J’ai choisi l’accouchement à domicile, et une sage-femme a accepté de me suivre. Il y avait une réelle harmonie entre le papa, la sage-femme, mon bébé et moi. »
De nombreuses femmes déclarent ainsi se sentir plus proches de leurs enfants, plus sereines, mais aussi paradoxalement… plus en sécurité ! Ce sont souvent des femmes traumatisées par un premier accouchement ou craignant l’accouchement en maternité : « Mon premier accouchement, sous péridurale a été un véritable cauchemar. J’avais le sentiment d’être un animal à l’abattoir, sans aucune attention de la part du personnel médical, avec, de plus, une épisiotomie qui ne m’a pas semblé indispensable », raconte Carine, qui a choisi l’AAD pour son deuxième enfant. Une naissance « sans violence » donnerait davantage au nourrisson l’envie d’exister, selon les défenseurs de l’accouchement à domicile. Il offrirait également un meilleur confort à la maman, qui peut choisir sa position. « Les épisiotomies sont rares, le cadre offrant à la mère plus de sérénité et permettant ainsi un relâchement du périnée », explique Agnès, une des rares sages-femmes françaises à pratiquer l’AAD.
L’argument principal en faveur de l’accouchement à domicile est l’hypermédicalisation de la grossesse, et ce, même quand elle n’est pas pathologique. Épisiotomies, césariennes, péridurales, autant de pratiques dont l’accroissement ne serait pas médicalement justifié. Le collectif « Naître chez soi » insiste sur le fait que cette surmédicalisation peut paradoxalement être à l’origine de complication.
Mais, comme le souligne le CNGOF (Collège national des gynécologues et des obstétriciens français), c’est grâce à la médicalisation des naissances que le taux de mortalité des femmes en couches et des nourrissons a baissé dans les pays riches. L’accouchement en maternité garantit davantage de sécurité qu’une naissance à la maison : « L’accouchement à domicile est totalement irresponsable. Non seulement la mère prend des risques pour sa santé, mais surtout elle met celle de son enfant en danger. Les urgences voient souvent arriver des cas extrêmes suites à des AAD », s’indigne Maryse, sage-femme en maternité. L’ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologysts) désapprouve également ces pratiques : « Une surveillance continue de la mère et du fœtus est essentielle car de graves complications durant l’accouchement peuvent survenir avec peu ou sans signes précurseurs, même dans le cas de grossesses à bas risques. Dans certains de ces cas, la disponibilité de compétences et les interventions dans des conditions urgentes ou émergentes peut sauver la vie de la mère, du fœtus ou du nouveau-né et peut réduire la probabilité d’un résultat défavorable. »
Anne, 36 ans, a échappé à la mort en accouchant à l’hôpital : « Je voulais accoucher à domicile, mon mari a refusé. À la clinique, il a préféré la maternité de l’hôpital. Je lui en serai éternellement reconnaissante. Si nous avions opté pour l’accouchement à domicile, ma fille et moi ne serions plus de ce monde. » Hémorragies, asphyxie du nourrisson et autres complications sont des réalités ingérables hors d’une structure hospitalière. Ainsi, malgré l’aspect trop technique, impersonnel, de l’accouchement en maternité, le corps médical préconise la prudence, prioritaire lors de cet événement à risque qu’est l’accouchement. On ne peut en outre se baser sur les études démontrant que les AAD se déroulent statistiquement aussi bien que tout accouchement en maternité. En effet, les AAD ne concernent que des accouchements à très bas risques, les résultats sont de fait faussés.
D’un point de vue pratique…. toutes les femmes ne sont pas autorisées à accoucher à domicile. Uniquement les grossesses dites eutociques (sans complication) pourront aboutir à un AAD. (Néanmoins, les pro-AAD comme ses détracteurs s’accordent à dire que l’on ne peut qualifier une grossesse véritablement d’eutocique qu’après l’accouchement.) Par crainte de poursuites juridiques pouvant émaner du corps hospitalier comme des patients, le nombre de sages-femmes libérales est très peu élevé (une soixantaine selon l’ANSFL, Association nationale des sages femmes libérales). Il serait inférieur aux familles candidates. Toutes les demandes ne sont donc pas satisfaites.
