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Il y a tout juste 1 an, Mathieu était riche. Célibataire, sans diplôme et sans expérience, il avait accepté en 2004 une proposition en or : s’expatrier en Irlande où, pour un peu plus de 3 000 € par mois, il occuperait un emploi de cariste. Au programme : trajet pour se rendre au travail en taxi tous les matins, déjeuners dehors, soirées au pub et week-end au casino avec ses amis expatriés. Mais voilà, après 3 ans de ce régime-là, Mathieu a rejoint sa petite amie enceinte en France. Et bien évidemment, quitté son emploi de rêve.
« Etre expatrié, c’est comme être dans une bulle hors du temps. Pendant quelques années, vous vivez au jour le jour, surtout quand vous êtes célibataire comme je l’étais. » Sans réelle contrainte financière autre que le loyer de son meublé (700 € pour lui et 700 € pour son colocataire) et avec 2 300 € de budget mensuel pour ses sorties, Mathieu a un peu perdu le fil de la gestion d’un budget.
Au retour, premier contact avec la réalité française : l’administration. En tant qu’expatrié, même après une démission, il est possible de s’inscrire à l’Anpe et de toucher des allocations chômage sous certaines conditions, entre autres, avoir cotisé un temps donné en France. « Mais il me manquait toujours un formulaire ! J’ai même du faire un aller-retour en Irlande juste pour aller chercher un document officiel qui bloquait tout paiement par les Assedic ». En attendant la résolution du problème, Mathieu a dû faire des petites missions d’intérim pour quelques dizaines d’euros : vendeur chez Décathlon, assembleur de meubles, livreur… pour le reste, sa compagne a pris à sa charge les dépenses communes.
Ce problème d’Assedic enfin résolu, Mathieu touchera 1 200 € nets par mois pendant un peu plus d’un an. De quoi voir venir et se consacrer à une formation qualifiante, pour trouver un emploi rémunéré à l’issue, dans sa région. « Ma fiancée est fonctionnaire, impossible pour elle de démissionner ou de se faire muter pour l’instant. Or, le coin ne regorge pas d’offres d’emploi. »
Sa fiancée et lui divisent tout par deux : un loyer de 550 € pour un F3 de 70 m² avec jardin privatif, la crèche collective à 320 €, et des factures (EDF, Internet, téléphones) pour 150 € par mois. Il a donc un peu plus de 500i€ de charges fixes mensuelles. Très prévoyant, Mathieu a également une assurance civile, un compte d’épargne pour lui, un pour son fils et une assurance vie au profit de sa compagne. « Je paye 60 € par an et, en cas d’invalidité ou de décès, elle touche 60 000 € : une super sécurité, je le recommande à tous », dit-il.
Il lui reste donc environ 700 € pour le reste. Toute la petite famille dépense en moyenne 300 € de courses alimentaires par mois. « Nous achetons les pâtes, les couches et le lait premier prix, la viande par lots, mangeons très peu de poisson. Une fois par mois, nous nous offrons un bon restaurant à deux, mais globalement, on fait attention. Peu de sorties avec nos amis, qui viennent plutôt chez nous pour des barbecues, et pas de dépenses frivoles. » On est bien loin des week-end au casino !
Pour ses trajets, adieu le taxi, Mathieu profite du vélo : « 35 kilomètres aller, 35 kilomètres retour, ça muscle les mollets ! », qui lui a couté 75 €. Lui et sa fiancée ont réussi leur code de la route simultanément, aussi envisagent-ils l’achat d’une petite voiture d’occasion dès qu’ils auront leur permis. « On pourrait y consacrer 4i000 €, et nous avons déjà un garage avec notre appartement. » Sa compagne s’étonne des progrès en gestion de budget faits par Mathieu : « à son retour, il a acheté un lot de couteaux à 150 €, a invité ses amis dans un super restaurant et m’a offert une coiffeuse pour la chambre. Il n’avait aucune notion de l’aspect “ilimitéi” de l’argent, il était trop habitué à dépenser sans compter. »
Comme lui, avec la crise économique, de nombreux traders Français en poste à Londres ont du rentrer en France et prendre un emploi d’équipier en fast-food pour rouvrir leurs droits aux allocations chômage. Car si tout est fait pour faciliter le départ des expatriés, leur retour est une autre affaire. Un « dialogue de sourds entre les deux pays », selon Mathieu. Et même si quelques associations se consacrent à l’aide au retour, il reste difficile de louer un appartement du jour pour le lendemain sans emploi. « Le retour se prépare dès le moment du départ ! », conseille Mathieu.
