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Près de 62 millions d’animaux domestiques partagent la vie des Français, selon une étude de la Facco (2008). Tout ce beau monde engendre des frais souvent incompressibles. Avec la crise actuelle, posséder un animal devient un luxe ?

Pas sûr, les Français semblent s’accrocher à leur boule de poils… « Au total, mon chien Shi- Tzu me coûte un peu plus de 1300 euros par an…et je n’ai pas l’intention de m’en débarrasser! ». Pour Nathalie, gardienne d’immeuble dans les Hauts- de- Seine, pas question de sacrifier son animal sur l’autel de la crise économique. Pour autant, tous ne s’en sortent pas comme elle. Entre la nourriture, les vaccins et les accessoires, pas si évident! Virginie Pocq Saint Jean, présidente de la SPA (Société protectrice des animaux) est formelle. « On peut dire que les animaux domestiques sont victimes de la crise. ». On s’en doutait. Et à décortiquer les sommes qui leur sont consacrées, on comprend mieux. Principal poste budgétaire, l’alimentation et l’hygiène.

Sur ce dernier point les propriétaires de chiens n’ont pas trop le choix ! A moins d’affamer leur animal, ils devront débourser au moins 100 euros par mois. Alors toutes les habitudes sont repensées. «C’est vrai qu’avec la crise, les personnes à revenus modestes se rabattent sur du bas de gamme, préférant le sac de croquettes à 40 euros par exemple.» constate Amaury, responsable de la boutique Eden Animalerie à Provins (Seine- et- Marne). Idem pour les produits d’hygiène. « En ce moment, le shampoing 1er prix est le plus vendu à 5,40 euros  les 250 ml. Il y a encore quelques mois nos clients optaient davantage pour la marque haut de gamme à 8 euros… » renchérit- il.

Et pour les chats, ça coûte encore plus cher. Selon Virgine Pocq Saint Jean, « leurs gammes de nourriture sont plus coûteuses toutes proportions gardées au regard du volume.» Incontournables aussi, les soins. « Les vaccins sont une source de dépenses récurrentes. « En moyenne autour de 50 euros par an pour un chien, près de 70 euros pour un chat. » confie un vétérinaire, à Colombes (Hauts- de- Seine). Situé dans un quartier désargenté de la ville, son cabinet voit passer « beaucoup de clients au RMI. Alors, la crise, la crise, ils font avec… » souffle t-il.

Même en difficulté financière, les ménages modestes s’accrochent donc comme ils le peuvent à leurs compagnons de route. Pour la présidente de la SPA, il y a un paradoxe que le contexte actuel a mis en avant. « Les personnes démunies sont particulièrement attachées à leurs animaux. » Ajoutant même que « ces mêmes personnes peuvent alors en effet se retrouver confrontées à des coûts d’entretien de l’animal imprévus à leur modeste budget.» D’où l’intérêt de réfléchir à deux fois avant d’adopter chien, chat, poisson ou rongeur…

Visiblement, c’est plutôt la tendance qui se dessine auprès des amoureux des animaux. De sa boutique, Amaury abonde dans ce sens. «Ceux qui étaient intéressés par un animal ne le sont plus vraiment. La crise a entamé leur envie d’en acquérir un. Ils préfèrent attendre.» Alors si vous hésitez, patientez un peu.  Il paraît que ça va redémarrer…

Nadia Moulaï