Quant au coût, il est variable. On peut dire qu’un accouchement à domicile est plus onéreux qu’en structure hospitalière, mais il reste accessible. Certaines sages-femmes ne demandent que le tarif conventionné (environ 650 euros si la sage-femme respecte les tarifs de la Sécurité sociale), tandis que d’autres opteront pour un « forfait » pouvant être de 1 000 ou 1 500 euros. Il faut vérifier en tous les cas qu’il comprend les modalités de transfert. Les sept consultations prénatales, les séances de préparation à l’accouchement, les suivis de couches sont remboursés intégralement. En revanche, les consultations supplémentaires, les visites à domiciles avec les indemnités kilométriques, les majorations, les nuits, dimanche et fête, creusent un écart par rapport à un suivi de grossesse classique. Un suivi de grossesse et un AAD (au minimum 650,34 euros) seront remboursés, mais la faiblesse des montants autorisés des consultations de suivi global (15,90 euros) et du remboursement de l’acte pour un accouchement (312 euros) poussent souvent les sages-femmes pratiquant l’AAD à demander des dépassements d’honoraires.
Juliette Speranza
Pour aller plus loin


Revendiqué comme une liberté fondamentale par la charte des droits de la parturiente (Journal officiel des communautés européennes, juillet 1988), l'accouchement à domicile (« AAD ») laisse le secteur médical sceptique. Écotidien fait le point.




















Au Pays Bas, un assez grand nombre d’accouchements se font à domicile et les chiffres de la morbi et morti natalité sont très enviables. La sécurité, c’est pas seulement à l’hôpital.
L’accouchement doit être considéré, jusqu’à preuve du contraire, comme un mécanisme physiologique et non parasité obligatoirement par un cortège de pathologies horribles.
Un accouchement à la maison n’est, en lui même pas plus dangereux, qu’à l’hôpital… peut-être même moins, car il est accompagné de moins de gestes iatrogènes.C’est la prise en charges de complications qui est moins aisée, mais quand on définit avec la plus grande précision possible, les patientes à qui on peut donner une réponse favorable à ce projet, on limite le risque de complications;
Ne rêvons pas : même à l’hôpital, le risque 0 n’existe pas: quel personnel médical dit à la déclaration de grossesse d’une patiente, qu’elle ou son enfant peut mourir? N’est-ce pas une obligation d’informer sur les risques graves ou fréquents? Grossesse et mort sont deux termes qui dans la conscience collective sont inassociables, intolérables aussi.
Pour que la prise en charge à l’hôpital soit humainement satisfaisante, il faudrait une sage-femme et une aide soignante par couple…quand le service public sera-t-il à la hauteur de son devoir? Probablement jamais
MILITONS POUR LES MAISONS DE NAISSANCE
http://www.passagedevies.com/
C’est tres instructif, et permet de comprendre tout ce qui se trouve derriere ces “naissances volees”.
La naissance en hopital genere des risques que l’hopital s’empresse de soigner. Dans de nombreux pays, les AAD sont pratiques quotidiennement, et les statistiques de ces sages-femmes (toute SF peut vous fornir ses statistiques de naissances) parlent pour elles-memes, l’AAD est moins risque…
“Accouchement : La maison serait aussi sûre que l’hôpital”
http://qc.news.yahoo.com/s/01092009/3/science-accouchement-la-maison-serait-aussi-sure-que-l-hopital.html
J’ai eu des grossesses sereines et des accouchements dignes de contes de fées et je les dois à mon mari assistant attentionné et tout devoué à mes demandes (bain, massages, accouchements debout) et notre sage femme qui a assuré avec un très professionnalisme mais aussi beaucoup de discrétion face à notre intimité les actes purement médicaux.
J’ai été accompagnée pendant 12j après l’accouchement et nos enfants pendant 1 mois suivant leur naissance. Allaitement, contraception, soins au nouveau né etc…toutes ses questions ont pu être abordées. Psychologiquement, j’ai été très soutenue dans cette approche globale de la naissance dans une partition qui se joue à plusieurs pour plus de douceurs à partager.Aucune violence non justifiée.Beaucoup d’amour et d’émotions vécus ensemble dans une grande liberté spatiale et un confort sans commune mesure avec le milieu hospitalier fait pour gérer ce qui ne peut pas l’être en dehors.