Peu à peu, Mathieu s’est donc habitué à la vie française. Mais lui et sa fiancée ont un projet lucratif : d’ici à deux ans, elle fera une demande de mutation… à l’étranger. Expat un jour, expat toujours !
Marlène Schiappa
Pour aller plus loin






















Sujet et commentaires très intéressants.
Petite question de la part d’une expat volontaire qui songe (épisodiquement) à rentrer : qu’en est-il de la couverture maladie à notre retour? J’ai passé toute ma vie active à l’étranger, je n’ai donc ni carte vitale, ni carte de sécurité sociale. Si je rentrais, comment me ferais-je soigner le cas échéant?
Merci d’avance de vos réponses et si vous avez des liens, c’est encore mieux!
Alison
Je suis arrivée en France sans parents qui m’avaient à leur charge ni de cotisation à mon actif (française mais ayant vécu à l’étranger jusqu’à ma majorité). Je me suis rendue au centre de sécu le plus proche de mon domicile, et j’ai dû faire un chèque pour l’année pour avoir droit à ma couverture sociale. C’était il y a maintenant pas mal d’années, mais j’imagine que c’est encore comme ça que ça marche. Si vous ne travaillez pas, et que vous n’êtes plus à la charge de vos parents, personne n’aura cotisé pour vous donc ce sera à vous de le faire. Je ne saurais pas vous dire le montant, en revanche.
A votre place, j’appellerais un centre de sécu pour avoir une réponse précise.
Je suis parti envoye dans un pays du golfe Arabo-persique, par on entreprise d’alors. Au bout de 3 ans, apres une mission courronnee de succes, jj’ai cherche un nouveau poste en interne. Apres quelques mois, j’ai compris qu’il ne serait pas question de retour, au moins si je cherchais une progression de carriere.
L’entreprise, qui m’avait apporte beaucoup, n’etait franchement pas performante dans la “gestion proactive des carrieres”.
Alors je suis parti plus loin.. En Asie du Sud-Est sans lien avec une entreprise Francaise, j’ai coupe les ponts avec les systemes de “protection collective”, mais aussi avec les cotisations sans espoir de retour.
J’ai trouve un equilibre, que je n’aurais sans doute pas pu trouver en France. Marie (sur le tard) j’ai une epouse Indonesienne, et 2 enfants.
Nous ne nous voyons pas rentrer en France, Peut-etre que quand les enfants seront en age d’aller au lycee ou a l’universite, nous les accompangerons, mais ce ne sera jamais definitif.
Non, chaque fois que nous rentrons en France (c’est a dire en moyenne une fois tous les 3 ans) pour des conges, il ne nous faut pas plus d’une semaine pour nous y trouver mal a l’aise. Que de blocages.
Je me souviendrai longtemps de la tete de mon epouse lorsque, dans une station balneaire en Juillet, on a refuse de nous servir a dejeuner vers 3 heures de l’apres-midi.
Je voudrais commenter 2 points : Oui l’expatriation, cela se prepare, surtout si on veut la vivre en famille.
