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Ce système ne s’applique pas (encore) à la Comédie Française, mais de nombreuses petites salles de spectacles l’ont déjà adopté, permettant de s’offrir une sortie à moindres frais. Jusqu’au 31 mars prochain, le « Comic’Hall » dans le 19e arrondissement de Paris joue le one-man-show « Dans la peau de Franckie Charras », un comédien-humoriste à la Monty Pythons avec le physique de Georges Clooney. La réservation se fait sur Internet : l’entrée est gratuite avec paiement « au chapeau », c’est-à-dire une participation laissée au bon gré des spectateurs. Vous êtes riche et vous avez bien ri ? Vous pouvez vous fendre d’un billet de 50 Euros. C’est la fin du mois et vous avez failli vous endormir deux fois ? 5 Euros ou 1 Euro ne choqueront personne.
A Lyon, dans le quartier Saint-Paul, la « Brasserie de Bondy » expérimente depuis deux mois le paiement libre. Sur l’addition, un prix est suggéré, mais pas imposé : c’est un point d’interrogation qui remplace le total du, indiquant aux clients qu’ils laissent ce qu’ils jugent suffisant. Une opération rentable pour les clients, mais aussi pour le restaurateur qui encaisse en moyenne 17 Euros par menu entrée-plat-dessert au lieu des 14 Euros conseillés !
« Psychologiquement, je donne plus quand je n’y suis pas forcée » explique Catherine, adepte des restaurants à prix libres « Je sais que je ne prends pas de risque en allant dans ces établissements. J’ai déjà donné 3 Euros pour une salade immonde, périmée et noyée de sauce, mais il m’est arrivé de laisser volontiers 45 Euros pour un plat seul qui était parfait ! » Viandes, poulet rôti, gratins, mousses aux agrumes, l’offre est de plus en plus variée.
Abdel Benyahia, gérant de La chope du Château rouge à Paris, va même plus loin en offrant un couscous gratuit à toute personne qui prend une consommation chez lui. Alors qu’il a besoin de 60 couverts pour rentabiliser l’opération, il confiait la semaine dernière au journal Le Parisien qu’en moyenne, ce sont 100 personnes qui se précipitent chez lui chaque soir.
Ce succès fait grincer les dents les concurrents, comme le gérant d’une brasserie dans le même arrondissement que La Chope du Château rouge, qui s’énerve : « C’est trop facile. Le café est la conso sur laquelle on fait le plus de bénéfice, alors moi aussi je peux dire que maintenant seuls les cafés sont payants. Et puis comme ça les clients, qui sont déjà très exigeants, vont trouver normal d’avoir des réductions à tout bout de champ, le jour où un croque monsieur va leur déplaire, ils vont refuser de payer, sans avoir conscience du vrai prix de revient pour le restaurateur. »
Habituel dans les milieux anarchistes, altermondialistes ou communistes au sens large du terme, le prix libre se présente pourtant comme une alternative intéressante pour ceux qui veulent tenter une nouvelle approche de l’économie quotidienne.
Marlène Schiappa
Pour aller plus loin






















Les quelques fois où j’ai pu tester ce mode de paiement, j’ai plutôt été généreuse, mais je n’hésiterais pas, en effet, à ne donner que très peu, ou rien du tout si la nourriture / le spectacle ne m’a pas convenu du tout.
Ce qui me fait sourire, c’est la réaction du restaurateur, à la fin: “Le café est la conso sur laquelle on fait le plus de bénéfice, alors moi aussi je peux dire que maintenant seuls les cafés sont payants”. Comme si son concurrent ne se faisait de l’argent qu’avec le café! Cela ressemble fortement à de la mauvaise foi…. Son concurrent a simplement trouvé un bon filon, et si cela marche, c’est bien que les gens ne cherchent pas seulement à payer le plus bas possible. Mais peut-être ce dernier intervenant a-t-il seulement peur, au cas où la pratique se propage un jour, de ne pas avoir alors les qualités suffisantes pour que son restaurant tourne