J’ai présenté mes enfants à nos voisins quelques heures après leur naissance et nous remettions nos enfants au monde qui les entoure sans transition, dans la plus grande simplicité et notre réalité quotidienne. La grossesse n’est pas une maladie, elle doit être bien suivie médicalement ce qui ne signifie pas être interventionniste .la péridurale doit être librement consentie,la façon d’accoucher aussi.
je souhaite beaucoup de plénitude à tous ceux et celles qui attendent d’être parents!
Maintenant les deux parents doivent travailler pour essayer de joindre les deux bouts et pendant se tps leur enfant sera livré a une école public poubelle ou même bien s’instruire deviendra un luxe.
les News deviendront une source de propagande des lobbistes (pour vous faire acheter) et comme ça même etre bien informé sera un luxe.
et pendant se tps les politiciens eux se fronte les badines en s’enrichissant deriere le dos d’honnette contribuable.
même sarko a annoncé un évitement d’une éventuellement guerre lors de la crise et le prix à été qu’on s’ameriquanise adieu la republique bonjour la dictature financiere.
et c’est logique : c’est pas chez soi qu’on va déclencher, accélérer, périduraliser à tout va – décuplant les risques de pb parfois graves dont l’hémorragie du post partum
Pour info :
IL Y A TROIS FOIS PLUS DE DECES EN FRANCE PAR HEMORRAGIE DU POST PARTUM QU’AU PAYS BAS OU IL Y A 30% D’AAD
LA FRANCE EST LA CHAMPIONNE TTES CATEGORIES DES DECES PAR HPP par rapport à n’importe quel pays d’europe de niveau sanitaire équivalent, et ce DEPUIS PLUS DE 15 ANS !!!
alors faut trouver un autre épouvantail que l’HPP parce que en france, on est vraiment les PLUS MAL PLACEES par rapport aux autres pays européens en la matière …
perso MEME si le personnel hospi était “aux petits soins”, je n’irais pas à l’hosto pour accoucher … dans la mesure ou déjà se déplacer en travail est une aberration …
l’hosto c’est fait pour les pb de santé, les pathologies … si ya un pb ok, si pas de pb, aucune raison d’y aller – j’aime pas prendre de risques inutiles.
tu as accouché chez toi ?
tu as accouché tout court ?
je ne VEUX pas aller à l’hosto pour accoucher, POINT.
quel que soit le type d’hosto
même amélioré …
quand tu as volé librement, tu n’as aucune envie d’aller dans une cage, aussi dorée soit elle …
l’hosto c’est tout sauf la sécurité : plusieurs milliers de DECES par an d’infection nosocomiale, tu parles d’une sécurité !!! et les bactéries qui se développent en hosto sont bien pires, multi résistantes aux antibios, par rapport à celles qu’on peut trouver chez soi,
améliorer l’hosto OUI
vouloir contraindre TTES les femmes à accoucher là dedans, meme amélioré, NON
c’est de l’abus de pouvoir, et c’est totalement INJUSTIFIE.
(comme tout abus de pouvoir …)
Accoucher a l’hopital ou a domicile… je pense que c’est un grand débat du même genre que de poser la question “est-ce que dieu existe ?” Etant un homme, je suis peut etre mal placé poour intervenir sur le sujet mais je voudrais quand même faire partager mon point de vue.
Je suis né a domicile, tout c’est trés bien passé et a 40 ans je vais encore trés bien! Mes deux fils son nés a l’hopital… et tout c’est trés bien passé aussi… personnels, structures, acceuil, soins etc.. rien a redire… l’accouchement et un acte naturel depuis la nuit des temps et si la nature fait souvent bien les choses, parfois ça ne passe pas. Chaque cas est différent, comme chaque femme ou homme sont différents les uns des autres, alors, plutot que de vouloir lancer une grande bataille du verbe autour d’un sujet aussi complexe que celui-ci ou chacun à a la fois tort et raison suivant celui qui le lit, il conviendrait peut être de lancer un débat sur une plus grande mise à disposition de moyens techniques et humains quelque soit l’endroit de l’événenement pour le bien être (ou pour le bien naître) de l’enfant et de la mère sans oublier le père…
Bonne journée a vous
Merci de cesser ces généralités absurdes sur le suivi de la grossesse et le déroulement des accouchements! Personnellement, je ne sangle pas mes patientes à la table d’accouchement, je n’impose aucun acte médical hormis la pose d’un cathéter veineux obturé, je n’ai eu recours à l’épisiotomie que 2 fois depuis que je suis diplômée, je bannis le lavement et le rasage, je permets à mes patientes de boire pendant le travail, je n’impose aucune position pendant le travail et l’accouchement, je laisse l’enfant en peau à peau avec sa mère, ou son père tant que le couple le désire, je n’enfonce pas des sondes à tout va dans les narines et oesophage de mes petits bouts etc… et je repars de mes gardes sans compter les heures sup, sur les rotules mais avec le coeur rempli des remerciements et cadeaux dont me couvrent les familles dont je me suis occupées! Non, je ne suis pas parfaite, non toutes les sages-femmes ne travaillent pas comme ça, mais il est important que les femmes choisissent correctement la personne la plus à même de les suivre pendant la grossesse, c’est-à-dire une sage-femme, ainsi que l’établissement correspondant le mieux au type de grossesse et au projet de naissance. Seulement ça demande du temps, de la réflexion, du partage d’expérience entre femmes, ce qui n’est pas souvent le cas! Les patientes arrivent souvent le cerveau perverti par des forums de discussions ridicules qui pullulent sur le net mais n’ont qu’une piètre connaissance de leur anatomie et des phénomènes marquant la grossesse et la naissance!