Dans mon entreprise actuelle, nous avons beaucoup d’expats, dans toute sorte de pays. Je ne sais pas quelle est la proportion d’echecs dus, non pas au travail ou aux competences, mais a la mauvaise preparation et a la mauvasie adaptation de la famille aux nouvelles confditions de vie.
Ensuite, le retour, s’il doit y en avoir un, se prepare aussi. C’est une nouvelle expatriation, cette fois, dans son propre pays. Les memes obstacles (a part celui de la langue), les memes frustrations.
Rester expat ou bien rentrer, c’est in-fine un choix, non seulement de carriere mais surtout de vie. Et comme tout choix de vie, il faut en mesurer les consequences, les avantages, les difficultes. N’en est-il pas ainsi d’un changement de carriere en France, du mariage, du choix d’avoir des enfants.
Il n’y a la rien de plus, mais rien de moins. La responsabilite individuelle existe.
La societe, l’Etat, les organismes de couverture sociiale peuvent aider. Ils ne peuvent pas se substituer a une reflexion de l’individu sur son propre devenir, ses choix fondamentaux.
Si l’on aborde l’expatriation ou le retour en adulte responsable de soi (et le cas echeant des autres qui en dependent), ll’on eussira l’un comme l’autre.
Pardon d’avoir ete tres long.
Ainsi va la vie. Le monde est un gigantesque chassé-croissé de gens qui partent et d’autres qui reviennent.
Alison
Première chose : s’inscrire à la CFE (Sécurité Sociale – Caisse des Français de l’Etranger). Je crois que récemment il faut 1 ou 2 ans d’inscription avant de pouvoir bénéficier des droits à couverture. Leur site est http://www.cfe.fr. Une fois entré dans le système Sécurité Sociale cela vous permettra de devenir un numéro, mais surtout plus prosaïquement d’accéder aux garanties diverses et variées qu’offre cet organisme public. A l’étranger après le délai de carence dont la durée est à confirmer, mais aussi en France lors d’éventuels passages occasionnels. Cela vous permettra d’intégrer le régime général de Sécurité Sociale dès le retour définitif en France, le jour venu.
L’inscription à la CFE est possible même si on n’est pas sous contrat de droit français. Il suffit d’être français (ou titulaire d’un contrat de travail de droit français pour un non français). C’est une pure merveille croyez moi, et elle n’a aucun prix.
A ça vous ajoutez une assistance rapatriement qui vous permet d’être évacuée vers des hopitaux réputés pôles d’excellence médicale (si vous êtes dans un pays ou le système de santé est considéré comme défaillant). International Sos par exemple (je n’ai leur coordonnées, mais il suffit de les “googler” et vous trouverez tous les renseignements sur eux).
Ca c’est le plus simple. La santé n’a pas de prix (en fait si elle en a un et malheureusement pas à la portée de la grande majorité des habitants de la planète…).
Pour ce qui est de la retraite (voire d’éventuels droits au chômage), je ne suis pas très au fait, mais je crois me souvenir qu’avant qu’on parle de pôle emploi il y avait une “ANPE International”. J’imagine qu’ils doivent pouvoir renseigner quiconque souhaite préparer son retour (reste à savoir comment les contacter…. surtout de l’étranger).
Quels que soient les griefs qu’on peut avoir vis-à-vis du système de protection sociale français (et malgré l’existence de “profiteurs” qui en abusent sans vergogne), c’est selon moi l’un des meilleurs au monde (je crois qu’il faut aller en scandinavie pour trouver quelque chose de plus attractif). Certes beaucoup de paperasse et de bureaucratie, certes des dispositifs multiples et variés où l’on a souvent du mal à s’y retrouver, mais au bout du compte une vraie protection, solidaire. Pourvu que ça dure, et surtout que chaque citoyen fasse ce qui est en son pouvoir pour éviter la destruction prévisible (voire programmée pour certains) d’un modèle qui fait qu’aujourd’hui la france a une espérance de vie deux fois supérieure à celle de certaines parties du monde…
Voilà Alison, bonne préparation au retour et bon courage..
Alison
S’expatrier : quitter sa patrie pour s’établir ailleurs.
Expatrié : Qui a quitté sa patrie ou en a été chassé.
Je crois donc que le mot recouvre les 2 réalités.
Alison
Je n’avais plus de carte Vitale car 3 ans hors de France en contrats de travail de droit local cad payant des cotis en Italie (maladie, retraite et mutuelle de l’entreprise) puis rien a Dubai car la-bas il n’y a tout simplement pas de systeme social, seulement une mutuelle privee d’entreprise pour la maladie cad franchise de 24 euros pour la visite chez le medecin, pas de remboursements sur les medicaments ni l’ophtalmo ni le dentaire…Pas de retraite non plus.
Je n’avais donc pas “besoin” de couverture medicale en France et n’ai pas cotise vu les tarifs exhorbitants par rapport aux peu de remboursements potentiels qque j’aurais pu avoir car heureusement je suis en bonne sante.
Je ne me plains pas, j’ai bien vecu, tres bien payee avec une vie merveilleuse et malgre ce manque de couverture sociale en France je n’avais aucune intention de renrter en France mais la crise est passee par la…
A mon retour, visite a la Secu pour reinscription…. On va me demander environ 8% de mes salaires des 13 derniers mois, ainsi que de justifier les montants sur mon compte en banque, afin eventuellement que j’obtienne les remboursements de la Secu par le biais de la CMU de base (Couverture Maladie Universelle, mais attention, pas celle qui donne droits aux soins gratuits et qui est refusee par beaucoup de medecins…). Je refais mes calculs et je vous dis de suite que cela ne vaut pas le coup financierement pour une personne en bonne sante generale, le cout des cotisations sera largement superieur a celui de mes remboursements pour deux visites gyneco, un dentiste, un opthalmo et evenutellement 2/3 visites chez un generaliste tous les ans…. D’autant que si je cree mon entreprise d’ici 2 ou 3 mois comme j’en ai l’intention, je devrai a nouveau payer des cotisations et changerai de regime Secu…. La dame fort gentille de la Secu m’a d’ailleurs justement deconseille de me reinscrire a la Secu, me disant de chercher des assurances privees qui seront moins cheres et plus competitives… Donc je dis seulement aux expats de retour : renseignez-vous et faites vos propres calculs selon vos estimations de depenses futures de sante.
En ce qui concerne le chomage, aucune couverture car les Emirats n’ont pas signe de convention avec la France, les Assedic en cas de retour fonctionnent principalement pour les expats en Europe, et prennent en consideration le taux de couverture que vous auriez obtenu dans votre pays de travail.
Enfin en ce qui concerne la retraite, les cotisations volontaires pour se maintenir dans le systeme francais sont egalement cheres, car vous devez payer l’equivalent de vos cotisations employe + patronales (soit environ le double – eh oui on a tendance a l’oublier, les employeurs francais payent beaucoup de cotisations au nom de leurs salarie….). En plus pour ceux dont le salaire est en tranche B ou C, il faut savoir que cela ne couvrira que la retraite de base et non pas les complementaires…. si vous voulez maintenir volontairement vos contributions complementaires, cela coute cher egalement… et toujours dans le systeme de repartition ! Personnellement, au vu du fait que j’ai fait 1/3 de ma carriere a l’etranger et n’aurai donc jamais de retraite pleine en France, j’ai prefere me constituer une retraire privee par capitalisation, au moins je suis sure que cet argent me reviendra, et j’ai pu faire fluctuer le montant de mes versements en fonction de mes revenus… et donc je ne cherche meme pas a me remettre volontairement dans le systeme vieilleisse – cela suffira quand je creerai mon entreprise.