Je comprends les origines du retour de l’AAD. Je sais qu’il restera un épiphénomène, pour de nombreuses raisons. Mon rêve est de voir le jour où l’Etat acceptera l’ouverture des maisons de naissances, où les sages-femmes seront connues et reconnues… mais où étiez-vous chères mères de famille et femmes enceintes quand nous, sages-femmes, manifestions le 5 mai dernier? Mon métier-passion est menacé par la loi HPST, nous sommes rémunérées comme bac+2 alors que notre formation est bac+5, nos responsabilités civiles et pénales sont engagées à chaque seconde… alors soutenez-nous et les naissances seront plus sereines! Les sages-femmes sont vos meilleures alliées dans ce combat pour une naissance plus humaine, alors travaillons ensemble à l’amélioration du système de santé plutôt que de lui tourner le dos!
L’article de Juliette Speranza est particulièrement mal documenté et ne peut qu’induire des réactions tranchées et stériles.
Pour Vanessa, renseignez-vous correctement sur les études de sage-femme, ça vous évitera les erreurs…Nous avons une formation similaire à celle de nos consoeurs hollandaises, la seule différence c’est qu’elles sont reconnues et soutenues par leur ministère ce qui est loin d’être notre cas en France! Lisez “Comment la naissance vient aux femmes” de Madeleine Akrich et Bernike Pasveer, c’est une comparaison très intéressante de la France et des Pays-Bas à laquelle je me suis référée pour mon mémoire de fin d’études.
je vous serais reconnaissante de m’indiquer quelles informations contenues dans mon articles sont fausses…Des médecins, des sages femmes libérales ou en maternité me les ont communiquées, et elles ont été vériées.
Ce n’est pas parce que vous ne participez pas à cette “surmédicalisation” qu’elle n’existe pas, et c’est l’avis et l’expérience de nombreuses mamans. Et je ne pense pas avoir dressé un tableau si “noir” des équipes médicales, j’ai exposé une réalité, du moins un ressenti, qui pousse certaines femmes à préférer l’AAD. Il est important de donner la parole à tous, je n’estime pas avoir décrit l’accouchement comme une “boucherie”, mais avoir exposé les arguments des pro-AAD afin de comprendre ce phénomène et de DEBATTRE. Une apologie de l’accouchement en maternité ne m’aurait pas intéressé.
Maïa, je suis heureuse de vous lire, je ne doute pas que vous faisiez votre possible pour les parents avec qui vous intervenez. Je ne suis pas sûre que toutes les sages-femmes soient dans votre état d’esprit. Dans les faits, je crois que ces évolutions se font plus lentement que ce qu’il serait souhaitable (en tout cas que ce que j’aimerais
). J’ai participé à un forum sur la césarienne et les histoires de “pack ocyto, étriers, péridurale, césarienne) sont encore légion.
Dommage, mais après tout l’important c’est que ca évolue et que des sages-femmes comme vous, en faisant les choses de manière plus respectueuse, fassent avancer les choses. Ce mouvement d’AAD, il faut le reconnaître, même s’il provoque des réactions un peu violentes parfois, a au moins l’avantage de provoquer le débat et le questionnement.
tout à fait d’accord!
cet “epiphénomène” de l’AAD aura au moins le mérite de nous questionner sur l’accouchement et les attentes des patientes.