Bref ce message un peu long pour dire qu’il n’y a pas de reponse absolue, chaque cas est different en fonction du type de contrat de travail, du pays d’expatriation, de la situation familiale, de sante et de l’age, et enfin des probabilites de retour en France et au bout de combien de temps… Donc… bougez-vous et allez voir les organismes concernes, qui vous guideront dans la jungle administrative. J’ai toujours eu de bons interlocuteurs dans l’administration, il faut juste etre patient et ne pas oublier son bouquin pour faire la queue !
Bon courage a tous ceux et celles qui comme moi sont sur le retour – la readaptation n’est pas facile tous les jours, et le commentaire precedent est vraiment juste : il faut se preparer pour le retour de la meme facon qu’on s’est prepare au depart, car le choc culturel est bien la, meme si votre entourage ne le comprend pas vraiment car apres tout vous revenez “chez vous”….
Mais vu de loin, ce n’est pas du tout le même trip.
En Anglais le terme “Expatriate” est extremement negatif, il serait mieux traduit par “exilé”.
Mais dans le langage Français courant, un “expat” est quelqu’un qui est envoyé par une entreprise en mission à l’etranger. Le logement est en general payé, au moins on l’aide à se loger, on lui paye les billets d’avion, il est “sponsorisé” niveau visa par son entrerpise etc..
En general ces gens gagnent plus que 3000 euros par mois.
Je crois que le Français de l’article en question ne fait pas partie de ce statut, il semblerait plutot être sous contrat local.
Ce qui veut dire co-location, et demerde toi au niveau administratif etc.
Bien loin du “riche” utilisé pour le decrire dans l’article.
La moral de cette histoire es: si tu t’eclates à l’etranger, vas pas mettre enceinte une fonctionaire coincée en France.
amen
Le plus dur ce n’est pas de choisir pour la retraite par capitalisation ou par repartition, ou pour le regeime d’assurance, la complementaire ou la cmu, comme certains tendent a le faire croire. Pour la retraite vaut mieux prendre modele sur Juppe, vivre aux depends de l’Etat dans la pierre de Bourgogne et prendre sa retraite de haut fonctionnaire a 57 ans pour mieux vivre de ses rentes de prof au Canada ou de politicien professionnel
C’est d’abord de voir la tete du fonctionnaire a qui je vais demander pour une enieme fois de reconvertir mon permis etranger en permis francais. Il m’avait deja suspecte la derniere fois d’entretenir un reseau de faux papiers, mais a la prochaine, c’est le GIGN qui m’attend a la prefecture.
Et puis c’est un peu partout la meme chose, quand tu veux inscrire tes enfants a l’ecole, on te demande meme pudiquement si “les maladies”?? Lesquelles , les maladies honteuses, le SIDA ou le rhume de foins Ukrainiens?
Le mieux c’est l’assurance de la voiture : ” ah, mai oui, mais non…. on ne peut plus vous assurer avec le bonus maximum parce que vous avez resilie votre contrat vous meme.” Et alors, gros con?
Et tout a l’avenant, a l’Assedic: vous viviez en Angleterre? Alors vous parlez anglais, alors je mets anglais. Vous avez un diplome d’anglais ou un certificat? Si vous avez pas de diplome alors je peux pas mettre anglais, alors…. Un certificat de quoi , que j’ai passe 7 ans a Londres?
Et le mieux c’est a La Mairie: ” votre enfant est ne au Maroc? Alors faudra faire les papiers a la prefecture pur son titre de sejour’. Il est francais, si t’as oublie, pas comme toi. Et si vous avez eu le malheur de rencontrer un beau Turc ou une belle Indonesienne (le bonheur pour vous, mais pour les autres ils se demandent quelle mouche vous a pique. Le (la) fonctionnaire de base de prefecture, lui, va vous en faire voir de toutes les couleurs), alors la c’est La Berezina: “Il faudra qu’il passe un test de tuberculose pour son visa”, me dit la fonctionnaire et moi, “s’il echoue on le renvoie chez lui?” Elle, “non mais vous devriez faire attention si il y a un tuberculeux chez vous c,’est une maladie a declaration.” Bienvenue en France .
chez le boulanger
” Ah vous etes rentres d’Inde (j’etais aux Etats UNis)? Les enfants ca leur a plu? Nous avec Gerard on s’est payes la Republique Dominicaine cette annee, les hotels supers, les gens sympas mais comme on parle pas Portugais (sic), ….mais alors les buffets enormes, tu te te sers autant de fois que tu veux… On mange quoi en Inde? Du pain, ils ont pas de boulangerie?”
Chez le medecin
“vous avez eu des aventures extra conjugales au Bresil? Ils sont chauds, faut dire que leurs hommes sont magnifiques, leur peau doree comme un croissant, mmmm Vaut mieux rester couverts, de toute facon. Oui alors pour votre prise de sang, tout est normal. Vous aviez garde votre carte vitale??”
Chez les copains des copains?
“elle: moi je voudrais bien partir aussi, mais Gilles il veut pas , tu comprends sa situation (il est vendeur de voitures d’occasion) nous empeche, avec ses primes tout ca il gagne bien sa vie, et puis les maladies, non merci” Moi, ben faut rester!
Bienvenu chez vous
Je trouve que vous décrivez vraiment le pire lorsqu’on revient en France. A la rigueur, la situation matérielle qui diminue par rapport a l’étranger, ou les tracas administratifs, on peut s’en accommoder d’une façon ou d’une autre.
Mais la connerie des gens, ca on ne peut rien y faire et moralement c’est assez dur après avoir vécu de belles aventures a l’étranger…
A l’étranger ce qui a de formidable c’est le melting pot des cultures. On apprend non seulement la culture du pays d’accueil,mais aussi la culture des autres expatries qui ne sont pas français non plus. Et même entre français, il y a également un échange intéressant : de combien de temps ils sont la, d’ou ils sont parti dans la vie pour arriver la, quels business ils ont fait, qu’est-ce qu’ils ont appris lors du dernier voyage dans le pays d’a cote, etc. Chacun, de par son expérience a l’etranger est une encyclopédie, et les encyclopédies s’entrechoquent et ajoutent de nouvelles pages a chaque occasion. On apprends de nouvelles choses tous les jours, et cela ne concerne pas que le travail.
Mais en France, on apprend quoi dans la vie de tous les jours des autres? Qui a gagne star academy? Quel promo il y a chez Celio? Tu as vu que le plein coute moins cher a Carrefour que chez Auchan ce matin? On comprends alors pourquoi ceux qui goutent a l’étranger ne peuvent s’arrêter, et je ne parle pas de l’aspect financier, c’est bien pour cela que beaucoup acceptent de prendre des contrats locaux cheap plutôt que retourner en France.
Un fosse se creuse également avec les amis reste en France. Ils gardent leurs train train quotidien, il n’ont pas grand chose a raconter. Donc du coup on la joue profil bas, on va pas commencer a détailler les business qu’on montent, les gens merveilleux qu’on a rencontre ou les supers vacances qu’on a passe dans le pays “exotique”a cote de la ou on est expatrie. D’une part ca ne les intéresse pas forcement, et surtout on passe pour des arrogants, genre “mais pourquoi il veut m’en mettre plein la vue comme ca?”. Alors qu’au final on raconte juste les dernières news de notre life, le but n’est pas de passer pour un pacha…
D’ailleurs un autre détail, si des expats peuvent me donner leur avis ca m’intéresse car je me pose des questions existentielles
Avant, en France, j’étais plutôt timide et peu d’expérience de la vie, donc j’étais la dernière personne a donner mon avis sur un sujet X ou Y. Aujourd’hui, avec toute l’expérience et connaissance que j’ai acquise, j’ai souvent des avis sur tout, avec arguments et exemple perso pour étayer. Il s’avère que j’ai souvent raison, mais les gens n’apprécient pas ce cote “réponse a tout” ou “le mec qui a tout vécu”. Certains me disent clairement qu’ils préféraient mon caractère plus timide et sans expérience d’avant.
Les autres expats ou “français de l’étranger”, vous avez vécu cela?
Moi ce qui me navre le plus c’est ce sentiment omniprésent de “la France c’est mieux qu’ailleurs”, alors que finalement les gens râlent tout le temps. Mais si on a le malheur de remettre ça en question, on nous renvoie le sempiternel “mais t’as qu’à y retourner, alors, si c’est mieux là-bas”. Aucune possibilité de relativiser, c’est noir ou blanc. Love it or leave it. Dommage. On peut aussi discuter sans forcément tout aimer ou tout condamner en France.
FRANCHEMENT TRES C…..LE DERNIER COMMENTAIRE!!!! BEN!!!!FAUT PAS REV’NIR!!!!surtout si on est marié à (sic) “un beau turc ou une belle indonésienne”!!!! surtout avec des copain(ines) mal intentionné(e)s!!!!!! et CA CA EXISTE PARTOUT!!!!!!!
Bien attention a distinguer l’expat classique envoye par sa boite a l’etranger pour remplir des missions plus ou moins longues ,et qui beneficie d’un package comfortable (quoique cela baisse et puis de moins en moins d’expats sont envoyes, les grosses boites recrutent localement car bcp moins cher) et SURTOUT conservent leur securite sociale (en general statut de detaches). En tant que salaries du prive a l’etranger, nous avons tous l’option de cotiser a la CFE mais c’est vrai que l’on en voit pas trop l’interet pour nos courts sejours de vacances en France.
Je me considere personnellement comme un “travailleur emigre” puisque je travaille maintenant depuis plus de 17 ans pour des boites privees en Afrique. Ce qui est interessant est quand j’ai essaye d’assurer ma fille, de retour en France cette annee en 1ere S. Tous les sites et amis te renvoient vers un statut expat, et comment preparer ton retour, mais pas comment trouver une SS et/ou une assurance maladie pour une jeune fille francaise de 16 ans dont le pere travaille a l’etranger pour une boite etrangere. Je pense qu’on va bien se marrer si je rentre un jour et ramene avec moi une charmante compagne de mon pays d’adoption, l’Afrique du Sud, suite a vos commentaires divers sur le sujet.
En tout cas, l’expatriation contribue grandement a ouvrir les yeux et l’esprit, n’hesitez pas a partir si vous le pouvez, meme que pour 3 ans.
Amities a tous
Marc
Et puis les commentaires de Georges, de Drieux et Marc sont plaisants aussi, ils touchent au coeur la francitude, celle qui nous divise: les expatries avec package contre les contrats locaux par exemple. Ca aussi c’est notre France, les Gaulois exiles qui n’arrivent pas a se reconcilier et reproduisent la-bas ce qu’ils detestaient ici: les clivages politiques et de clans, le racisme de classe ou le racisme tout court, les amateurs de rugby contre les amateurs de foot, bref toute les occasions sont bonnes.
Je me souviens d’une assemblee de francais en Afrique du Sud, peu apres les premieres elections libres, qui voulaient creer un club France. Idee genereuse, sauf que les commentaires n’ont pas tarde a fuser, et ils meritent votre attention
- comment va-t-on faire si des “noirs” veulent s’inscrire? pour la piscine ca craint….
- on ne va quand meme pas laisser les sudafs venir s’arsouiller a la biere autour du barbecue?
- et puis, est-ce que les etrangers auront le droit de venir s’inscrire?
Bref au bout d’une heure de deliberations, un tarif de membre francais et un tarif etranger (le double) et des quotas par nationalite. J’ai fui en me promettant d’oublier, pas reussi.
Alors j’imagine aussi vos commentaires: vous n’avez pas rencontre les meilleurs (certes), vous caricaturez (non), vous etes aigri (non plus), vous aimez vous moquer de vos compatriotes (comment vous avez devine?).
Du coup a l’etranger, ca devient tellement comme en France parfois qu’il faut aussi savoir ne pas idealiser l’expatriation non plus. La bureaucratie et la betise sont bien partagees sur la planete, fort heureusement. Et la communaute francaise est assez fidelement semblable a la societe dont elle est issue, avec des particularites sur l’age et le sexe (plus d’hommes actifs) et egalement sur les orientations politiques. En Afrique du Sud, l’UMP et le FN se sont partage les voix aux presidentielles pendant des decennies. Mais il y avait beaucoup de residents francais qui avaient rejoint l’Afrique du Sud par convictions personnelles: notamment des communautes exilees en raison des independances africaines, ou des personnes plutot favorables a la revolution antibolchevique et la separation raciale.
Mais la encore il ne faut pas generaliser, dans certains pays francophones (Liban, Madagascar, Cote d’Ivoire), le gros de la communaute est constitue de doubles nationaux, qui beneficient d’une sorte de regime de faveur lie a leur double nationalite et se retrouvent inassimilables dans les 2 communautes dont ils sont issus. On l’a vu avec la crise ivoirienne en 2002/2003. Rester etait devenu impossible, rentrer a ete une catastrophe.
Ce qui est le plus frappant, pour moi, c’est l’integration de certains (nne minorite) francais aux systemes ou ils vivent, sans le travers commaunatariste. Ceux qui vivent au fond de la jungle Cambodgienne ou de la savane Burkinabe ou des quartiers populaires de Birmingham, depuis 60 ans et plus. Ils font mon admiration. Je n’ai guere trouve que les italiens et les roumains pour soutenir la confrontation a ces francais du bout du monde.
Cordialement
De plus, pour étayer cette idée, l’auteur n’hésite pas à nous donner force détails sur les dépenses que Mathieu a en France (factures, charges, assurances, épargne, courses…). Ceci pour bien nous convaincre qu’ils sont pauvres et que c’est dur et qu’ils ont beaucoup de choses à payer.
Contraste frappant : en Irlande sa seule réelle dépense est son loyer!!!! Pour un sujet sur le pouvoir d’achat, il y a de quoi s’étonner! Mais on comprend vite que ceci est fait délibérément pour nous convaincre, encore une fois, qu’a l’étranger notre protagoniste était riche. Hors, si l’on reprend toutes les factures qu’il a en France mais cette fois en Irlande, sachant qu’en plus la vie est plus chère là-bas et qu’il a des dépenses supplémentaires telles que ses voyages réguliers vers la France et les assurances et peut être aussi ses cotisations volontaires pour pouvoir toucher les assédics à son retour, on avoisine les 1000 voire même les 1500 euros (et je suis sympa) en dépenses mensuelles en Irlande. Ceci sans compter le loyer.
On est bien loin des 2300 euros que notre héros peu dépenser chaque mois en sorties en ayant un salaire de 3000 euros!
Le problème c’est que si Mathieu n’est plus riche en Irlande, cela sape toute l’argumentation du sujet!
Il serait très intéressant que Mathieu nous donne sont témoignage en direct, pour que l’on sache quel était réellement son train de vie en Irlande, mais ce qui est sur, c’est que les allégations faites à son sujet sont loin d’être réalistes!
Il serait également intéressant d’avoir d’autres témoignages de personnes s’étant expatrié en Irlande afin de savoir comment se passe réellement la vie là-bas et quelles sont les difficultés rencontrées lors du retour en France.
Pour ce qui est de l’article, le but qui est de lancer le sujet sur les difficultés de réadaptation en France après un séjour dans un pays ‘plus riche’, l’intention en est louable mais les moyens mis en œuvre sont plus que discutables. celui-ci manque cruellement de précision et il tord la réalité pour manipuler l’avis des lecteurs. On est très loin de l’objectivité dont fait preuve tout bon journaliste.